Volume 2
Dictionnaire etymologique de la langue françoise / par M. Ménage, avec les Origines françoises de M. de Caseneuve, les additions du R.P. Jacob, et de M. Simon de Valhebert, le discours du R.P. Besnier sur la science des etymologies, et le vocabulaire hagiologique de M. l'abbé Chastelain.
- Gilles Ménage
- Date:
- 1750
Licence: Public Domain Mark
Credit: Dictionnaire etymologique de la langue françoise / par M. Ménage, avec les Origines françoises de M. de Caseneuve, les additions du R.P. Jacob, et de M. Simon de Valhebert, le discours du R.P. Besnier sur la science des etymologies, et le vocabulaire hagiologique de M. l'abbé Chastelain. Source: Wellcome Collection.
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![t U N. Ma vie piu'l Cielo alla tua nobil' opra , Che le bellezze fue fa manifefte. Hegna e l'imagin tua, che fia la fopra Tr'a i lumi accolta , onde fi fregia e vefte, E delle tue Lunette il vetro fraie Tra gli etemi zaffir refti immortale. Non prima, no, che de le Stelle ifiejfe Eflingua il Cielo i luminofi rai, Ejfer dee lo fplendor, ch* al crin ti teffe Onorata corona, eflinto mai. Chiara la gloria tua vivra con effe , E tu, perfama in lor chiaro vivrai , E con lingue di luce ardenti e belle, Favelleran di te fempre le Stelle. Mais il n’eft pas vrai que Galilée ait ete 1 inven¬ teur des Lunettes à longue veue. Et il 1 avoue lui— même dans fon Saggiatore : en ces termes : Quai parte io abbia nel ritrovamento di quefto flrumento , e s'io pojfa ragionev obtient e nominar mio parto , l o, gran tempo , manifeflato nel mio Avvifo Sidereo : ferivendo, corne in Vinezia, dove allora mi ritrova- vo , guiunfero nuove , che al Signer Conte Maurizio era ftato prefentato da un Olandefe un Occhiale , colquale le cofe lontanefi vedevano cos) perfettamente> corne fe fujfero fiate molto vicine : ne piu aggiunto. Su cjuefta relazione , io tornai a Padova, dove allo¬ ra fîanziavo : e mi pofi a penfar fopra tal problema : c la prima notte , dopo il mio ritorno, lo ritrovai. Ed il giorno feguente fabbricai lo flrumento , e ne diedi conto a Vinezia a i medefimi amici , co’ quali il giorno precedente ero ftato a ragionamento fopra quefta materia. M'ap plie ai poi fubito a fabbricarne un' altro piu perfetto ÿ il quale , fei giorni dopo, con- dujfi a Vinezia , dove con gran meraviglia fk vedu- to quafi da tutti i principali Gentiluomini di quella Eepublica , ma con mia grandijfima fatica , per piu d un mefe continovo. Einalmente , per configlio d'al- cun mio affezzionato patrone, lo prefentai al Princi¬ pe in pieno Collegio : dalquale, quanto ei fujfeftima- to , e ricevuto con ammirazione , teftificano le Let- tere Ducali, che ancora fono apprejfo di me j conte- nenti la magnificenza di quel Sereniflimo Principe , in ricondurmi per ricompenfa délia prefentata inven- zione , e confermarmi in vit a nella mia Lettura , nello ftudio di Padova , con duplicato ftipendio di quello chë avevo per addietro ; ch' era poi piuchetri- plicato di quello di qualfivoglia altro mio antecejfore. Ce Hollandois étoit un certain Jacques Métius. Ce que j’ai appris de cet endroit du premier Dif- cours de la Dioptrique de M. Defcartes : Il y a en¬ viron près de 30. ans, qu'un nomméJacques Métius y de la ville d'Almar, en Hollande 3 homme qui n'a- voit jamais étudie) bien qu'il etift un pere & un frere qui ont fait profejfion des Mathématiques 3 mais qui prenait particulièrement plaifir a faire des miroirs Cf des verres brulans, en compofant mefine l'hyver avec de la glace j ainfi que l'expérience a montré qu'on en peut fatre j ayant a cette occafion plufieurs verres de diverfes formes, s'avifa par bonheur de regarder au travers de deux , dont l'un efioit un peu plus épais aux extrémitez qu'au milieu , & il les appliqua fi heureufement aux deux bouts d'un tuiau , que la pre¬ mière des Lunettes dont nous parlons , en fut compo¬ se. Et c'eft feulement fur ce patron, que toutes les autres qu on a veues depuis , ont efté compofées. Ce livre de M. Defcartes fut imprimé la première fois en 1637. Mds il n’eft pas vrai que ce Jacques Métius ait etc l’inventeur des Lunettes de longue veue. Et U42 L U N. Cornélius Drebellius , que d’autres en font In¬ venteur , ne l’a pas été non plus. Ç’a été Un nom¬ mé Zacharias Jovannides , Zélandois, delà ville de Middelbourg, Marchand, faifeur de Lunettes : te qui a été démontré par M. Borel dans fon Cu¬ rieux Traité de Vero Inventore Telefcopii. Voyez fes preuves. Et plufieurs croyent que même ce Marchand Zélandois n’a pas été l’inventeur de ces Lunettes, à Caufe de ce que Dom Mabillon a écrit dans fon Voyage d’Allemagne, au fujet d’une Chronique , qui eiï dans la Bibliothèque de l’Abbaye d’Uttem- buren dans la Suabe , écrite par un certain Conra- dus, Moine, & écrite avant l’an tiyo. Voici les paroles de Dom Mabillon : Conradusy Monachus, Chronicum illud ab anno 1096. inchoavit $ atque ad fttum tempus , id eft3 adfeculum xm. deduxit. S te- phanus , Abbas, ad noftrum prôduxit j & in lucem emitti curavit anno 1615. Idem Conradus manu fut varios exaravit codices membraneos, ab Aventino laudatos : quorum umts, Magiftri Pétri , cognomen- to Comédons , Scholafticam Hiftoriam continent, in quinque primis foliis imagines reprœfentat} prs- mijfa Beats, Maris effigie, cum his, aliifque, Scrip- toris ver bis : Chonradus peccator , auétor, & ferip- tor hujus operis. Deinde , in fecundo folio pifto , Mufica 3 & in tertio , Aftronomia exhibetur, ad- junElam habens d dextris, Ptolemsi effigiem y fidera contemplantis, ope inftrumenti largioris , quod in modum tubi optici quatuor duBus habentis , concin- natum eft in hune modum [ Dom Mabillon a repré- fenté en cet endroit la figure de cet Infiniment ]. Conradum , hujus Codicis Scriptorem , ante annum 1141. vixijfe affirmât Stephanus , Abbas, in limi- ne prsdifti Chronici : ubi qus de illo tube vidimus drferibimus , obfervat 3 conjicitque, Conradum hoc inftrumenti genere ufum fuijfe. Cififat, dans fon Traité des Comètes , chapitre 7. dit à peu près la même chofe. Voici fes termes : Ufum tubi optici antiquis etiam familiarem fuiffe , teftatur liber antiquijfimus in Biblictheca Monafterii Scheurenfis ,fcriptus ante 400. annos. Quo in libre, estera Schemata j etiam Aftronomus , per tubum opticum in cœlum intentus , fidera contemplant, vi- fitur. Et à ce propos il eft à remarquer que Jean Baptifte de la Porte au chap. 10. du livre xVn. de fa Magie Naturelle, imprimée en 1549. a enfei- gné la fabrication du Télefcope. f Voyez Fran- cefco Fontana , Néapolitain au chapitre x. de fon premier Traité de Tubi optici inventore. ^ Mais il eft certain , que les Lunettes de longue veue , font une invention de nos jours*, & que ces inftru- mens optiques dont il vient d’être parlé , doivent être entendus de l’inftrumertt appelle Dioptra. Il me refte à remarquer, que Nicolas de Baye, Greffier de la Cour du Parlement de Paris, dans un Ecrit que j’ai produit à la fin du Chapitre xx vin. de mes Aménités de Droit, parle des Lunettes comme d’une chofe qui n’étoit pas nouvelle en France, en 141 G. Car aujfi eftois-je aucunement dé¬ bilité de ma veue : & ne pouvois-je pas bien enrégif— trer , fans avoir lunette s. Voyez M. Francefco Redi, Premier Médecin du Grand Duc de Tofcane , dans fon Traité des Lunettes (a). (a) C’eft-à-dire dans là Lettre, intorno ali invenztone degli Oc chiait , al Signor Paolo Falconiert, in Fiorenza , 167%. page 14. 40. V. la Difiertat, Degli Octhiali deJ](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b30456459_0002_0152.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)
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