Le pèlerin de Terre Sainte : voyage en Egypte, en Palestine, en Syrie, Smyrne et Constantinople / par l'abbé Delaplanche.
- Delaplanche, abbé, 1806-1876.
- Date:
- 1887
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Credit: Le pèlerin de Terre Sainte : voyage en Egypte, en Palestine, en Syrie, Smyrne et Constantinople / par l'abbé Delaplanche. Source: Wellcome Collection.
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![tables l(%islateurs, et les patriarches de plusieurs grands ]'euples. On a beaucoup déclamé dans ces derniers tera]>s contre la perpétuité des vœux ; mais il n’est peut-être pas impos- sible de trouver en sa faveur des laisons puisées dans la nature des choses et dans les besoins même de notre âme. L’homme est surtout malheureux par sou inconstance et par l’usage de ce libre arbitre qui fait h la fois sa gloire et ses maux, et qui fera sa condamnation. Il flotte de senti, ment en sentiment, de pensée en pensée. Cette inquié- tude le plonge dans une misère dont il ne peut sortir que quand une force supérieure l’attache à un seul objet. On le voit alors porter avec joie sa chaîne ; car l’homme infi- dèle hait pourtant l’infidélité. Ainsi, par exemple, l’artisan est plus heureux que le riche désoccupé, parce qu’il est soumis à un travail impérieux qui ferme autour de lui toutes les voies du désir ou de l’inconstance. La même soumission à la puissance parternelle fait le bien-être des enfants Les anciens législateurs avaient reconnu cette nécessité d’imposer un joug à l’homme. Les républiques de Lycurgue et de Minos n’étaient en effet que des espèces de commu- nautés où l’on était engagé en naissant par des vœux per- pétuels. Le citoyen y était condamné à une existence uni- forme et monotone. Il était assujetti à des règles fatigantes, qui s’étendaient jusque sur ses repas et ses loisirs; il ne pouvait disposer ni des heures de sa journée, ni de âges de sa vie : on lui demandait un sacrifice rigoureux de ses goûts ; il fallait qu’il pensât, qu’il agît d’après la loi : en un mot, on lui avait retiré sa volonté pour le rendre heureux. Le vœu perpétuel, c’est-à-dire la soumission à une règle inviolable, loin de nous plonger dans l’infortune, est donc, au contraire, une disposition favorable au bonheur, surtout quand ce vœu n’a d’autre but que de nous défendre contre](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b24885149_0441.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)


