Volume 2
Dictionnaire etymologique de la langue françoise / par M. Ménage, avec les Origines françoises de M. de Caseneuve, les additions du R.P. Jacob, et de M. Simon de Valhebert, le discours du R.P. Besnier sur la science des etymologies, et le vocabulaire hagiologique de M. l'abbé Chastelain.
- Gilles Ménage
- Date:
- 1750
Licence: Public Domain Mark
Credit: Dictionnaire etymologique de la langue françoise / par M. Ménage, avec les Origines françoises de M. de Caseneuve, les additions du R.P. Jacob, et de M. Simon de Valhebert, le discours du R.P. Besnier sur la science des etymologies, et le vocabulaire hagiologique de M. l'abbé Chastelain. Source: Wellcome Collection.
789/872 page 147
![MARCOMIRE) Chevalier-Médecin. Bou¬ chet. C’eft le nom d’un fils d’Anthenor. *MARCOMIRUS, Roy Gaulois ; venant de mer , Grand. Pontanus. M A R E L ou marrel, c’eft une marque , com¬ me aulîi un jeu d’enfant, où on joue à ranger trois pierres fur une mefme ligne. MARELLE, tromperie, à mon advis. Co- quillard : —-veu qu elle s'applique, De bailler Jî lourde marelle , Et tromper la chofe publique. En Languedoc, ce mot fignifie un monceau , ou af- lèmblagede chofes. Il eft employé dans une bonne piece en cette Langue, faite par le Sieur delà Croix de Realmont, qui m’a efté communiquée par M. C. perfonnagefçavant & verfé en cette Poefie-là , comme aufîi en la Françoife, en laquelle il réulïit fort bien. Voici le fragment de cette piece, où ce mot eft employé : Mas quand dor auriets une majfe, Que vous montario iufqual nas, Mai que non defcarguet Àlidas Dedins la rive de Patlole j Tout] on feriats une bejliole, Qu'aijfi nommam brancolion, Se n’avalats fur Hélie on Une pitlule de fcience, Auripelade d'éloquence, Qju anoublis, & rehaujfé al cor, Mille cops mai qu argen ny or. Et fa quon neftime une maille Udu joulet que neit & ioun daille, Ta pla l'hyver comme Peftieu, Tout fo quai mounde ia de bieu , Et que met fouven a marrelle Mille Reys dins une bajfelle , Sans traire' la coût del coutial, Que li pinjole fui quiouijfal. May quand farfit d’outrecuidence, El s'en vol prené à la fcience , Et tondré de fon fer prujen, Lou f avant comme l'ignouren j leu vefi Seneque, & B art oie, Contre qui fa daille es pu mole Que burre, ny fourtmage gras, Sans poou li faire un pan de 'nas. C’eft à-dire, Mais quand vous auriez, une majfe d*or3 Qui vous monteroit iufques an nez, Voire plus que Midas n en defehargea Dans le fleuve de Patlole ; Toufiours vous feriez une befte, Qu on appelle icy un afne , Si vous n'avalez furie mont Hellicoti Une pillule de fcience, Accompagnée d'éloquence, Qui anoblit plus qu'or ni argent, Et fait quon neftime pas une maille Le vieillard qui fauche nuit & iour, Tant l'hyver que l'efté, Tout ce qu'il y a de vivant en ce monde, . Et qui met fouvent en un tas Mille Rois dans une javel, Sans tirer la queue de fa gaine , Qui luy pendille fur la cuijfe. Mais quand bouffi d’outrecuidence, Il veut fe prendre a la fcience , M A. ' 13.7 Et faucher de fon fer acéré Le fiavant comme l'ignorant j lé vois Seneque & B art oie, Contre qui fa faux eft plus mole Opte beurre, ni fromage or as, Sans crainte lui faire la moud. * M A R E S C H A L, gouverneurs de jumens , car mar fignifie une jument. Sur quoy eft à noter, que les anciens Cavaliers qui alloienta l’efpargne, autant qu ils pouvoient pour le fourrage, fe ler- voient plus volontiers de jumens; parce quelles verfent leur urine en arriéré hors de leur liciere, 5C par ainfi ne lagaftent pas li-toft que les chevaux. Ce mot fignifie aulfi un chaulfeur, ou ferreur de chevaux. D autres le dérivent de maire au champ ; ce que je n approuve pas. Et d’autres de mark^an¬ cien mot Gaulois, qui lignifie cheval, & frontière. Voyez Mark. Ce mot de Marefchal fut apres pris pour un chef de Cavalerie. Il faut remarquer que les Marefchaux de France portoient anciennement un colier ; de quoy M. Ga- land en ion livre du Franc-Alleu, donne des actes confirmatives en la pâge 350. Philippes Mousk , quia eferit en Vers anciens l’Hiftoire de France, confond les dignités de Ma¬ refchal , 8c de Sénefchal, & leur baille la conduite des armes Royales, lorfqu’iî dit : Hue li grans ot ce non cil, Si fu fais Senefchal de France Apres fon pere, fins doutance. Et ailleurs : Hugues Capet fes fitts aifnez, Qui moult eft vit es & fenez, Noncques n ayma droit ne bien fes, F u Mare f eaux de France fés, Pour garder la tiere comunes. Il femble qu’il confond aulfi cette dignité, avec celle de Marquis. Voyez Marchis. Le fufdit Poe te décrit la dignité de Marefchal , ou Mariical, en cette forte : Heracles mouru l’Empercre. Conftantins tint après l’Empere. A dont fi haul vin e de France, Quand il virent par mefeftance , Le Royaume enfi de kgiir, T ourla tiere mioux foftenir, Eftablirent un Marefchal, Sage & preud'home gQ bien loyal, Qui toute France pourvoyait, Et les faudées départoit ( c’eft-à-dire, les fouldées ) As Sergans, CÉ as Cevaliers, Et cil qui Rois iert droituriers, Séjornoit en une cité, Et non pas a fa volonté : Mais al vouloir di Marifcal, L'on faifoit de la tiere bal. Ne de toute fa Seigneurie, N'avoit-il plus en fla baillie Que cele vile con prouvende, Et li Marefcaux tôt amende , Qui dont Princes clamés eftoit, Li Rois, fors que le nom n avoit De la courone feulement, Et fon vivre tôt purement, Pour fa femme & pour fes enfans, {Tij)](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b30456459_0002_0789.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)
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