Leçons cliniques sur la dipsomanie faites à l'Asile Saint-Anne / par V. Magnan ; recueillies et publiés par Marcel Briand.
- Magnan, Valentin, 1835-1916.
- Date:
- 1884
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Credit: Leçons cliniques sur la dipsomanie faites à l'Asile Saint-Anne / par V. Magnan ; recueillies et publiés par Marcel Briand. Source: Wellcome Collection.
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![! 2Îj?.5^- ilD — i;]T - d'en dérober. « J'aurais, dit-elle, éprouvé trop de honte à être surprise ». D'ailleurs, l'accès de la salle lui était interdit par une porte soigneusement fermée. Cependant, le lendemain et les jours suivants,elle,sisobreordinaire- ment, mettait une insistance particulière à demander du vin de quinquina pour se remonter l'estomac et de l'alcool camphré pour se frictionner les jambes. Il est inutile d'ajouter qu'elle eût bu l'alcool camphré. Les cauchemars de la première nuit s'accusèrent les nuits suivantes,et, détail intéressant, sous l'influence de cet accès avorté, puisque la malade, surveillée avec le plus grand soin, ne but absolument que la quantité de . vin allouée à chaque femme (c'est-à-dire 13 centièmes de litre par jour), Eugénie eut des hallucinations et des frayeurs nocturnes offrant tous les caractères du délire I alcoolique. L'impulsion arrivant chez un sujet ayant déjà fait de nombreux excès de boissons a suffi pour dé- velopper une bouffée de déhre toxique (1). Pour compléter l'histoire clinique de cette femme, je I dois ajouter que les hallucinations de l'ouïe qu'elle pré- sente par intervalles ont un double caractère reflétant les combats de sa conscience. Ainsi Voreille gauche semble réservée aux injures et aux reproches et c'est de ce côté là seulement qu'elle entend des choses dé- sagréables, tandis que les encouragements que lui donne parfois Dieu lui arrivent par Voreille droite. « Il en a toujours été ainsi, dit-elle, même quand j'étais carmélite il y a 20 ans. » (1) Ce fait en apparence paradoxal, de l'existence d'un délire al- coolique en l'absence d'ingestions alcooliques,s'explique facilement par la rupture de l'équilibre physiologique provoquée par le pa- roxysme mélancolique lui-même. C'est l'analogue de ce qui se passe pour le développement du délire toxique chez l'ivrogne sa- turé qui prend une pneumonie, un érysipèle. etc., ou subit un traumatisme. Les forces suffisantes d'abord pour résister au poison étant amoindries, le support fléchit et les accidents se pro- duisent. Toute cause débilitante aurait pu produire le mémo ré- Hultat.](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b22292676_0063.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)