Volume 2
Dictionnaire etymologique de la langue françoise / par M. Ménage, avec les Origines françoises de M. de Caseneuve, les additions du R.P. Jacob, et de M. Simon de Valhebert, le discours du R.P. Besnier sur la science des etymologies, et le vocabulaire hagiologique de M. l'abbé Chastelain.
- Gilles Ménage
- Date:
- 1750
Licence: Public Domain Mark
Credit: Dictionnaire etymologique de la langue françoise / par M. Ménage, avec les Origines françoises de M. de Caseneuve, les additions du R.P. Jacob, et de M. Simon de Valhebert, le discours du R.P. Besnier sur la science des etymologies, et le vocabulaire hagiologique de M. l'abbé Chastelain. Source: Wellcome Collection.
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No text description is available for this image![HUM. HUN» célébré dans l’Hiftoire de France, à caufede Hum¬ bert , dernier Dauphin de Viennois, qui voulant le retirer dü monde, donna Tes Etats à Philippe de Valois , Roi de France. Kilian a cru que Humbert s’eft dit pour Umivert> qui fignifie en Teutonique non chants. Ski nue r rejette avec raifon ce fenti- ment. Je dérive Humbert de home 8c de bert, deux mots Teutoniques, dont le premier veut dire mai¬ fon , logis , demeure , habitation , & le fécond Veut dire brillant, illuftre. Le mot home eft pro¬ prement Anglofaxon. Suivant cette étymologie , Humbert fignifie illuftre dans fa maifon , ou qui- aune maifon illuftre. Voyez ci-deftus Bcrthier.* Fi U M E R. Afpiré. François Pithou dans le Pithoeana , dit que c’eft une onomatopée. Cette étymologie eft alfez raifônnable. J e crois pourtant que ce mot a été fait defumere, par le changement de FS en H. Voyez mon Difcours du Changement des Lettres. Sumere , fumure , par rnétaplalme : chumare, humare , Mumer. Et c’eft auflî e fenti- ment de Charles de Bouvelles, dans fes Origines de la Langue Francoife. Voici fes termes : Humer} id eft, forbere : a fiirpo } quafi exumer : nam litera S vertitur in afpirationem. Sumere a été dit dans la lignification de bibere. Varron de Lïngua Latin a , livre 4. page 12. de l’édition de Scaliger : Unde fumi poteft , puteus. C’eft-à-dire , unde bibi poteft. Et page 31. Quo vinum dabant, ut minutatimfun- derent, aguttis guttum appellârunt : quo fume- bant minutatim , a fumeildo simpulum nominavê- re. H fumendo , c’eft-à-dire , a bibendo : comme Jofeph Scaliger Fa fort bien interprété. Cicéron: Si fitmpferit meracius. C’eft-à-dire , fibiberif mera- çius. L’Auteur des Priapées : Qu a s aliter fumas, hofpes, habebis aquas. Et c’eft de fumere , que l’on a fait fimpulum, qui a été dit pour fumpulum. Cette étymologie me paraît plus naturelle que celle de Scaliger , du Syriaque fephel. Voyez Scaliger au, lieu allégué de Varron. Il me refte à remarquer, qu’on a dit humer pour, boire. M. Richelet: Humer. Avaler quelque chofe de liquide. Humer une pinte de biere. En Anjou 8c au Maine, le petit peuple dit humer le piot , pour boire du vin. Et Rabelais , dans fon Difcours des Beveurs , livre 1. chap. 5. a dit , Hume, Guillot : encores en y a-t-il au pot. Et livre 1. cfiap. 39. Page , a. la humerie. Crac crac crac. Que Dieu eft bon , qui nous donne ce bon piot. Et chapitre 40. du même livre : Page , a la hume¬ rie. Et au chapitre 7. du même livre. De la difpo- fition accident ale, qui lui eftoit avenue par trop hu¬ mer de purée Septembrale. Et au chapitre 27. du même iivre : Feu de bonne mémoire Frere Macé Pe- lojfe , vray Zélateur de noftre Religion, me dift , il m en fouvient, que la raifon eftoit, affin qu'en cet¬ te faifon nous facions bien ferrer & faire le vin , & qu'en hiver nous le humions. Et au chapitre 3 