Volume 1
Dictionnaire universel de commerce: contenant tout ce qui concerne le commerce qui se fait dans les quatre parties du monde, par terre, par mer, de proche en proche, & par voyages de long long cours, tant en gros qu'en detail. L'explication de tous les termes qui ont rappot au negoce, les monnoyes de compte, qui servent a y tenir les Livres, et Ecritures des Marchands / Ouvrage posthume du Sieur Jacques Savary des Bruslons, Inspecteur general de Manufactures, pour le Roy, a la Douane de Paris continue dur les Memoires de l'Auteur, et donné au public par M. Philemon-Louis Savary, Chanoine de l'Eglise Royale de S. Maur des Fossez, son Frere.
- Jacques Savary des Brûlons
- Date:
- 1742
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Credit: Dictionnaire universel de commerce: contenant tout ce qui concerne le commerce qui se fait dans les quatre parties du monde, par terre, par mer, de proche en proche, & par voyages de long long cours, tant en gros qu'en detail. L'explication de tous les termes qui ont rappot au negoce, les monnoyes de compte, qui servent a y tenir les Livres, et Ecritures des Marchands / Ouvrage posthume du Sieur Jacques Savary des Bruslons, Inspecteur general de Manufactures, pour le Roy, a la Douane de Paris continue dur les Memoires de l'Auteur, et donné au public par M. Philemon-Louis Savary, Chanoine de l'Eglise Royale de S. Maur des Fossez, son Frere. Source: Wellcome Collection.
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![ï 2 î ï CROC. C R O X. fardeaux. On lui donne affez fouvent le nom de Gagne-denier ; & quelquefois , quoiqu’impropre- ment, celui de Fort. Voyez Fort. Autrefois à Paris les Marchands & Négocians ne fe fervoient que de Crocheteurs , pour emballer leurs marchandifes ; mais depuis qu’il y a des Emballeurs en titre d’Office , il ne leur efl pas permis de le fai¬ re. Voyez Emballeur. CROCHETS. Infiniment de bois, dont les Cro¬ cheteurs fe fervent, pour tranfporter fur leur dos les marchandifes, ôc autres fardeaux ; ainll nommés des bâtons en forme de Crochets, qui font au bas. Cet infiniment efl une petite machine de bois , cempofee de deux longs morceaux de bois liés en- femble par une double traverfe auffi de bois , & entre deux par une broche, ou boulon de fer: ils font em¬ boîtés par le bas dans une petite planche, d’ou for- tent auffi deux autres bâtons, mais feulement de io à i2 pouces de longueur. Ce font ces bâtons qui foûtiennent & arrêtent le fardeau. Deux bretelles , que le Crocheteur paiTe fur fes épaules , les affermiffènt fur fon dos ; 6c une corde atachée au bas de la machine , &c qui, quand les Cro¬ chets font chargés , pafte par deffus l’une destraver- fes, y retient ôc affermit la charge. Ce n’eft guères qu’à Paris qu’on fe fert de Cro¬ chets , machine très commode, 6c qui vaut bien les cordes, dont les Portefaix de Lion fe fervent pour porter les balots fur leur dos; ou les broiiettes dont on fe fert à Pvouë'n , ôc dans d’autres Villes de grand négoce. Crochets. Terme de Fondeur de caractères d’Im-, pnmerie. Ce font deux morceaux de gros fil de fer, recourbés par le bout , qui font atachés au haut des moules, dans lefquels fe fondent les lettres. Leur ufa- ge efl pour retirer du moule le caraCtère, quand il efl fondu. Voyez Fondeur de Caractères. Crochets. Se dit auffi, en terme d’imprimerie, de deux caradéres opoiés l’un à l’autre, dont l’on fe fert pour enfermer ce qu’on appelle une Parenthé- fe , ou quelque autre partie d’un difeours, qu’on veut comme diftinguer du corps de l’ouvrage. Quelque¬ fois ils ont cette forme, ( ), 3c quelquefois celle-ci, [ ]. Voyez Imprimerie. CROCS. On nomme ainfî, en terme de Manège êc de marchandife de Chevaux, quatre dents qui vien¬ nent aux chevaux , après qu’ils ont pouffé celles qu'on appelle les Coins. Voyez Cheval ; On y parle de la connoijfance de ïage des chevaux par les Crocs. CROISADE. Voyez Cruzade. CROISAT, ou GENOISE. Monnoye d’argent fabriquée à Gènes , qui a cours dans quelques vil¬ les d’Italie. Le Croifat vaut 7 lires 10 foldi, reve¬ nant monnoye de France à 4 liv. 14 £ 1 den. L ; Il a d’un côté-une croix , d’ou il a pris fon nom ; & de l’autre , l’effigie de la Sainte Vierge. On l’appelle auffi Génoife , du lieu de fa fabrication. Le Croifat efl reçu à Geneve pour 15 florins 9 f. de cette ville , qui ne font que 4ÜV. 10 f. tournois. CROISE’, CROISE’E. Terme de Manufacture, qui fe dit des