Volume 1
Histoire des Celtes, et particulierèment des Gaulois et des Germains, depuis les tems fabuleux, jusqu'à la prise de Rome par les Gaulois / Par Simon Pelloutier.
- Simon Pelloutier
- Date:
- 1771
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Credit: Histoire des Celtes, et particulierèment des Gaulois et des Germains, depuis les tems fabuleux, jusqu'à la prise de Rome par les Gaulois / Par Simon Pelloutier. Source: Wellcome Collection.
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![qui s’efi: exprimé ainfi , n’a pas fait l’article dont je me plains. Quelle furieufe manie que celle de tronquer, de mutiler des Extraits pour y inférer des cliofes faillies ? Le troifième Livre de l’Hiftoire des Celtes n’eft pas la continuation de ceux qui le pré¬ cédant : celui-là contient VHifioire Èccléjïajlique des Gaulois : le premier & le lecond, au contraire, prélèntent leur Hifloire civile. J’ai donc cru qu’il falloit les féparer ; je me fuis déterminé à ce parti, parce qu’il y avoit différens petits Ouvrages de M. Pelloutier, épars çà & là, & ces Ouvrages avoient la plus grande relation avec l’/Zi/Zo/re civile des Celtes. D’ail¬ leurs quelques Auteurs avoient attaqué M. Pelloutier : il avoit réfuté leurs objections avec autant de folidité que d’exaCtitude. Pouvois-je penfer qu’il convînt de feparer des parties qui le prêtoient réciproquement tant de lumière? Troifième méprife : a M. Pelloutier s’étoit propofé de poulîèr fon Hiftoire julqu’au tems » où ce Peuple le partagea en plulîeurs branches, & de fe renfermer dans l’Hiftoire d’Al- » lemagne ; mais , dit l’Editeur , qui, fans doute , ignore que l’Auteur donna à cet Ouvrage » la dernière perfection, les lenteurs & la négligence de fon Libraire le dégoûtèrent de fon » entreprife. » L’Editeur n’a rien dit de femblable , rien qui en approche. N’eft-il pas fingulier qu’un homme qui lit avec alTez peu d’attention pour prêter à Jacques ce qu’a dit Paul, prétende s’ériger en Cenlèur? M. Formey a remarqué dans VEloge de M. Pelloutier que «des len- » teurs infinies firent traîner le fécond volume jufqu’en 1750. Il eft à préfumer, ajoute-t-il, » qu’en dégoûtant M. Pelloutier, elles ont contribué à nous priver du relte de l’Ouvrage qu’il » vouloir pouffer plus loin.» M. Formey n’ignoroit pas , fans doute, que l’Auteur avoit donné au troifième Livre la dernière perfection, puifqu’il obfèrve que « fa publication fut d’abord » retardée par les foins que l’Auteur voulut y apporter, par la réfolution qu’il avoit formée » de ne le laiffer fortrr de fon cabinet, <\\i’après y avoir mis la dernière main , enfuite par le » défagrément qu’il eut d’avoir un Libraire qui le féconda tout-à-fait mal. » M. Vlnterpo- lateur a dû lire cela dans VEloge de M. Pelloutier. Qu’a-t-il donc voulu dire, quand il a publié que ] ignore , fans doute , que l’Auteur donna à fon Ouvrage la dernière perfec¬ tion ? Prétendroit-il que M. Pelloutier a pouffé fon Hifloire jufquau tems oh elle commence à fe partager en plufieurs branches ? Prétendroit-il que l’Ouvrage, tel qu’il eft, eft parfait en lui-même ? Mais il a dû lire dans l’Eloge feit par M. Formey : «quoique l’Auteur n’ait pas » été au-delà de ces deux volumes, cet Ouvrage ne laiffe de former un tout complet, fort » préférable à tout ce qui avoit déjà paru fur ces matières.» M. le Cenfeur a donc voulu dire que M. Pelloutier avoit été auffi loin qu’il fe V était propofé. Il paroît fingulier qu’il veuille connoître mieux que M. Formey les Ouvrages de M. Pelloutier. Ces deux Académiciens ont véçu fous le même Ciel. : les liens de l’amitié les ont toujours unis : l’Académie de Berlin les a comptés au nombre de fes ornemens : M. Formey a fait l’Eloge de fon Confrère, de fon ami, de fon compatriote. Ne voilà-t-il pas bien des raifons pour croire qu’il n’en a parlé qu’en connoiffance de caufe ? Il nous affure ^ue « le défagrément qu’il eut d’avoir un Libraire, » qui le féconda tout-à-fait mal, a contribue à nous priver du refte de l’Ouvrage, qu’il vouloir » poufïèr plus loin. » Il n’y a perfonne qui n’en demeure perfuadé jufqu’à ce qu’on ait fait voir que M. Pelloutier a rempli le plan qu’il s’étoit tracé dans fa Préface , « qu’il a continué » fon Hifloire générale des Celtes, jufqu’au tems où elle commence à fe partager en plufieurs » branches, pour fe renfermer enfuite uniquement dans l’Hiftoire d’Allemagne ( qui en eft une » branche ). » Vous voyez, Meflîeurs, que j’ai raifon de me plaindre de ce qu’on a ajouté au premier Extrait de l’Hiftoire des Celtes. Si cela a été fait fans deffein, j’ai lieu de m’attendre que vous ferez imprimer cette Lettre dans votre Journal, auflî-tôt que vous l’aurez reçue. Je fuis, Meftieurs, très-parfaitement, votre très-humble & très-obéilTant fervitcur DB ChINXAC.](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b30414544_0001_0693.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)