3. du mêtne livre : Ce vilain humeux de Grangoufier. M. HUN- HUNDREDE. Les Sbires, Comtés ouProrr vinces d’Angleterre , fe divifent en Hundredes. Hundred y en Anglois fignifie cent -, 8c comme fub- divifion des Provinces d’Angleterre, il veut dire cent familles. Hundreder eft le chef d’un Hun¬ dred. * HUNE de navire. C’eft le panier ou la cage qui eft au haut du mat, qui fert à porter un ma¬ telot, pour découvrir la terre, & les Corfaires. C eft un diminutif de huche, ou huge, en la fignifi- HUN. HU O. HUP. $$ cation de cojfre, Huca , hucina , huna , h \j N É* Voyez huche 8c huge. M. HUNEBERT. Nom propre d’homme. Il à été fait de Cunibert par le changement de c en m Voyez ci-deflus Cunibert. * HUNERIC. Nom d’un Roi des Vandales en Afrique. En Latin Hunericus , ou Hunoricus. Quelques-uns l’ont interprété par centuriis dives. D’autres ont cru qu’il venoit du Latin honor. Mais lelon Wachter , ce nom eft la même chofe que celui de Henri , 8c il a par conféquent la même étymologie. Voyez ci-delfus Henri H H U O- H U O N. Nom propre d’homme , qui s’eft dit autrefois pour Hugue, ou Hugon, De la Croix du Maine appelle Hugues, Hugon, ou Huon de Mery, l’ancien Poète François, Auteur du Roman inti¬ tulé le Tournoiement de l’Antechrift. Du Tillet a remarqué auffi part. 1. pag. 183. que Huon eft la même chofe que Hugue. Voyez Hugue. * H U P- HUPE. Fauchet , liv. 1. de fon Recueil de l’Origine de la Langue & Poê'fie Françoife, tient que par fyncope on a fait hupe , de hurepé, qui fi¬ gnifie hériflé j d’autant que hupe eft une touffe de plumes qu’une efpéce de coqs 8c de poules por¬ tent élevée fur la tête. Il veut auffi que de-là vient houpe, qui eft ce floc de foye ou de fil noué, qui fe mettoit autrefois au fommet des chaperons & des bonnets des hommes les plus honorables, non- feulement Roys, Princes 8c Gentilshommes, mais encore Cardinaux , Evêques & Doéteurs : d’où peut-être , ajoute-t’il, vient le proverbe qui dit, Abatre l'orgueil des plus houpés , quand c’étoient clercs } ou hupés , quand c’étoient gens de guerre portans plumes. Mais il eft certain que hupe vient du Latin upupa, qui fignifie un oifeau que nous ap¬ pelions hupe. Le Catholicum parvum : vulpa, hupe. Et cet oifeau portant fur fa tête un bouquet oa touffe de plumes, a donné le nom de hupe aux touffes des autres oifeaux. Cafeneuve. HUPPE. Afpiré. Oifeau. Dï upupa fisùx.d’*V57ra, accufatif d’iTroF •' commeformica,de accu- fatif de /aup/xtift S. Jérôme, fur le Prophète Zacha¬ rie , chapitre 5. Upupam nos de Grœci fermonis ftmilitudine traximus. Nam & ipjï Graci \7107ra ap- pellant, quodftercora humana confideret. Avem di- cunt ejfe fpurciffimam , femper in fepulcris, femper in humano ftercore commorantem. Denique, & nidum ex eo facere dicitur, & pullos fuos de vermiculis flercoris alcre putrefcentis. S. Jérôme s’eft trompé , difant qu’iVûTa vient d’Ivrov/loixciixonfidero : car c’eft ce qu’il a voulu dire par ces mots , quod ftercora humana confident. bvo7ru, encore une fois, eft l’ac- culatif d’èVo4 3 & eVo4 a été dit du chant de la hup¬ pe. Ariftophane , dans fes Oifeaux : *_ / / t t t7T07Tûl• 'GT07TCI. rGrC7T0t* '5TÛ7TC/. J» v > I 1 1 > / 9 J 5/ ]«* toùé 1 tu. non. 1 tco. 1 tw Huppe. Oifeau. Ce nom reffemble beaucoup à l’Ebreu oph, & au Chaldéen fctslu opha , qui lignifient oifeau en général, & font faits du verbe ouph volare. La huppe s’appelle en Arabe hod- hod , 8c hodaid. * Huppe: pour toujfe de plumes fiir la tête. Il eft fans doute que le mot de huppe en cette figni-](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b30456459_0002_0065.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)