étoffes qui fe fabriquent à 4 marches ÿ 6c dont les fils, à caufe de cette manière de les tra¬ vailler , font plus ferrés que dans celles qui ne fe font qu’à deux marches. Parmi les étoffes de foye , les ferges de foye , & les ras de S. Maur ; parmi celles de laine , les ras , les ratines , 6c les ferges ; & parmi celles de coton & de fil, les bafins, & les futaines, font croifés. Les étoffes croifées, foit de laine, foit de foye, foit de fil & coton, font toujours de meilleur ufage , que celles qui font fans croifure. Croise’e. Terme de Couverturier. C’eft un petit infiniment de bois, fait en croix, fur lequel font mon¬ tées les boffes de chardon , dont on fe fert pour lai— ner une couverture. Les autres Ouvriers en laine l’appellent une Croix. Voyez ci-après Croix. Voyez auffi Laines» C R O I. CR O O. IMS CROISELLE , ou CROISETTE. On appelle en France, Papier à la Croifelle , une efpèce de pa¬ pier , qui fe fabrique à Marfeille, 6c qui efl prin¬ cipalement propre pour le Commerce du Levant, fur-tout pour celui de Conflantinople , où il s’en débite par an plus de 800 ballons , à raifon de 24 rames le ballon. Voyez Papier. Voyez aujji ïArti¬ cle du Commerce de Conflantinople. CROISEMENT. Terme du filage, ou dévidage des foyes. C’eft l’aprêt le plus néceffaire des foyes, qu’on file de deffus les cocons. Il fe fait en paffant , ou croifant les uns fur les autres , les 10 ou 12 petits fils dont on forme le pre¬ mier fil de foye, qu’on deftine à la fabrique des étoffes 5 ôc c’eft par ce Croifement y qui s’opère par le moyen d’un moulin , qu’on les unit Ôc affermit en- femble. Cet aprêt n’eft pas néceffaire aux foyes plattes. Voyez Soye. CROISER LES SOYES. C’eft les tordre IV gérement parle moyen d’un moulin, ou métier à ti¬ rer les foyes. Voyez Soye. Croiser une Etoffe. C’eft la travailler à qua¬ tre marches, pour en ferrer les fils , & faire ce qu’on appelle la Croifure. Voyez ci-devant Croise’ , é ci- après Croisure. CROISOIRE, qu’on nomme auffi quelquefois Peigne ; infiniment de fer ou de buis, dont on fe fert pour faire fur les galettes de bifeuit de Mer , di- verfes façons en forme de croix. Voyez Biscuit. CROISSANT. Papier aux trois Croiffans. C’eft ainfî qu’on nomme à Conflantinople, une efpèce de papier de France, qui fe fabrique dans piufieurs lieux de la Provence. _ Cette efpèce de papier, dont il fe vend dans cette Echelle tous les ans environ 100 balles, de 12 rames chacune , efl le feul, avec le papier à la Croifelle , qui fe fait à Marfeille, ôc le papier de Venife, qui foit propre pour cette Capitale de l’Empire Otto¬ man. Voyez Papier. Voyez auffi. le Commerce de Conflantinople. CROISURE. C’eft la tifture d’une étoffe 1 qui fe fait en croix par le moyen de quatre marchesi que l’Ouvrier a fous les pies. Celle des étoffes de laine , dont la fabrique ne fe fait qu’à deux marches, comme les draps , les flanelles , ôc les revêches, fe nomme H Filure. On connoit la finefTe d’une ferge, ou autre étoffe croifée, à Ja Croifure ; & la finelfe d’un drap, à la filure. Quand on veut en faire l’é¬ preuve , après que l’étoffe efl lainée, il faut en dé¬ couvrir le fond , en l’aprochant de la flamme d’une bougie, jufqu a ce que la filure ou la Croifure paroif- fent. CROIX. Terme de manufacture de lainage. C’eft tm infiniment de bois, fait en forme de Croix , fur lequel font montées les boffes , ou têtes de chardon, dont les Laineurs , ou Eplaigneùrs, fe fervent pour tirer à la perche, la laine des étoffes. Les Couver- turiers l’appellent Croifer. Voyez Lainer. Croix, en terme de Tondeur de draps. Se dit d’une petite courroye de cuir, qui fait partie de l’in- ftrument que ces Ouvriers appellent Manicle. Voyez Manicle. Croix. Marque que les Fabriquans de fer blanc ont coûtume de mettre fur un des fonds des barils où ils mettent le fer le plus fort, & l’on appelle ces barils Fer à la Croix. Cette Croix n’efl que d’environ trois pouces en quarré, gravée dans le bois avec un fer chaud; c’eft fur cette marque que les Ferblantiers achètent la marchandife un écu, ôc quelquefois da¬ vantage plus cher que le fer fimple, qui n’efl pas ainfî marqué. CROON. Ancienne monnoye d’argent , qui fe fabriquoit autrefois en Hollande, ôc dontii fe trou¬ ve encore quelqu’une dans le Commerce, particu¬ liérement à Amfterdamv](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b30450470_0001_0662.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)


