Le pèlerin de Terre Sainte : voyage en Egypte, en Palestine, en Syrie, Smyrne et Constantinople / par l'abbé Delaplanche.
- Delaplanche, abbé, 1806-1876.
- Date:
- 1887
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Credit: Le pèlerin de Terre Sainte : voyage en Egypte, en Palestine, en Syrie, Smyrne et Constantinople / par l'abbé Delaplanche. Source: Wellcome Collection.
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![je lui éci'ive de Jénisuleni. Ou m’invite à une petite soirée, j’accepte cette faveur ; mais le soir tout cliatige ; la mer est mauvaise, et la réuuiou devient impossible. 11 mars. En mer. Toujours la mer. On n’apercoit pas même une appa- rence de rivige, ni les côtes de la Grèce, ni celles de l’Afri- (jue. Candie est trop loin, l’as ui\ vaisseau qui pa.sse, pas un oiseau qui traverse les airs, pas même un poisson (|ui vienne nous distraire par ses joyeux ébats. Les pas- sagers sont rêveurs, mélancoliques. Sur leur front, on remarque quelque chose de nuageux qui décèle l’ennui, beaucoup souffrent du mal de mer, mal terrible qui défie tous les remèdes. Aux repas, la table est dégarnie. Au déjeuner, je me trouve seul avec les officiers. Evidem- ment, Dieu a pitié de jua faiblesse ; car je serais impuissant à supporter cette cruelle épreuve. Nous voguons plus lentement ; le vent qui soulHe de l’e.st ralentit notre mar- che. Sans être violent, il est fort, et la mer plus agitée. Les vagues ne s’élève pas, n’écume pas, comme sur l’Océan ; mais elles n’en sont pas moins perfides, et il arrive assez souvent qu’une vague, qui est loin d’être une montagne, lance ses eaux au-dessus du vaisseau. Plus d’une fois, en me promenant, je me suis trouvé aspergé de manière à exciter des éclats de rire. Cependant notre bateau, long de cent mètres (3.30 pieds) et large de dix (33 pied,s), est très-élevé au-dessns des eaux et semble dominer sur la mer, comme un roi dans .son empire. Le soii', il fallait bien quelque distraction. Je voyais le capitaine, bon et exc(dlent homme, un peu délaissé. Il me propose une partie de damier. J’accepte, malgré mou ])cu d’usage en cette matière. A peine avons-nous com- mencé que je m’aperçois que mon capitaine est beaucoup plus habile à faire manœuvrer ses marins que les pions. Je fus donc obligé de gagner la première partie. Malgré](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b24885149_0028.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)


