Les asphyxies par les gaz, les vapeurs et les anesthésiques.
- Paul Brouardel
- Date:
- 1896
Licence: Public Domain Mark
Credit: Les asphyxies par les gaz, les vapeurs et les anesthésiques. Source: Wellcome Collection.
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![I)a côté externe, riutervenlion se borne à une ponction de l'abcès au moyen d'un (rocart avec l'appareil as{)irateur; on re- tire environ 20 grammes de pus. Le drain do la plaie interne est retiré le deuxième jour. Les pansements humides sont faits tous les deux jours ; mais, la plaie ne se cicatrisant pas et le stylet arrivant surdes parties dénudées et cariées, de plus le malade s'aiïaiblissant par suite de l'abon- dance de la suppuration, une nouvelle intervention, devant con- sister en l'ablation de toutes les parties malades (portion anté- rieure du pied], est jugée nécessaire. Le 23 avril le malade, dont préalablement on avait consulté de nouveau le cœur (pii l'ut trouvé sain, est porté à l'amphithéâtre sur un brancard. On le couche sur un lit d'opérations, puis on procède au nettoyage de la partie sur laquelle va porter l'opération. Le chloroforme est administré par M. Bonneau, interne, sur une compresse, d'après le procédé ordinaire, sous la surveillance de M. le professeur Léon Le Fort, chef de service, et de M. le D'' Beur- nier, chef de clinique. Aucun phénomène anormal ne se produit; nul embarras de la respiration, pas de quintes de toux, pas de mucosités dans la gorge. Le malade, comme lors de son premier sommeil anesthésique, ne présente aucune période d'excitation. Au moment où, le malade étant endormi, on se préparait à ap- pliquer la bande d'Esmarch, la respiration semble se ralentir en même temps que la face devenait pâle. Au même instant l'interne chargédu pouls fait remarquer qu'il venait de cesser de ballre, ce que constate aussitôt le professeur Le Fort. A ce moment la respiration continuait encore; on fait avaler au malade quelques gouttes de cognac, et on abaisse la tète. Quelques secondes plus tard la respiration cesse brusque- ment. Immédiatement on pratique la respiration artificielle, on met en marche la machine électrique et on fait la faradisation. Sous cette influence on obtient quelques mouvements respiratoi- res, d'abord assez profonds et se succédant à intervalles assez rapprochés; mais peu à peu, malgré ces manœuvres, les inspira- tions deviennent plus espacées et moins profondes et, au bout de peu d'instants, cessent complètement. La face est de plus en plus pâle; aucun réflexe cornéen. Aucun murmure cardiaque à l'auscultation. Malgré cette absence de réaction, les tentatives furent continuées pendant au moins trois quarls d'heure. IL Autopsie. — Je soussigné, Paul Brouardel, commis par M. A. Guillot, juge d'instruction en vertu d'une ordonnance, en date du 21 avril 1890, ainsi conçue : « Commettons M. le D^ Brouardel à l'effet de rechercher la](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b21032269_0395.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)


