Paludisme et trypanosomiase / par A. Laveran.
- Charles Louis Alphonse Laveran
- Date:
- 1905
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Credit: Paludisme et trypanosomiase / par A. Laveran. Source: Wellcome Collection.
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![qui, pendant plusieurs années, a été considéré par bon nombre d'observateurs, principalement en Italie et en Allemagne, comme l'agent pathogène du paludisme. Les recherches entreprises en Algérie, dès la fin de 1878, me con- duisirent à des résultats bien diflorents de ceux auxquels étaient arri- vés les précédents observateurs; en 1880, je décrivis un nouveau parasite appartenant à la classe des Protozoaires, qui me paraissait devoir être considéré comme étant l'agent du paludisme. Cet héma- [ozoaire {Hœmamœha ma/a/'/cc) a été retrouvé chez les malades atteints de paludisme dans tous les pays où règne l'endémie; il est l'agent pathogène des fièvres palustres, aucun doute ne subsiste à cet égard. La question de savoir à quel état l'hématozoaire du paludisme existait dans le milieu extérieur et comment se faisait l'infection a nécessité de longues recherches. Après avoir tenté vainement de déceler la présence de ce parasite dans l'air ou dans l'eau des localités palustres et de le cultiver dans les milieux les plus variés, je suis arrivé à la conviction qu'il se trouvait déjà, en dehors du corps humain, à l'état parasitaire et très probablement à l'état de parasite des moustiques. J'ai émis cette opinion dès 1884 dans mon Traité des fièvres palustres et j'y suis revenu à plusieurs reprises. En 1892, Grassi et Feletti déclaraient que cette opinion était sans fondement (1) et en France elle ne trouvait pas meilleur accueil quand un jeune médecin de l'armée des Indes, R. Ross, entreprit de la vérifier. Des recherches de R. Ross, complétées par celles de Grassi, Bignami et Bastianelli et de P. et Th. Manson, il résulte manifeste- ment que/7. malariœ accomplit dans le corps de certains moustiques, les Anopheles (2), une partie de son évolution et que ce sont ces Cuii- cides qui inoculent à l'homme le germe du paludisme (3). (1) Accud. di scienze nalurali in Calania, t. V, i' série. (2) Les Culicides, vulgairement connus sous. le nom de moustiques, sont des Diptères de la famille des Némocères dont on connaît aujourd'hui un grand nombre de genres et d'espèces. Les genres Culex et Anopheles sont de beaucoup les plus importants et les plus répandus; il est facile de distinguer un Culex d'un Anopheles à l'état d'insectes ailés ou à l'état de larves. Chez ]es Anopheles, les palpes, dans les deux sexes, sont aussi longs à peu près que la trompe ou proboscide ; chez les Cule!c, les palpes, aussi longs ou plus longs que le proboscide chez le mâle, sont très courts chez la femelle. Les larves (ÏAnopheles se tiennent horizontalement à la surface de l'eau quand elles viennent respirer, tandis que les larves de Culex, qui ont un long siphon respiratoire, se placent la tête en bas, presque verticalement par rapport à la surface de l'eau. (3) R. Ross, Brit. med. Journal, 18 décembre 1897 et 26 février 1898; Indian med. Gas., avril et mai 1898 ; Rapport sur la culture du Proleosoma dans le mous- tique gris. Calcutta, 1898. — Manson, Bril. med. Journal, 14, 21, 28 mars 1896, 18 juin et 24 septembre 1898. — Grassi, Bignami et Bastianelli, R. Accad. dei Lincei, 22 déc. 1898, 5 février et 7 mai 1899. — Bastianelli et Bignami, Annali d'igiene sperim., 1899. — Ghassi, Studi di uno zoologo sulla malaria, 2'» édit. Rome, 1901. — Schuffnek, Zeilschr. f. Hygiene, 1902.](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b24749485_0017.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)


