Essai sur les mystiques du quatorzième siècle, précédé d'une introduction sur l'origine et la nature du mysticisme : thèse présentée à la Faculté de Théologie de Strasbourg ... pour obtenir le grade de Docteur en Théologie / par Charles Schmidt.
- Schmidt, Charles
- Date:
- 1836
Licence: Public Domain Mark
Credit: Essai sur les mystiques du quatorzième siècle, précédé d'une introduction sur l'origine et la nature du mysticisme : thèse présentée à la Faculté de Théologie de Strasbourg ... pour obtenir le grade de Docteur en Théologie / par Charles Schmidt. Source: Wellcome Collection.
Provider: This material has been provided by The Royal College of Surgeons of England. The original may be consulted at The Royal College of Surgeons of England.
111/120 page 107
![tails sur les Amisde Dieu ; elle nous les représente comme des hommes bienfaisans, dont le mysticisme s’inspirait des idées de TaulerA Le prêtre Henri de Nœrdlingen était lui-même «grand ami de Dieu;» c’était une âme droite, et remplie d’amour, troublée par l’aspect des maux qui l’entouraient, et par l’idée de ses propres dé- fauts. Pauvre et fugitif, il a erré de ville en ville*; car la cause de Louis de Bavière était à ses yeux la cause de la justice, et, malgré l’interdit, il prêchait devant le peuple®. Sa seule consolation était l’amitié de la nonne Marguerite Ebner de Nuremberg (-]- 1351 ) et de sa sœur Christine, toutes les deux célèbres alors par leurs visions. La reine Agnès, fille d’Albert P', retirée au couvent de Kœnigsfelden, le secourait dans son indigence, en lui envoyant de temps à autre quelque somme d’argent. Une seule fois il y eut un instant lumineux dans sa vie de souffrances intérieures ; c’est l’accueil que lui fit le peuple de Bâle, après que Tauler l’eut appuyé de sa puissante au- torité. Le magistrat lui ayant permis de prêcher pendant quarante jours , il prêcha journellement, souvent même deux fois par jour, devant une foule innombrable, composée de bourgeois et de sei- gneurs. Bâle était excommuniée avec les autres villes de l’Empire; mais ainsi qu’à Strasbourg le magistrat avait refusé de priver le peuple du service divin ; c’est pour cela que Henri de Nœrdlingen trouva tant d’auditeurs’. Dès ce moment il disparaît, et avec lui les vestiges de l’association, dont nous ne pouvons que nommer quel- ques membres, tels que Conrade, abbé de Kaisersheim, le bour- ^ Celte correspondance a été publiée par Heumann, p. 331 et suiv. Malhenreusement il n’a pas dit d’où il l’a prise, et ne l’a pas même donnée en entier. — Tauler y est cité dans la lettre 6', p. 358; 11', 364; 57', 393. Tauler lui-même parle en plusieurs endroits de pareils amis de Dieu mystiques. — Le nom de Suso y revient très-souvent. 5 Nous le voyons successivement à Strasbourg, à Constance, à Augsbourg, à ülm, à Bâle. Pendant quelque temps il a été curé de l’église de Fessenheim. 6 76. , 365. Lettre 11. « Das volk gemaincklichen yst mir günstig, aher von der geistlichen per- sonen leid ich vil gifftiger stoss ,um das ich dick predigen und die leut mein gnad hand....)) Plusieurs fois il dut se défendre devant les évêques pour avoir prêché. 11b. 395, lettre 59. — Cf. aussi Alberti Argentin. Chronicon., 142, 143.](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b22474511_0113.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)


