Volume 2
Dictionnaire etymologique de la langue françoise / par M. Ménage, avec les Origines françoises de M. de Caseneuve, les additions du R.P. Jacob, et de M. Simon de Valhebert, le discours du R.P. Besnier sur la science des etymologies, et le vocabulaire hagiologique de M. l'abbé Chastelain.
- Gilles Ménage
- Date:
- 1750
Licence: Public Domain Mark
Credit: Dictionnaire etymologique de la langue françoise / par M. Ménage, avec les Origines françoises de M. de Caseneuve, les additions du R.P. Jacob, et de M. Simon de Valhebert, le discours du R.P. Besnier sur la science des etymologies, et le vocabulaire hagiologique de M. l'abbé Chastelain. Source: Wellcome Collection.
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No text description is available for this image![Saumaife fur ces mots de Capitolin en la Vie de Verus , Ut priorem Verum intimandum legentibus durent : Duo ver b a funt ejufdem notionis intimare & infinuare ; utrumque enim ftpctyiÇeiy, vel titlaiety ftgnificat. Nam intimare eft qualî in intimo pone- re, vel intimum facere. Sic & infinuare eadem ra- tione dicitur. Glojfa Veteres : Intimare, yvcapleeq, â'nxraq : intimare, 7ywpitrciq , tfjtpayltra] , (payipuecq. Item alite : è/ji(payiÇw , allego intimo: î/j,ç>dyeict, inti- matio. Idem plane infinuare. E&dem Glojfz : infinua- te , S\\Xma.Ti : infinuatio , é'iS'amuXla : infinuavit, àiupdyiety. Perperam bodie legitur ovmufjiiaoiy. Nam infinuatio exponitur Ma.s-y.axla. lbi StS'aoy.aXla ejl quam Jurifconfulti Grzci S'iSctmaXlay erpdyfj.ct\% va¬ cant3 hoc eft inftruétionem & allegationem. GloJf<&: S'iSaixKa.xlcL <wpdy/j.ct]&, allegatio , inftruétio. Idem igitur & infinuatio. Sic allegare , intimare, infi¬ nuare , & inftruere , ejufdem plane fignificationis funt verba. Voyez Loifeau liv. 1. des Offices, ch. 14. §. 78. M. INTRIGUER. Du Latin intricare : d’où les Italiens ont aufïï fait intrigare. Les Glofies anciennes : intrico , sWttàîV.m. C’eft un ancien mot Latin , dont Afranius & Plaute fe font fervis. Son contraire , efl: extricare : qui fe trouve dans Plau¬ te & dans Varron. Nonius Marcellus parle de 1 étymologie du mot intricare , en ces termes : Tricæ , funt impedimenta , & implications : & intricare , impedire, morari : dàchz, cjuafi Tplyjcç j ejuod pullos gallinaceos involvant & impediant ca- pilli 3 pedibus implicati. Trippault a donné la même étymologie du mot intrigue, fans nommer Nonius Marcellus. Intriqué , dit-il 5 c’eft ainfi qu’il écrit ce mot ; s'entend proprement des poullets, qui fe trouvent avoir les pieds entremeftez par ray des che¬ veux j que nous difons autrement, poullets empefi- trez ; de $p)%, re/yoc, capillus, & à/, in : comme qui diroit, ane/yt , vocatif: de hv, & de la ditlion -S-p/f. Nonius Marcellus n’a pas bien rencontré touchant l’étymologie de trie a. Trica a été formé de rpiCw. tero. TpiCa, resdti, T&Cà, ae/v-d, trica, trica. De tplCoi, on a dit de même rplCuy, & enftiite rpUwy : d’ou trico , triconis, mot dont Lucilius s’eft fervi, félon le témoignage de Nonius Marcellus. Voici les termes de Nonius Marcellus : Tricones, moroft, & ad reddendum duri. Lucilius Satyrarum, libro xi. Lucius Cotta fenex, Crafli pater hujus Pa- næthi, Magnus fuit trico numarius : folvere nulli Lentus. zd eft, facilis. M. Ferrari, dans fe s Origines Ita¬ liennes , au mot intrigare, a approuvé cette éty¬ mologie. M. I N V- INVENTAIRE. D’inventarium. Ulpien, en la Loi 7. au Digefte de vldminiftratione & pe- riculo Tutorum : Lut or, qui repertorium non fecit, quod vulgo inventarium appellatur. M. IN V ES*TIR. C eft-à-dire mettre en poffief- fion & faifine. Et dans les anciennes Coutumes veft & deveft fignifie fai fie & defaifte. Je ne fais fi perfonne a encore rencontré la vraie & originaire lignification de ce mot. Pour moi je tiens que veftir & deveftir viennent