L'image du monde de maitre Gossouin : rédaction en prose / Texte du manuscrit de la Bibliothèque nationale, fonds français no. 574, avec corrections d'après d'autres manuscrits, notes et introduction par O.H. Prior.
- Date:
- 1913
Licence: In copyright
Credit: L'image du monde de maitre Gossouin : rédaction en prose / Texte du manuscrit de la Bibliothèque nationale, fonds français no. 574, avec corrections d'après d'autres manuscrits, notes et introduction par O.H. Prior. Source: Wellcome Collection.
13/230 page 5
No text description is available for this image
No text description is available for this image
No text description is available for this image![Theorie de Langlois sur les dates de 1’Image da Monde. Jus- qu’ici les dates de 1 'Image du Monde n’ont paru offrir aucune difficult^. Mais dernierement Langlois, dans son ouvrage sur la Connaissance de la nature au moyen age, a proposd une theorie qui complique singuliere- ment les choses. Cette theorie est basee sur le prologue exceptionnel du manuscrit Harley 4333, et plus particulierement sur le passage suivant : F° i a. En I’an de l’lncarnacion Jhesu, nostre redemption, mil .CC. ans qarante sis fui d’un livre faire pensis de tote l’ymage del monde1. 1 Ce manuscrit a tous les traits caracteristiques de la seconde redaction; il ne s’en distingue que par son prologue et par quelques passages qui manquent. Mais 1’ordre des chapitres est le meme et l’ouvrage est divisd en deux parties seulement. Paul Meyer a etudie ce manuscrit (v. Romania XXI [1892] p. 481). Pour lui, Harley represente une etape intermediate enlre la premiere et la seconde redaction. Langlois (o. c. p. 63) y voit « une troisieme redaction posterieure aux deux autres, puisqa’elle les mentionne, mais dont il n’y a aucun moyen de determiner la date.» L’opinion de P. Meyer sur ce point, comme sur celui de la date, nous semble avoir en sa faveur des arguments bien plus concluants que ceux de Langlois. Ce dernier fait observer qu’il y a plusieurs lacunes dans le manuscrit; d’oii il conclut que l’auteur a sim- plement supprime quelques diqressions, en verile trop amples, de la seconde redaction. Pourtant 1’argument contraire semble 6tre tout aussi plausible et bien plus d’accord avec les faits. Selon nous, la redaction represent^ par Harley est anterieure a la seconde redaction. Par consequent les passages qui manquent n’ont pas ete omis : ils ne se trouvent pas dans le manuscrit de Londres, simplement parce que l’auteur n’avait pas a sa disposi- tion certains materiaux qu’il ne s’est procures que plus tard ; en voici la preuve : Dans la seconde redaction, l’auteur fait deux fois allusion a un voyage entrepris par lui-meme. Nous citons d’apres Langlois (o. c. p. 56) : ... fors uns dont je trouvai la Vie En la cite d’Acre en Surye En un livre qui le devise Que je trovai en une eclise D’ancienne religion Qui apent a Monte Syon. Mere Eclise en Jerusalem. La « vie » dont il s’agit est la legendc de Seth au Paradis terrestre qui occupe 314 vers. Dans un second passage, l’auteur decrit la Sicile et le Mont Gibel (l’Etna) ; il nous fait part de scs impressions lors de son ascension du volcan (Langlois, o. c. p. 57) : Je, qui cest livre fis ici, Celes .II. monteignes je vi Et montai en son la plus grans Pour vei'r ce qu’ist de leans. La bouche vi de la fumee Qu’ades fume sanz reposee... Or, ce sont la precisemeut les deux passages qui manquent a Harley, de meme qu’ils manquent a la premiere redaction et a celle en prose. Cela nous semble elre une preuve conclusive que l’opinion de P. Meyer est celle qu’il faul adopter, et que Harley reprdsente en effet un elat encore imparfail dc la seconde redaction, une edition anterieure aux voyages de l’auteur.](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b24878054_0013.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)