Traité sur les phrénopathies, ou, Doctrine nouvelle des maladies mentales, bases sur des observations pratiques et statistiques, et l'etude des causes, de la nature, des symptomes, du pronostic, du diagnostic et du traitement de ces affections / par J. Guislain.
- Date:
- 1835
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Credit: Traité sur les phrénopathies, ou, Doctrine nouvelle des maladies mentales, bases sur des observations pratiques et statistiques, et l'etude des causes, de la nature, des symptomes, du pronostic, du diagnostic et du traitement de ces affections / par J. Guislain. Source: Wellcome Collection.
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![des caractères ëtonnans : après un silence de quelques instans , ah, monsieur le docteur î me dit-il, vous vous amusez à mes dépens! croyez-vous que je ne devine point pourquoi cet hommc-lù chante et siffle; et cet autre qui me regarde, et ce serrurier ; ce bruit ; ah ! monsieur ! vous me conduisez ici pour mieux me tour- menter. Toutes ses impressions naissent douloureuses. Voit-il sa mère, elle vient pour F empoisonner. En- tend-il marcher, ce sont des hommes qui arrivent pour se saisir de lui : siffle-t-on, chante-t-on, c'est pour le tourmenter de meilleure grâce : ne voit-il, n’entend-il rien, alors l’exubérance de sa sensibilité se manifeste par des expressions de souffrances indé- finies : ils le poursuivent, le persécutent, l'ensorcel- lent , et vous lui demandez qui ? le malade vous re- garde étonné sans pouvoir répondre. L’aliéné entrevoit a chaque impression un être oc- culte et malfaisant ; c’est une influence qu’il ne définit point, mais qu’il suppose toujours dirigée contre lui, attachée à ses vëtemens, cachée dans scs matelas, insinuée dans son corps. Ordinairement ce sont les hommes qu’il accuse, et de préférence ses meilleurs amis et les personnes avec qui il est habituellement. Rare- ment il dirige ses soupçons sur les animaux domestiques dont il est entouré ; il les aime ordinairement beau- coup. En d’autres cas, il vous dépeint un génie ima- ginaire , ses formes , ses gestes ; toujours il lui suppose des intentions nuisibles. Parfois, c’est sur eux-memes que les aliénés portent leurs idées morbides. Ils se disent atteints de maladie mortelle; ce sont les hypo- condriaques] changés en bêtes féroces, les fj'Cautro-](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b21986204_0041.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)


