Leçons sur les auto-intoxications dans les maladies : professées à la Faculté de médecine de Paris pendant l'année 1885 / par Ch. Bouchard ; recueillies et publiées par le Dr. P. Le Gendre.
- Charles-Joseph Bouchard
- Date:
- 1887
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Credit: Leçons sur les auto-intoxications dans les maladies : professées à la Faculté de médecine de Paris pendant l'année 1885 / par Ch. Bouchard ; recueillies et publiées par le Dr. P. Le Gendre. Source: Wellcome Collection.
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![bacilles pouvaient être absents de la matière ingérée, ils pou- vaient y être trop rares; le mode d'administration avait pu les neutraliser. La deuxième méthode ne peut être invoquée, puisqu'on ne contracte pas le choléra par inoculation hypodermique. Tout ce que nous savons prouve que l'agent infectieux s'introduit par les voies digestives. Ce procédé d'inoculation a été repris par M. Ferran; celui-ci obtient les phénomènes] locaux éprouvés par Bochefontaine, une histosepsie locale arrivant rarement à la suppuration. Je ne sais ce que peuvent valoir ses inoculations comme moyen prophylactique \ Mais je vois déjà des objections à faire à ses pratiques. En tout cas, les faits expérimentaux connus sur l'homme ne permettent ni d'accorder ni de refuser au bacille de Koch le rôle pathogénique qu'il réclame; mais, à défaut d'expériences, l'observation peut, par voie détournée, nous conduire à cer- taines conclusions. 1. Au moment où cette leçon a été faite, on ne possédait aucun renseigne- ment précis pour juger la question Ferran. On pouvait dire seulement que le principe de la méthode, si principe il y avait, n'était pas prouvé en ce qui concerne le choléra. Chercher à créer une sorte d'immunité en changeant simplement la porte d'entrée d'un microbe est un principe connu avant M. Ferran. Les premiers, MM. Arloing, Cornevin et Thomas, dans leurs belles recherches sur le charbon symptomatique, en ont donné la démonstration. Mais ce qui est vrai pour un agent pathogène peut être faux pour un autre, et on doit, là comme ailleurs, se garder de toute généralisation hâtive. Mal- heureusement la valeur des résultats annoncés par M. Ferran se trouve sin- gulièrement infirmée par le rapport de la mission française, composée de MM. Brouardel, Gharrin et Albarran. Ce rapport nous apprend que M. Ferran n'a pas pu, ou tout au moins n'a pas voulu, faire la preuve de ce qu'il avait avancé et sur la morphologie du bacille-virgule, et sur les effets obtenus chez les animaux. Les phénomènes observés chez les personnes inoculées ne sont en rien semblables à ceux d'un choléra atténué, ainsi que l'avait prétendu le médecin espagnol; leur sang ne contient jamais de bacilles-virgules. De plus, M. Ferran se refuse à s'expliquer sur la composition et la préparation de son vaccin, ou, quand il donne une explication, il l'abandonne quelques jours après pour en choisir une nouvelle. Enfin les statistiques qu'il publie, quelque nombreuses qu'elles soient, sont loin d'être inattaquables. En somme, la preuve scientifique de la valeur de la méthode de M. Ferran n'est point faite. C'est là le verdict prononcé par la mission française, et il est juste de reconnaître que ce verdict n'a été infirmé en rien par les rapports ultérieurs des autres missions (belge, américaine, italienne, commission espagnole) envoyées à Valence pour étudier la même question.](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b2104286x_0287.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)