Examen des matières colorantes artificielles dérivées du goudron de houille. Première partie. Matières colorants dérivées de l'aniline / par E. Kopp.
- Emile Kopp
- Date:
- 1861
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Credit: Examen des matières colorantes artificielles dérivées du goudron de houille. Première partie. Matières colorants dérivées de l'aniline / par E. Kopp. Source: Wellcome Collection.
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![(b) En versaut le chlorure de platine dans un excès d’hydrochlorate de rouge d'aniline. Dans les deux cas on obtient un précipité brun foncé, un peu jaunâtre, pulvérulent, sans apparence cristalline. Ces précipités furent recueillis séparément, lavés avec de l’eau très- froide et séchés à 100°. Us se dissolvaient en grande partie dans l’alcool et dans l’acide acétique avec une nuance rouge violacé. Les eaux-mères des deux précipités furent réunies, et on sépara par filtration le nouveau précipité, qu’on ajouta à (a), ayant constaté qu’il y avait encore dans la liqueur un léger excès de platine. Les eaux-mères évaporées à 50 — 60 donnèrent naissance à des paillettes cristallines d’un éclat métallique foncé noirâtre, presque insolubles dans l’eau et qui, partielle- ment solubles dans l’alcool et l’acide acétique, donnèrent des solutions d’un rouge très- violacé. En évaporant davantage, il se forme un nouveau dépôt platinifère ; mais peu à peu la liqueur devient jaune, et toute la matière colorante rouge ou violette se trouve dé- truite. Il semble résulter de cette expérience que le chlorure platinique exerce une action décolo- rante et oxydante sur le rouge d’aniline, qu’il transforme d’abord en violet et qu’il détruit finalement. La calcination des chloroplatinates (a), (b), (c) donna pour résidu : (a) (b) (c) Platine 19,33 °/0 20,00 % 28,41 °/0 Equivalents 511,06 494,07 348,02 La formule CSG H20 N4 O4, HCl + CIPt donne pour l’équivalent du chloroplatinate 530,3. La formule de M. Béchainp C24 H10 N2 O2, HCl + Cl2 Pt, exigerait 404,4. La formule brute C3B H20 N4 O4 peut être décomposée en la formule rationnelle C3G H20 (NO4) N3, ou bien [CisH5]3 1 H3 [ N3 H2(N04) ) La matière colorante rouge pure appartiendrait donc à la classe des triamines et serait la !rianiline mononilrée. L’expérience suivante vient à l’appui de cette manière de voir : On prépare de l’acide nitrique le plus fumant possible, en distillant du nitre fondu avec le double de son poids d’acide sulfurique bouilli. L’acide fumant étant versé dans une capsule en platine placée dans un bon mélange réfrigérant et étant par conséquent refroidi à — 18°, on y fait tomber goutte à goutte et en remuant constamment de l’aniline anhydre. On observe alors que chaque goutte d’aniline se dissout immédiatement dans l’acide nitri- que fumant, en le colorant en rouge cramoisi très-riche et très-foncé. Lorsque la quantité d’aniline commence à dépasser le tiers du poids de l’acide nitrique, le mélange commence à s’épaissir; bientôt il devient demi-solide ; on enlève alors la capsule du bain réfrigérant; on continue d’ajouter l’aniline graduellement jusqu’à ce que l’acide nitrique soit sursaturé on élève peu à peu la température jusqu’à 140 à 150, et l’on obtient ainsi, en rentrant dans le procédé ordinaire, un rouge d’aniline brut, riche en matière colorante roüge. Cette dernière s’était donc formée dans les conditions les plus favorables à la production d’un corps nitré. Du reste, les déflagrations et combustions spontanées observées dans la préparation du rouge d’aniline par l’acide nitrique, lorsqu’on chauffe un peu brusquement, et la destruction de la couleur rouge par l’action des corps réducteurs, parlent également en faveur de la for- mule rationnelle citée.](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b22464049_0101.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)