Le pèlerin de Terre Sainte : voyage en Egypte, en Palestine, en Syrie, Smyrne et Constantinople / par l'abbé Delaplanche.
- Delaplanche, abbé, 1806-1876.
- Date:
- 1887
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Credit: Le pèlerin de Terre Sainte : voyage en Egypte, en Palestine, en Syrie, Smyrne et Constantinople / par l'abbé Delaplanche. Source: Wellcome Collection.
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![serres chaudes. Autour de ces places, s’élèvent de grands bâtiments, couverts en terrasses et ornementés à l’italienne. journée commençait à être bien remplie, et nous re- jirenions le chemin du couvent, lorsque, en passant dans une rue, nous rencontrons un santon. Cet être extrava- gant, que je ne connaissais pas, m’a paru comme une bête fauve. Sa chevelure en désordre retombait sur ses épaules nues. Sa tigure, moitié noire, faisait ressortir deux gros yeux qui roulaient convulsivement dans leur orbite comme ceux d’un possédé. Sou habit d’arlequin, serré autour de ses reins, avait une ceinture d’où pendait une multitude de petits grelots, qu’il faisait mouvoir dans son agitation satanique. 11 s’est hasardé à venir tout près de nous i faisant force grimaces et se renfermant dans un silence qui ressemble à celui du singe. Ces santons sont les saints du mahométisme. Plus ils font de sottises et de folies, plus on les vénère. On se fait nn devoir de les nourrir. Là où ils tombent morts on les enterre avec respect. Personne n’ose toucher à leur sépulture ; et j’ai vu, dans plusieurs grandes villes de l’Orient, des espaces laissés vides, dans des rues popu- leuses, ])arce que là était le tombeau d’un santon. A Alex- andrie, dans une rue, j’ai examiné une de ces tombes que vénère la crédulité musulmane. A des grillages en fer ])endaient, comme ex-voto, les choses les plus l'idicules ; des cheveux, des chiffons, de petits morceaux de je ne sais quelle étoffe en lambeaux. C’était à faire l'eculer d’horreui'. 11 est aussi un individu que l’on rencontre partout et qu’on voudrait ne v<jir nulle pari ; c’est le diable, et nous l’avons rencontré. Il était en quel([ue sorte incarné dans la jier.sonne d’un nt)ir et hideux Ethiopien, ([u’une vile* ])o]ndaee accompagnait dans les rues, ave(î des vociféra- tions inimitables. Le démon nt‘ jiouvait mieux choisir son ]>ersonnag(“. Sa tigure était jtarfaittnmmt noire, st‘s](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b24885149_0036.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)


