Copy 1, Volume 1
Portraits et histoire des hommes utiles, hommes et femmes de tous pays et de toutes conditions, qui ont acquis des droits à la reconnaissance des hommes.
- Société Montyon et Franklin (Paris, France)
- Date:
- [1834-1841]
Licence: Public Domain Mark
Credit: Portraits et histoire des hommes utiles, hommes et femmes de tous pays et de toutes conditions, qui ont acquis des droits à la reconnaissance des hommes. Source: Wellcome Collection.
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![passer les premiers temps de son veu¬ vage. Le bruit courut un moment que Louis XV l’épouserait. Le duc de Pen- thièvre disait : « Ma fille, en suivant sa « destinée, a passé dans une autre mai- «son; mais ma pauvre belle-lille est « venue la remplacer dans la maison « paternelle en épousant mon fils; elle « l’a perdu : c’est moi maintenant qui « dois lui tenir lieu de tout. » La prin¬ cesse de Lamballe joignait à des qua¬ lités brillantes, et au naturel le plus heureux, une humeur vive, enjouée; et le bon prince lui disait quelquefois, en riant: «Eli! bien, Marie-la-Folle, « combien avez-vous dansé de contre- « danses? » Nous passons rapidement sur lecours le plusieurs années Le duc ne prit au aune part aux troubles parlementaires ]ui agitèrent la Bretagne et la France lans les dernières années de Louis XV. 1 gémissait sur les dissensions de cette ipoquequi, précipitant les esprits dans in ordre d’idées nouvel les,donnèrent le iremier grandébranlementaux vieilles nstitutions de la monarchie, et firent vancer dans ses voies une révolution ésormais inévitable. Depuis long-temps éloigné des af- ires publiques, le duc, après l’avé- ement de Louis XVI, céda au vœu de eprince, et alla présider les états de retagne. Il partit avec la princesse de amballe, et arriva à Rennes le lende- ain du jour où le parlement venait être rétabli. Les temps étaient encore fficiles. Les discours du prince mon- èrent l’orateur dans l’homme de bien, es aimables vertus de madame de amballe eurent aussi leur influence, 'harmonie et l’union furent rétablies; la princesse fut bientôt après nom- ée sur-intendante de la maison de la ine. La succession du comte d’Eu, mort 1775, vint ajouter aux immenses maines du duc de Penthièvre, le mté-pairie d’Eu, le duché d’Aumale, duché de Gisors, les seigneuries de ernon, des Andelys, de Passy-sur- ure, la principauté d’Anet, les com- s de Brie et de Dreux, la terre de eaux et d’autres domaines. Le prince aimait à parcourir ses pos¬ sessions pour y faire du bien. Sa cor¬ respondance avec les principaux agens de ses affaires, est un monument ho¬ norable et curieux de sa bienfaisance plus inépuisable encore que ses ri¬ chesses. Je conserve précieusement un assez grand nombre de lettres et de notes, presque toutes écrites de sa main, et je regrette de n’en pouvoir citer ici que de très courts fragmens : « J’entends que les paroisses de cam¬ pagne de mes domaines engagés parti¬ cipent à mes aumônes, et il ne faut point attendre au mois de janvier pour secourir ceux qui ont besoin. S’il vous faut de nouveaux fonds, vous m’en demanderez. Il me tarde de voir les pauvres de ces domaines secourus; et pour cet effet de signer les ordonnan¬ ces du montant nouveau , etc. » — « Il faut, s’il vous plaît, m’avertir lorsque cette terre (de Chateauvillain), et mes autres terres ou domaines se trouve¬ ront dans le cas d’avoir besoin de se¬ cours. » — « Je le prie (M. du Coudray) de distribuer pour le mieux (à Eu), les six mille livres ù répartir en charités que je lui ai fait remettre, et de m’a¬ vertir si cette somme n’est pas suffi¬ sante. » — « Je commence à débrouiller ce qui regarde la caisse des charités. M. du Coudray me demandera des fonds pour les aumônes dans mes ter¬ res et domaines, quand les circon¬ stances le requerront. » — «J’ai re¬ marqué que le bailli de Chateauvillain avait passé quelques petits faux-frais, relatifs aux charités, sur les fonds des¬ tinés à cet usage. Je prie M. du Cou¬ dray d’avertir M. Lallemand (c’était le bailli), et toutes autres personnes chargées de distribuer les sommes pri¬ ses sur la caisse des charités, que mon intention est que les fonds destinés aux aumônes ne supportent pas une obole de frais, et tournent nsque ad ultimnm quadratum au profit des pau¬ vre , setc., etc. » L’Etat général des bois de Rambouil¬ let, Chateauvillain, Eu, Anet, Vernon, Tournan , Aumale, et Sceaux, était de cent un mille cinquante-quatre ar- pens. Les coupes annuelles produi¬ saient plus d’un million. Si l’on vent se faire une idée de la bienfaisance du](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b29328822_0001_0135.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)


