Le pèlerin de Terre Sainte : voyage en Egypte, en Palestine, en Syrie, Smyrne et Constantinople / par l'abbé Delaplanche.
- Delaplanche, abbé, 1806-1876.
- Date:
- 1887
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Credit: Le pèlerin de Terre Sainte : voyage en Egypte, en Palestine, en Syrie, Smyrne et Constantinople / par l'abbé Delaplanche. Source: Wellcome Collection.
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![térieur impénétrable d’une maison, où elle est condamnée à vivre dans l’oisiveté et l’ignorance. 11 ne i'ant donc pas être surpris qu’elle soit descendue au dernier degré de l’échelle humaine. Pauvre créatiire ! Si le musulman fana- tique et voluptueux ne te défendait ]>as, sous peine de mort, d’embrasser la religion chrétienne, tu recouvrerais bientôt, avec ta liberté, ta dignité et ton honneur ' Eu faisant ces rétlexion.s, je consi'dérais ces hommes nonchalamment étendus dans leurs boutiques ; quelques- uns même sont à peine vêtus convenablement; les autres sont de vrais déguenillés ; quelques-uns sont presque nus et s’amusent à compter plutôt qu’à tuer les insectes qui les dévorent, et parfois, ô honte ! à les manger. J’ai eu sous les yeux ce repoussant spectacle. Avec tontes ces misères, il y a encore du mouvement parmi cette triste po- pulation ; on y voit des hommes qui exercent (piehques mé- tiers et paraissent assez habiles; mais, en vérité, on a de la peine à comprendre comment le grand nombre peut se ]iro- curer la subsistance. Ii’Arabe n’a (]u’une ressource : il est tiès-.sobre, il sait s’imposer les plus grandes privations. Il vit donc de ].ien, et sa toilette n’exige qu’une faible dépense. Une simple toile snltit; tous marchent nu-])ieds, même dans la ville. Une chaussnie serait un objet de luxe. 11 n’est pas étonnant que la population enro[)écnne, ciui n’est pas accoutumée à ce genre de vie, ait voulu s’isoler. Dans le qnartiei' franc, on se croit au milieu d’une ville de France ou d'Italie. Allons sur la place des Consuls, et là, sur une vaste esplanade, nous trouverons une promenade agréable, plantée de beaux arbres. Aux extrémités sont deu.x bassins, avec des jets d’eau semblables à ceux du Palais-liOyal, à Paris. Plus loin est la i)lace Sainte-Cathe- l'ine, (jÙ l’on arrive en Iraversant un magnitiqm! jardin ]»euplé de ])alniiers, de bananiers et d’une foule de plantes que le climat développe, admirablemei.t, tandis (jiie chez nous on les trouve maigres et étiolées, et encore dans des](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b24885149_0035.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)


