Volume 2
Dictionnaire etymologique de la langue françoise / par M. Ménage, avec les Origines françoises de M. de Caseneuve, les additions du R.P. Jacob, et de M. Simon de Valhebert, le discours du R.P. Besnier sur la science des etymologies, et le vocabulaire hagiologique de M. l'abbé Chastelain.
- Gilles Ménage
- Date:
- 1750
Licence: Public Domain Mark
Credit: Dictionnaire etymologique de la langue françoise / par M. Ménage, avec les Origines françoises de M. de Caseneuve, les additions du R.P. Jacob, et de M. Simon de Valhebert, le discours du R.P. Besnier sur la science des etymologies, et le vocabulaire hagiologique de M. l'abbé Chastelain. Source: Wellcome Collection.
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![ENDROIT, environ. Ni coh ENDUIS, duit , accouftumé. Voyez. En- E N FA N Ç ON , petit enfant. Nicot en Tes Odes : . Tu mas fait part des qu enfançon f eft ois De ta cremeur j & tes facrées Loix Ont fait en moy e fort de leur vigueur, Et advouê mas a ton ferviteur. ÈNFANTURE, groffeffe.Coquillard. E N F EIR, enchanter. Ce mot eft compofé de en, Sc de fée. # ENFELLOUIR, devenir , lelon Nicot. E N F E R M, malade. Hiftoire des Albigeois. La Reclus de Molens : Moût aim pain hom qui eflfain , Al enferm eft tvapes & vains. EN FERMETE', ladrerie. Perceval. Ailleurs il n eft pris que pour maladie fimplement, & vient de infirmitas. Le Beftiaire François : D’un mire conte qui feinna Un riche homme que il garda En une grande infermete. ENFERMIER, infirmier. Alain Chartier > dans fon Hôpital d’Amoürs : Et courtoifie Penfermiere. ENFES, uii enfant. E N F F R EIR, effrayer. Merlin. ENFLEUME, enfleure. ENFOISSELEj un fromage mis dans 1 inf- trument qui lui donne la forme, lelon Ovide MS. Ec encore on appelle en Languedoc cet inftrument qui eft de terre, tout pertuifé, unzfaiffele. Et on dit enfaichela , pour enfailleler. ENFORESTE, enfonce dans une foreft. Ver- ceval. ENGAGNE ou ENGIEN, efprit, dez^- nium. Le Reclus de ALolens. Elom qui raifon as & engien, Ichefte femblance retien. Il fe prend auffi pour tromperie. R. de la Rofe: Ne me pouvez plus faire engaignes. D’où vient le mot de Languedoc engana, c’eft-à- dire, tromper: fur lequel ils ont ce proverbe : Qui partis & sengane , JSI’a pas bone fepmane. C’eft à-dire, qui fait les portions de quelque cho- fe , & fe trompe foy-mefme, n’a pas bonne fep- maine. . , ENGARBARDE', contamine. Mehun au Codicille. EN G ER, remplir j d’où vient engeance, peu¬ pler. Nicot. ENGIEN, efprit. ENGIGNE MENT, fineffe. ENGIGNER, tromper, attraper quelqu’un, le duper. Voyez Barater. EN GIGNIER-E, trompeur , comme aufli ingénieur. R■ de Garry : Li en figuier es qui ont P engin bafti. ENGIN & ENGING, efprit 5 de ingenium, Mehun au Codicille : Eftevons nos engins & nos affections*. Alain Chartier dans fon quadrilogue : Vos engins travaillent a acquérir finance. Le Reclus de Molens : Hom qui raifon as & engien Ichefte femblance retien. Èt en un vieil fragment : La force vient de bort fens, & de bon engin, plus que de grandeur de mem¬ bre. De-là Ingénieurs ceux qui appliquent leur ef¬ prit à fabriquer des machines de guerre appellces aufli pour ce fujet engins : ce que le R. de Garirt comprend en ces vers : Li Engingnieres qui ont l’engin bafti. Et ailleurs : Lievent engins, font perrieres dreciées , A mangoniax le feu Grezois lor gietent. ENGINE', enforcelé , enchanté , charmé. Nicot. Ainfi dit-on par métaphore, il eft bien en- giné de cette femme. E N GIN E R » tromper, & enginiez, trompé. Villon : Par tel parti, qu amours qui gens engine. R. de la Rofe : le ne me tiens pas engigniez. ENGINGNIERRES, Ingénieurs. R. de Ga~ rin. ENGIRONER, environner -, du mot gira , qui veut dire en Languedoc fe tourner ; & celuycy de girare. ÊNGLlNCELER, mettre en peloton. Ca-> tholicum parvum. Voyez Gliceau. S’E N G L O TIR, avoir le hoquet. Nicot. EN G LU ME, enclume. ENGMUSELER, cacher le vifage fous le manteau. Perceval. Ce qui vient du mot mufeau j d’où vient un cache-mufeau, pièce de four que les enfans mangent ainfi. C’eft aufli mettre un aneau de fer au mufeau des cochons, &c. S’ENGOMBRER, c’eft-à-dire, fuccomber. Vigenere : Et s engombroit de la péfanteur de la targe. ENGOUER, fe fiiffoquer en mangeant, ENGRAIGNE' 8c E NGREIGN E', envi¬ ronné ; 8c vient de engyronné. R. de la Rofe : Se Pire jaloufte engraigne, Elle eft moult fiere & moult grifaigne. ENGREGER, excommunier. Songe du Ver¬ ger. ENGRENGIR, âggrandir, croiftre, devenir grand. ENGRIËTE'j envie ou jaloufie. R. de la Rofe. ENGROIS, fâché. ENGROISSIER, groflir. Ovide MS. Li prift la vois a efpoij]iery Et la parole a engroijfier. ENGROUTER, s’enfermer ou mettre dans une grotte. Il fignifie aufli enfoncer. Ovide, MS. Les ex ot ou chief cngroutez• C’eft-à-dire, les yeux eut en la tefte enfoncez. ENGUENER, tromper. Pathelin : Mais comment le paillard m'enguenne.](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b30456459_0002_0719.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)
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