de ce qu’anciennement celui qui vendoit ou donnoit quelque chofe, dont il ne fe pouvoit pas faire une tradition vraie & réelle, I N V. Sf mettoit en poffeffionfon acheteur ou donataire par la tradition de fa robe ou de fon manteau , qui étoit fe deveftir pour inveftir autrui. Et c’eft pour cette raifon que les Papes ont primitivement baillé le pallium aux Archevêques : comme il eft aifé d’inférer de ces paroles d’innocent III. C. Nifi, de authoritate Gr ufu pallii : Priufquam à nobis pallium fufcepijfet, in quo Pontificalis officii plenitudo cum Nrchiepifcopalis nominis appellatione confertur. Et en effet comme nous liions dans l’Hiftoire des Archevêques de Brême, le Pape Aléxandre donna le pallium a certain Archevêque , avec ces paro¬ les ; Tradimus tibi pallium fumptum de Beato cor- pore Pétri Npoftoli : ce qui témoigne affez qu’on fe déveftoit pour inveftir celui qu’on mettoit en pof- feffion. Mais parce qu’on pourrait tirer d’ailleurs la tradition du pallium donne aux Archevêques , j appuyé encore mon opinion par l’inveftiture des fiefs & des dignités Laïques. La même Hiftoire des Archevêques de Brême dit que Fridéric fut in- vefti, par la tradition du manteau , du Pâïatinat de Saxe, par l’Empereur Conrad. Inveftitus eft ergo Hartmcus prApofitusj & Fridericus Palatinus , So- rorius fuus , fufeepit pallium a Rege Conrado. Ce que la Cronique de Gorek.... dit en ces termes: Ad on arc hi am Palatii Dominas Fridericus, tyrmanus ejus, a Rege fufeepit. La Cappe étoit auffi en An¬ gleterre une marque d’inveftiture ; dont on ufoic anciennement en Angletere , comme remarque Camden dans fa Bretagne , pour mettre les Ducs en poffeifion. En voici la formule : Nomen , titu- lum , ftatum 3ftylum, locum, fed.crn, przeminentiam, honorem , authoritatem, dignitatem Ducis N. da- mus 3 concedimus ,• atque per gladii cintluram , cap- pœ Cr circuli aurei impofttionem in c api te, & tradi- tionem virgz aurez , realiter inveftimus. Les Mar¬ quis , comme die le même Camden, étoient auffi inveftis per cintluram gladii & cappa. C’eft auffi pour cette même raifon qu’en France les. manteaux ont été attribués aux Ducs & aux Comtes. Tout ce que je viens de dire eft une affez forte preuve pour faire voir que le mot 8Ïinveftir vient de cette ancienne coutume de mettre en poffeifion par la tradition réelle du veftement. Mais parce que cet¬ te façon de bailler le manteau ou la robe fut trou¬ vée incommode , on s’avifa d’en faire une tradi¬ tion feinte, laquelle fe fit en tendant le giron , c’eft-à-dire en préfentant pour ligne d’inveftiture le pan de la robe ou le manteau qui bat fur les genoux. Et c’eft ce que l’ancienne pratique appel¬ le tendre le giron en Juftice : qui eft, dit Ragueau , quand le défendeur compare à l’affignation, qui lui a ete baillee, & qu il accorde au demandeur les fins 8c fes conclu fions. Car par cette aétion il fait femblant de fe déveftir pour inveftir fa partie. De¬ puis même qu’on eut introduit la coutume de faire cette tradition feulement perfeftucam, c’eft-à-dire, par la tradition d un petit bâton , ou d’une gaule, cela s’appella le fouverpere j du mot laifus, qui fi¬ gnifie giron ( car Pithou rapporte ces mots d’un ancien Gloffaire, in laifum, in finum) , & du verbe tverpire, qui eft quitter une chofe, & s’en défai- fir. Marculphe, liv. 1. Form.Sua fpontanea voluntate nobis per ftftucam vifus eft laifo-werpijfe , vel condonajfe. Quelques-autres, pour confèrver en quelque façon cette ancienne coutume de faire les inveftitures par la tradition du vêtement , fe contentoient de dévêtir la main : ce qui fe fai- foit par la tradition du gand, dont les exemples font alfez commun? dans l’Hiftoire. Et cette forte](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b30456459_0002_0095.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)