Copy 1, Volume 5
Bibliothèque du médecin-praticien ou résumé général de tous les ouvrages de clinique médicale et chirurgicale, do toutes les monographies, de tous les mémoires de médecine et de chirurgie pratiques, anciens et modernes, publiés en France et à l'étranger / Par une société de médecins sous la direction du Doctour Fabre.
- Date:
- 1842-1851
Licence: Public Domain Mark
Credit: Bibliothèque du médecin-praticien ou résumé général de tous les ouvrages de clinique médicale et chirurgicale, do toutes les monographies, de tous les mémoires de médecine et de chirurgie pratiques, anciens et modernes, publiés en France et à l'étranger / Par une société de médecins sous la direction du Doctour Fabre. Source: Wellcome Collection.
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![tère le même degré de sensibilité et d'irri- tabilité qu’à la glotte, ce qui est mani- festement contraire à la certitude des connaissances physiologiques. Un corps étranger, lisse et poli, tel qu’une fève, res- tant dans la trachée-artère, ne fait d’abord que gêner la respiration par l’obstacle que cause son volume au libre passage de l’air. La sensation est beaucoup plus importune que douloureuse ; mais elle suffit., avec les embarras consécutifs dont nous examine- rons plus bas les causes et les effets, pour exciter la toux, qui devient nécessairement convulsive et suffocante lorsque le corps étranger est repoussé vers la glotte, et qu’il agace intérieurement les lèvres de cette ouverture. Ces accès passés, un calme trompeur succède à l’état le plus effrayant. Ce sont ces alternatives qui ont fait croire à quelques personnes, dans le cas particu- lier dont je viens de donner l’histoire, qu’il y avait un asthme humoral et convul- sif ; qu’on ne devait pas s’en rapporter au témoignage de l’enfant qui disait avoir avalé la fève, laquelle , si elle eût été dans la trachée-artère, aurait causé plus promp- tement la suffocation. » (Louis, Mémoires de l’Académie de chirurgie, t. IV, p. 51 4.] C’est avec raison que Louis rapproche de son observation celle qui a été faite par Th. Bonet, dans le cas que nous allons rap- porter. Obs.1 0. En 1 650, le nommé Gainier, âgé de sept ans, fils d’un orfèvre de Genève, mangeait du riz cuit dans du bouillon de viande : un petit os qui se trouvait dans ce mets passa dans la trachée-artère. L’enfant désignait avec le doigt, vers le milieu du cou, l’endroit où le corps étran- ger était arrêté. La respiration devint dif- ficile et accompagnée de toux. L’inspiration était surtout plus laborieuse, et la douleur pongitive. L’opération de la bronchotomie fut conseillée par Bonet, un autre médecin ne crut point en convenir : bronchotomiam suasi, dit Bonet, alteri medico ineptam vi- sam. Au bout de cinq jours l’enfant mou- rut. La trachée-artère fut ouverte, et un petit os défiguré triangulaire en fut tiré. La mort de cet enfant doit certainement être imputée à l’opposition du médecin que Bonet eut pour consultant : rien ne peut, dans cette occasion, justifier le tort qu’il eut. Toutes les circonstances de ce fait établissent une grande analogie entre lui et celui que Louis a rapporté. Les deux enfants étaient du même âge ; les sym- ptômes de leur accident ont été les mêmes : l’un et l’autre indiquaient le lieu où le corps étranger était arrêté ; dans les deux cas la bronchotomie a été proposée, et dans l’un et l’autre la mort a également été cau- sée par l’omission de ce secours. Peut-être a-t-elle été moins prompte dans l’obser- vation de Bonet, parce que, à raison de l’irrégularité de sa figure et des pointes de ses angles, le corps étranger n’ayant point changé de lieu, il n’aura pas été soumis à l’action de l’air, et poussé à diverses re- prises contre la glotte, pour y exciter la toux convulsive qui fatigua beaucoup l’en- fant , dont la perte fut accélérée par les récidives. Peut-être n’est-il pas inutile de remarquer le titre sous lequel Bonet a mis son observation : Dyspnœa ab infixo cisperæ arteriæ ossiculo. Or, parle terme dyspnée, tous les gens de l’art savent que les auteurs ont entendu la simple difficulté de respirer causée par les embarras légers de la tra- chée-artère et des bronches ; et ceux qui avaient ces parties embarrassées par des humeurs grasses et visqueuses , ils les ont appelés dyspnoïques. Après avoir indiqué le mode d’introduc- tion et les symptômes des corps étrangers des voies aériennes, nous devons exposer leur marche, c’est-à-dire indiquer ce qu’ils deviennent après un séjour plus ou moins prolongé dans le canal respiratoire. Le corps étranger peut rester dans la trachée ou dans le larynx ainsi que cela s’est vu dans la plupart des autopsies qui ont été pratiquées • presque toujours on l’a trouvé derrière l’incision qui aurait sauvé le malade si elle avait été pratiquée pen- dant la vie. Lorsque le corps étranger reste ainsi en place, mobile ou non, il peut ame- ner une asphyxie immédiate, en inter- ceptant plus ou moins complètement le calibre du tube aérien. Il peut encore amener l’asphyxie : Louis fait ainsi une part à l’emphysème dans la mort des malades : « Il est bien prouvé que des malades ont survécu plusieurs jours à l’existence d’un corps étranger dans la trachée-ar- tère, où il ne faisait que gêner le passage de l’air : il restait encore dans ce conduit](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b29324695_0005_0092.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)