Copy 1, Volume 1
Nouveaux élémens de physiologie / [A. Richerand].
- Anthelme Richerand
- Date:
- 1814
Licence: Public Domain Mark
Credit: Nouveaux élémens de physiologie / [A. Richerand]. Source: Wellcome Collection.
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![PROLÉGOMÈNES. *]& L’habitude de souffrir nous rend à la longue in¬ sensibles à la douleur; mais tout se compense ici- bas, et si l’habitude allège nos maux, en émous¬ sant la sensibilité, elle tarit également la source de nos plus douces jouissances. Le plaisir et la dou¬ leur, ces deux extrêmes des sensations, se rappro¬ chent en quelque manière , et deviennent indiffé- rens à celui qui en a contracté l’habitude. De là naît l’inconstance, ou plutôt ce désir insatiable de va¬ rier les objets de nos penchans, ce besoin impérieux d’émotions nouvelles, qui fait que nous goûtons avec tiédeur les biens que nous avons poursuivis avec le plus d’ardeur et d’opiniâtreté, et qui nous porte à abandonner les attraits dont nous étions captifs. Yeut'On un exemple frappant de la puissante influence de l’habitude sur l’action des organes : on le trouve dans ce criminel, qui, au rapport de Sanctorius, tomba malade au sortir d’un cachot infect, et ne guérit que lorsqu’il fut replongé dans l’air impur auquel il étoit depuis long-temps ha¬ bitué. Ce roi de Pont, si terrible aux Romains, dont il balança long-temps la fortune, Mithridate , tourmenté par la crainte de tomber vivant au pou¬ voir de ses ennemis , ne put se donner la mort, en prenant à grandes doses les poisons les plus actifs, parce qu’il s’étoit depuis long-temps accoutumé à leur usage (i). L’on n’a donc pas été trop loin, en (i) Cullen dit avoir vu des personnes tellement habituées à](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b29326667_0001_0097.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)


