La maladie du sommeil et les narcolepsies / rapport présenté par le J. Lhermitte.
- Lhermitte, J.
- Date:
- 1910
Licence: Public Domain Mark
Credit: La maladie du sommeil et les narcolepsies / rapport présenté par le J. Lhermitte. Source: Wellcome Collection.
58/76 page 56
No text description is available for this image
No text description is available for this image
No text description is available for this image![te dinstinguée de l’attaque narcoleptique et particulièrement de la nar- colepsie épileptique. L'absence du comitial n’est nullement un som- meil, le malade qui en est frappé n’a jamais l’apparence d’un dor- meur, 1l ne s’affaisse pas, les yeux restent grands ouverts, les mus- cles volontaires sont contractés à tel point qu’on ne peut arracher des mains du malade l’objet qu'il à saisi; enfin, l’épileptique non seule- ment n’a gardé aucun souvenir de ce qui s’est passé pendant son ab- sence, mais 1l ignore souvent l’existence de cet équivalent; le narco- leptique ignore le temps pendant lequel il à dormi, mais 1l se sou- vient d’avoir dormi, IT est plus difficile de préciser les limites qui séparent le sommeil pathologique de la somnolence et du coma. En effet, selon nous, somnolence et coma ne sont que les deux termes extrêmes d’une série dont le sommeil est un des éléments intermédiaires. Cependant, aussi bien au point de vue pratique qu’au point de vue nosologique, 1l importe de distinguer ces différents états et de ne point confondre à l’exemple de quelques-uns torpeur, somnolence, coma, sommeil. La torpeur cérébrale qui fait le fond de certaines affections mentales, comme les états confusionnels toxi-infectieux, les tumeurs cérébra- les, méningites aiguës, n’est point la narcolepsie. Celle-ci peut sur- venir d’ailleurs dans ces conditions, mais elle s’en distingue par ce fait que dans la torpeur le malade garde une conscience obscure mais réelle du monde extérieur et des modifications qui s’y produisent; il conserve la notion du temps et de l’espace, vague, imprécise, c’est vrai, mais notion indéniable cependant, tandis que chez le dormeur la conscience est absolument suspendue. Le malade atteint de somnolence sort de son engourdissement au moindre bruit; le narcoleptique, au contraire, est plongé dans un sommeil complet, profond; on a beau faire du bruit, parler autour de lui, l’agiter, le secouer parfois, on le fait sortir difficilement et incomplètement de son repos; à peine a-t-1l prononcé quelques mots et repris l’usage de ses sens que soudain 1l retombe dans sa torpeur invincible. Aïnsi que le fait ressortir Gélineau, instantanément le narcolep- tique est plongé dans le sommeil le plus profond ; la somnolence, qui n’en est que le premier acte, est cet état indécis entre Ia veille et le sommeil, où les perceptions étant confuses, on reste encore sous l’i1m- pression des choses dont on parlait et des hommes avec ‘lesquels on s’entretenait 1l y a un instant. Le narcoleptique, dominé, écrasé par le besoin de one ne Coli- naît pas cette première phase, 1] ne pense point, ne rêve pas; il est anéanti.](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b33476779_0058.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)