Les manifestations fonctionnelles des psychonévroses : leur traitement par la psychothérapie / par J. Dejerine, E. Gauckler.
- Date:
- 1911
Licence: In copyright
Credit: Les manifestations fonctionnelles des psychonévroses : leur traitement par la psychothérapie / par J. Dejerine, E. Gauckler. Source: Wellcome Collection.
Provider: This material has been provided by the Royal College of Physicians of Edinburgh. The original may be consulted at the Royal College of Physicians of Edinburgh.
87/584 page 71
No text description is available for this image
No text description is available for this image
No text description is available for this image![à chacune des crises de suffocation de son enfant, elle se sentait prise de serrements à la gorge et buvait abondamment pour se remettre. Elle prit ainsi l’habitude d’ingurgiter une grande quantité de liquides dans la journée et plus particulièrement dans la nuit. Son fds vint à mourir, elle en conçut un gros chagrin. Ses nuits restèrent sans sommeil, hantées par le souvenir du mort et par les mêmes phénomènes émotifs qui s’étaient produits de son vivant.] L’habitude de boire en grande quantité fut de la sorte main- tenue. Depuis, les phénomènes émotifs ont disparu, mais la polydypsie et la polyurie ont persisté. Ajoutons qu’à part son émotivité, la malade n’a jamais pré- senté le moindre trouble névropathique. Elle a une mentalité un peu atone, mais ne présente à aucun degré l’état d’âme d’une hystérique. Elle a fait pendant des mois des efforts pour dimi- nuer le taux de l’ingestion des boissons, elle a tenté de tromper sa soif par tous les procédés habituels. Elle n’a pu y réussir. 11 fallut procéder extrêmement lentement, par réductions insen- sibles, pour arriver à obtenir une amélioration notable. Dans d’autres cas il s’agit de sujets qui, au cours de la convalescence d’une affection aiguë, la fièvre typhoïde par exemple, ont pris l’habitude de boire des liquides en grande quantité et qui continuent pendant des semaines et des mois, à conserver la même ration de liquide, moins par besoin orga- nique que par véritable habitude faisant que, à des heures régulières et déterminées, ils se croient obligés d’ingurgiter une assez grande quantité de boisson. Cette dernière catégorie de malades guérit extrêmement vite. Il suffit le plus souvent de leur faire comprendre la nature de leur polyurie, pour qu’en quelques jours ils en soient débarrassés. Dans d’autres cas encore, ce sont des patients que, pour une raison quelconque, on a mis au régime lacté à la dose de quatre litres de lait et plus par jour et qui, lorsqu’on veut les remettre au régime normal, continuent, s’ils sont insuffisamment sur- veillés, à boire en quantité excessive pendant des mois. Nous en avons vu chez qui le phénomène persistait depuis des années.](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b21927194_0089.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)