Volume 2
Dictionnaire etymologique de la langue françoise / par M. Ménage, avec les Origines françoises de M. de Caseneuve, les additions du R.P. Jacob, et de M. Simon de Valhebert, le discours du R.P. Besnier sur la science des etymologies, et le vocabulaire hagiologique de M. l'abbé Chastelain.
- Gilles Ménage
- Date:
- 1750
Licence: Public Domain Mark
Credit: Dictionnaire etymologique de la langue françoise / par M. Ménage, avec les Origines françoises de M. de Caseneuve, les additions du R.P. Jacob, et de M. Simon de Valhebert, le discours du R.P. Besnier sur la science des etymologies, et le vocabulaire hagiologique de M. l'abbé Chastelain. Source: Wellcome Collection.
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![couvrait les Halles. Voici Tes termes:de hallis, tit. 69. Ripuar. Glojfa : ficcis ramis. Inde Halle de Mars. Et qua à Philippe Augufto Lutetia ad/fie a - ta , Les halles. Ec cette étymologie eft approu¬ vée par M. de Cafeneuve. Il eft croyable , dit-il, que dans les Foires qu’on tient a la campagne , on aura accoutumé de drejferde petites loges couvertes de branches d’arbres , ou de buijfons , pour y vendre les marchandées a l’ombre : & ceft ce que les Romains ap- pelloient umbras. Fefin s : umbræ vocabantur Nep- tunalibus cafæ frondeæ pro tabernaculis : Et que de-là toutes fortes de lieux couverts ou C on vend les marchandées , ont pris le nom ^Halles. M. Halles. Je ne vois pas qu’on puilfe douter que le mot halles ne vienne de l’Alleman hall, qui lignifie un lieu couvert, une mailon, un porti¬ que j un palais, & ce que nous appelions propre¬ ment une halle. Ainfi il n’étoit pas néceflaire de chercher d’autre étymologie. * HALO. On appelle de la forte un certain cercle qui paraît autour du Soleil ou de la Lune. Du Grec dhoi?, qui fignifie proprement une aire , & enfuite le cercle dont nous parlons. Quand ce météore paraît autour du Soleil, on le nomme pa- rhélie ] 8c quand c’eft autour de la Lune , parafé- le'Y16 • ^ HALTE. Voyez ALTE. H A M- H AM. Nom d’une petite ville de France, en Picardie. Il y en a une du même nom en Allema¬ gne , dans la Haute Saxe ; 8c une autre en Weft- phalie. Ce mot qui eft d’origine Teutonique , fi¬ gnifie une rnaifon , un logement , une métairie, une rnaifon de campagne, un village , un bourg, ôc il termine les noms de plufieurs lieux en Angle¬ terre. Voyez ci deftous hameau. M. du Cange : In- terdum ham fignificat vicum , villam ] unde apud Germanos & Anglos villa & urbes fia nomina in ham defmentia pajjîm habent. Et enluite : Hamel- lum, diminutivum ab ham, villula avico majori dé¬ pendent. Si l’on veut remonter jufqu’à l’origine du mot ham , il vient , félon Wachter , de ham- men , ancien verbe Teutonique, qui fignifioit cou¬ per, trancher, tailler. C’eft pourquoi ham n’a pas feulement les lignifications que nous avons rappor¬ tées , mais il fignifie outre cela un pré] parce que les prés font coupés de canaux, de rigoles 8c de fof- fés pour y conduire l’eau : un courant d’eau ; par¬ ce que les courans d’eau coupent la terre pour fe faire un ht : un bois taillis : enfuite une rnaifon ; ôcc. parce que les maifons dans la Germanie étoient bâties de bois qu’il falloit couper. Le mê¬ me Wachter croit que le verbe Teutonique ham- men , couper, avoit été formé du Grec y.o/ufxe, qui fignifie entr’autres chofes coupure , 8c canal creu- fé pour conduire l’eau, 8c qui eft fait du verbe y.b-n- *7«v couper , trancher , tailler. On voit par ce que nous avons dit, que le mot ham eft en général d’u¬ ne lignification vague, 8c qu’il convient à des cho¬ ies fort différentes -, en forte que dans certains noms propres il eft difficile de détérminer ce qu’il fignifie précifément : par exemple dans le nom