Dictionnaire de chimie et de minéralogie ... / par L.-F. Jéhan.
- Jéhan, L. F. (Louis François), 1803-
- Date:
- 1851
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Credit: Dictionnaire de chimie et de minéralogie ... / par L.-F. Jéhan. Source: Wellcome Collection.
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No text description is available for this image![leud à affaiblir l'action de l'affinité. En vain chauffe-t-on l'hydrogène avec l'azote ou l'ar- senic pour les combiner ensemble ; mais si l'hydrogène, à l'état naissant, à l'instant où il se dégage d'une combinaison, de l'eau par exemple, rencontre un de ces deux corps, il se combine avec lui et forme de l'ammo- niaque ou de l'hydrure d'arsenic. Nous pour- ' rions citer mille faits semblables ; mais c'est principalement en électro-chimie que l'on a constamment l'avantage de pouvoir disposer des éléments des corps à l'état naissant, et dont on tire un parti avantageux pour for- mer un grand nombre de composés que la chimie n a pas toujours la possibilité de pro- duire. Cet isolement des molécules est une des conséquences de la décomposition élec- tro-chimique ; c'est pen 'ant qu'elle a lieu et à l'instant où elles arrivent sur les lames décomposantes que les molécules jouissent de leurs propriétés électriques, qui consti- tuent, suivant nous, l'état naissant. Quand une combinaison s'opère, l'effet qui nous frappe d'abord est l'élévation de température, et même une émission de lu- mière, si l'action est très-énergique. Nous reconnaissons ensuite que les propriétés du corps furmé sont toui à fait différentes de celles des parties constituantes; le corps occupe en effet un volume moindre que ce- lui de ces parties; dès lors la densité est plus grande. 11 faut en excepter cependant quel- ques alliages, tels que ceux d'or et d'argent, dont le volume est plus grand. La saveur n'est plus la même, conséquence de la neutralisa- tion des propriétés acides et alcalines des éléments. La couleur du composé est souvent différente de celle de ses éléments, comme les oxydes métalliques nous en offrent de si nombreux exemples. Outre le dégagement de chaleur, et quelquefois de lumière, il v a encore un dégagement d'électricité soumis aux lois suivai.tes. Danstoutes combinaisons, le corps qui se comporte comme acide rend Ubre de l'électricité positive, et celui qui agit comme alcali de l'électricité négative. Les quantités d'électricité mises en liberté dépen- dent de l'intensité de l'affinité, du pouvoir conducteur du dissolvant et de celui du corps dissous. Cet effet est inséparable de toute action chimique, et doit être pris désormais en considération dans un grand nombre de cas où l'on a pour but de faire naître l'affi- nité où elle ne pouvait se manifester. C'est là précisément le but que l'on se propose en électî o-chimie. Pour nous, affinité et électri- cité sont deux choses inséparables. Dans tous les phénomènes observés jusqu'ici, l'affinité et l'électricité nous représentent deux forces agissant constamment ensemble et liées par des rapports tellement intimes, que l'une peut suppléer à l'action de l'autre, et vice versa. Passons en revue les idées adoptées en chimie sur l'affinité, en commençant par celles exposé, s dans la statique chimique, et qui fixèreiit Faltention générale quand cet important ouvrage parut. Nous allons être forcé d'entrer dans quelques détails de réac- AFF bÇ. lions chimiques pour être plus inte]ligii)!e. D'après la manière de voir de Berthollet, lorsqu'un acide est versé dans une solution saline, tel que l'acide sulfurique, par exem- ple, dans une solution de nitrate de potasse, les deux acides se partagent la base propor- tionnellement à leur quantité ; ce qui veut dire, dans la théorie atomique, en raison du nombre de leurs atomes. Il se trouve donc dans la dissolution de l'acide sulfurique et de l'acide nitrique libres, du sulfate et du nitrate de potasse. Mais si, par une cause quelconque, un de ces corps vient à être enlevé, il s'opère de proche en proche une décomposition. Vieni-on, par exemple, à volatiliser l'acide nitrique en chauH'ant, cet acide ne contre-balance plus l'action de l'a- cide sulfurique, qui peut alors décomposer une nouvelle quantité de nitrate de potasse, en rendant libre de l'acide nitrique, ainsi de suite jusqu'à ce que ce dernier acide soit entièrement volatilisé; il ne reste plus alors dans la dissolution que du sulfate de potasse et un excès d'acide sulfurique, si l'on en a pris une quantité plus grande qu'il ne fallait pour saturer toute la potasse. Si l'on met, au contraire, en présence une forte base, telle que la potasse ou la soude, avec une solution de sulfate d'ammoniaque, on a des effets absolument semblables. Il en est encore de même en mélangeant ensemble deux so- lutions salines ; dans ce dernier cas, il y a formation de quatre sels, attendu que chaque acide se partage les deux bases. Si l'on opère avec deux solutions salines donnant nais- sance par leur réaction à un composé inso- luble, il se produit dans ce cas une succes- sion extrêmement rapide de décomposition. Supposons que l'on mélange une solution de baryte avec une solution de potasse. A 1 ins- tant même où le mélange s'effectue, la li- queur contient du nitrate de baryte, du ni- trate de soude, du sulfate de soude et du sul- fate de baryte qui se précipitent aussitôt. Im- médiatement après, l'équilibre étant rompu par l'effet de cette précipitation, il y a nou- velle réaction du sulfate de potasse sur le nitrate de baryte, précipitation du sulfate de baryte formé; ainsi de suite, jusqu'à ce que toute la décomposition soit achevée. Toutes ces réactions ont heu, bien entendu, dans un temps infiniment court. C'est à l'aide de ces principes, et en faisant intervenir la cohé- sion, que Berthollet est parvenu à expliquer des faits qui n'avaient pu être interprétés jusqu'à lui ; mais il ne faut pas s'y tromper : dans ces principes, deux choses sont à con- sidérer, la loi sur laquelle ils reposent et qui est incontestable, et l'hypothèse destinée à l'expliquer. Cette hypothèse est relative au partage en proportion définie dans le mélange de plusieurs solutions, de corps de nature semblable avec plusieurs autres antagonistes qui sont en présence. Pour bien apprécier l'action des forces qui exercent une influence sur l'affinité, nou.« devons commencer par dire quelques mots de la force de dissolution. Si l'affinité produi* des combinaisons en proportion définie, e'](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b21780481_0029.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)