Lettres de Pinel : précédées d'une notice plus étendue sur sa vie / par son neveu Casimir Pinel.
- Philippe Pinel
- Date:
- 1859
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Credit: Lettres de Pinel : précédées d'une notice plus étendue sur sa vie / par son neveu Casimir Pinel. Source: Wellcome Collection.
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![Je donne mon conscnlement pur et simple au m.iriaj^e de mon fils aîné, Philippe Pinel, avec demoiselle Jeanne Vincent, fille légitime de feu Jean Vincent et de Françoise Gindre, habitants de Gwingcy, département du Jura, entendant que ce mariage sera contracté suivant les formes civiles et ecclésiastiques. Fait à Saint-Paul, ce Je te prie de m'envoyer par la même lettre un extrait mortuaire de ma mère qui me devient aussi nécessaire. Cet extrait sera non-seulement signé du curé, mais encore de toi-même, qui, en qualité de maire, ajou- teras que tu certifies que M. Pinel est curé de Saint-Paul, et tu signeras Louis Pinel, maire de Saint-Paul. J'ai ici mon extrait haplislairc, qui m'a été envoyé dans une lettre. Je suis fâché de ne pouvoir l'envoyer, cette année, la Vedelle, parçe qu'elle n'est pas continuée sans doute à cause du petit nombre de sous- cripteurs. Vous recevez sans doute la Feuille villageoise toutes les se- maines, car j'ai pris un abonnement pour toute celle année ; ainsi, si l'on n''ctait pas exact à vous l'envoyer, vous n'avez qu'à me le marquer. Il y a apparence aussi que vous recevez le journal de médecine de M. Four- çroy, parce que je puis vous envoyer cet abonnement, étant un des col- laborateurs de ce journal. Maintenant les objets ne deviennent pas aussi intéressants, et il n'y a pas Ca'nt de nouvelles comme lors de l'Assemblée constituante; ainsi il suffit, pour être au courant, d'en recevoir une fois la semaine. Je suis étonné que les assignats perdent chez nous comme ils le font ; c'est certainement une suite des faux bruits que répandent ceux qui cher- chent à propager les troubles; mais ne pourrait-on pas remédier à cela, |)our les ouvriers, en faisant de petits billets signés par des personnes res- ponsables? Je suppose, par exemple, qu'une personne ait 50 ou] 100 écus en assignats de 5 francs; il n'y aurait qu'à faire cinq billets de 20 sols chacun ou dix billets de 10 sols signés de la personue, et alors l'ouvrier, en portant l'assignat de 5 francs, recevrait ces petits billets, qu'il ferait circuler pour acheter du pain ou autre chose. Lorsque le boulanger ou autre marchand aurait rassemblé assez de petits billets, il irait chez la personne qui les aurait signés pour les échanger contre les assignats. C'est ainsi que, dans plusieurs endroits, on a facilité les achats, et l'on est parvenu à se passer presque de la monnaie. Il faut un peu de patience et tout ira bien. Au reste, malgré les préparatifs et les bruits de guerre, les gens éclairés n'y croient pas, et il y a lieu de penser que la paix no sera point troublée. Cette lettre est autant adressée au curé qu'à toi. J'embrasse mon père, ma belle-sœur, et bien des choses à tous mes parents. Ton bon frère, Pinel. Lellrc du 1 juillel 1792. Dans cette lettre, écrite le soir môme, après avoir assisté à séance de rAssombléc législative, Pinel raconte ce qui s'est passé. O'! compte rendu est plus étendu et plus intéressant iiuc cy](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b22272082_0054.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)