de la célébré ville de Hambourg. Ecoutons la-def- fus Wachter : voici ce qu’il dit à la page 648. de fon Glojfarium Germanicum : Hamm ,Jylva cadua. Non Jylva in genere , nec Jylva fepibus munita , & multo minus lucus. Nam lucus eft nemus facrum , ubi lignum cadere nef as. Fieri tamen poterat ut fen- HAM. 7 fus a Jylva cadua paulatim ad fylvam in genere pervemret. Inde fortaffe eft quod omnes auétores à R. D. Diecrnanno laudati in fignifieatu Jylva con- ventant. Quidam ex his auélonbus nobilis emporii Hambi'F gi nomen inde deducunt, quamvis etiam Burgum pratenfe denotare pcjjit. St quis tamen fyl¬ va inharendum cenfeat, mallem civitatem è fylva excifam , quam fylveftrem in nomine agnofeere. Op- timus divinator is demum erit , qui Ann ali um fide fe tueri poterit. Nam extra Annales ham eft vox vaga fignifieationis , eh pluribus rebus communis. Aliam ©“ a prioribus longé diverfam nominis ratio- nem exhibet conjeélura Adriani Junii , qui Ham- burgum Gambriviorum burgum interpretatur t quod prifeus ille Germania populus eam regionem olim infedijfet. Voyez le même Wachter à la page précédente, 8c à la fuivante. Quelques Auteurs croyent que le mot ham étoit venu aux Germains 8c aux Francs de l’Ebreu C3i? am , qui fignifie peuple 3 8c que ces nations appellerait am , ou peuple , une habitation , un lieu , ou quelques gens, quelques familles , éta- bliffent leur demeure ; comme nous l’appelions peuplade a l’exemple des Efpagnols. On a dit aufîi Am , comme il paraît pat Amfleat. Voyez Hon- fleur. * HAMADRYADES Voyez DRYADES. HAMAXOBITES, ou HAMAXOBIENS. Nom de certains anciens peuples de la Sarmatie Euro¬ péenne. Ils n’avoient point d’autres maifons que des tentes de cuir. qu’ils portoient fur des chariots; 8c c’eft de-là qu’ils furent nommés par les Grecs ctfActfoCioi, ou â./uuÇcCncii, c’eft-à-dire , gens qui vivent fur des chariots. Ce mot eft compofë de chariot, 8c de pist vie. Je ne fais fur quel fondement on dit dans le Moreri que hamaxa eft un mot qui dans l’ancien ufage des Afiatiques fi¬ gnifioit un chariot : d^Ea eft Grec , & non point du langage Afiatique ; 8c ce furent les Grecs qui appellerait Hamaxobites les Sarmates dont nous parlons. * HAMBOURG. Voyez HAM. HAMEAU. De ham , qui en ancienne Lan¬ gue Tioife fignifie rnaifon 8c demeure. Beda liv. 3. ch. 2z. de l’Hiftoire Eccléfiaftique : In Provincia Orientalium Anglorum , in vico quod dicitur Ren- desham, id eft manfto , Rendils. Dans les ancien¬ nes Ordonnances d’Ecolfe , intitulées Regiarn Ma- jejtatem , liv. 4. chap. 9. Haimcfwkfn fignifie le crime de celui qui cherche & pourfuit un homme dans fa rnaifon pour l’endommager. Sur lequel lieu Joannes Skenæus dit, que ce mot eft compofé de h aime , qui en Alleman fignifie rnaifon ,• 8c de fu- chen , qui en Langue Ecolfoife fignifie pourfùivre. Goropius Becanusliv. 1. de fes Origines d’Anvers dit que heim,en Flaman, fignifie domicile3 & qu’il eft formé de heimen, qui fignifie proprement en¬ vironner un lieu de hayes , de fojfés, ou de telle au¬ tre clôture : 8c il ajoute que les anciens Germains environnoîent de cette forte leurs bourgs 8c leurs villages ; félon le témoignage de Tacite au livre de jVtcnbus Germanorum. Cafeneuve. Hameau. Lat. Viculus. Bourdelot le dérive de Ifjict fimul ; parce que c’eft un amas de diver- fes maifons. Le P. Méneftrier , dans fà Méthode duBlafon, page 51. le dérive du Flaman harnme : AMeyde, ou hameyde , eft encore une barrière en Flaman , ou les maijons de bois traverfées fe nom¬ ment hamme : d'où vient le nom de hameau ; à eau- fe des maifons de village , bâties de cette forte, &](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b30456459_0002_0017.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)


