Recherches sur l'état de la médecine durant le période primitive de l'histoire des Indous / par ... Ch. Daremberg.
- Charles Victor Daremberg
- Date:
- 1867
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Credit: Recherches sur l'état de la médecine durant le période primitive de l'histoire des Indous / par ... Ch. Daremberg. Source: Wellcome Collection.
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![i;3 vagcs où le fétichisme se trahit par les superstitions les plus grossières et où nulle apparence de progrès ne se fait jamais sentir. Ce caractère essentiellement religieux de la médecine s’est perpétué, car, dans un livre comparativement récent, mais qui est l’écho des plus vieilles coutumes et le résumé des rituels les plus anciens (1), il est dit : « Lorsqu’un homme est pris de maladie au moment où il allume le feu [du sacrifice], il doit se diriger vers l’est, le nord ou le nord-est (2); il invoque le feu et obtient sa guérison; après quoi il offre un sacrifice; » de même « celui qui est attaqué de consoiïiption se délivre avec une offrande de crème et des prières. » 5. — PHYSIOLOGIE GÉNÉRALE, — IDÉE DE LA VIE. La physiologie indoiie n’est pas moins indécise que la médecine ; cependant, on y peut remarquer la trace de quelques notions qui se développent et prennent corps chez les Grecs. 11 semble que l’essence même de la vie, dans le Rnj-Yéda, comme dans Homère, soit Vair; la vie s’échappe à travers l’atmosphère, soutenue et conduite par les vents à sa dernière demeure, et quelquefois rappelée par la puissance des dieux (3). Les Vasous {huit demi-dieux : feu, lune, etc.) mettent un souffle de vie (asounjam) dans Agni, et, en plus d’un passage, il serait question ^esprit vital, de force vitale (4). Ce sont aussi le ciel, la terre et l’air qui rendent le souffle vital (5). On entrevoit aussi une théorie humorale où le souffle, mis au nombre des humeurs, remplace le sang (6) et où ne figure pas la bile noire. Plus tard, cette (L) Indische Hansreoeln {Règles de la vie domestique), dans Abhandl. fur die Kunde des Mor- genlandes, t. IV, cah. I, 1865 ; trad. du sanscrit par Stenzler : iii, 6, et iv, 1. (2) Voy. Pictet, Orig. indo-europ., 2® partie, p. 485 et suiv., sur la droite et la gauche, le sud et le nord. Nous retrouverons cette question à propos des philosophes anté-socratiques, et même a propos de l’incubation dans les temples d’Esculape. (3) VIII, I, 13. — Cf, Weber, TÂttérat. indienne, p. 98; Pictet, Orig. indo-europ., 2® partie, p. 539- 542. (4) V, II, 4; 6.— Cf. IV, vi, 4; 2 strength verily, Wilson). — V, i, 13; 1.— V, iii, 2; 7. Je n’avance ces propositions, et je n’allègue ces citations que sous toutes réserves, car je me suis aperçu qu’en deux passages, par exemple (II, vu, 4; 4. — IV, vu, 2; 2), Langlois traduit esprit vital là où il n’en est pas question dans le texte, si je m’en rapporte à \Vilson. — Le feu vital, c’est le feu artiste, Agni-Twachiri (espèce de Prométhée) qui assemble et donne les formes (VI, vu, 5; 8), et qui, air chaud, les anime. — Cf. VIIL VIII, 42; 1.— C’est lui aussi qui procure la fécondité : V, i, 14; 19. — Le germe est en puissance dans l’homme comme le feu (Agni; ignis) dans Yarani ou bois du sacrifice; ce sont les agitations, les frottements qui dégagent l’un et l’autre ; cela ressort d’un grand nombre de passages. — Au moment où je corrige ces feuilles, la Gazette hebdomadaire (25 janvier) m’apporte un article de M. le docteur Liétard sur la génération et la vie, d’après le Rig-Véda, et j’y vois avec plaisir que nous arrivons à peu près aux mêmes conclusions. A mon sens, celles de M. Liétard sont peut-être trop posi¬ tives ou trop exclusives, et l’ingénieux auteur ne tient pas assez compte, pour certaines parties du Rig- Véda, de l’intervention de Yair dans l’explication de la vie. (5) VIII, I, 14, 7. (6) Langlois traduit quelque part : Les mortels atrabilaires (III, ii, 1; 15); mais il n’y a rien de cela dans le texte, d’après Wilson.](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b30093132_0015.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)


