Volume 2
Lettres de Gui Patin / Nouvelle édition augmentée de lettres inédites, précédée d'une notice biographique, accompagnée de remarques scientifiques, historiques, philosophiques et littéraires, par J.-H. Reveillé-Parise.
- Guy Patin
- Date:
- 1846
Licence: Public Domain Mark
Credit: Lettres de Gui Patin / Nouvelle édition augmentée de lettres inédites, précédée d'une notice biographique, accompagnée de remarques scientifiques, historiques, philosophiques et littéraires, par J.-H. Reveillé-Parise. Source: Wellcome Collection.
555/620 page 545
![fort et le coadjuteur, et fut pris le soir comme la souris I] dit tous les jours qu'il sortira au mois d’avril, mais jen doute fort. Onnarien fait qui vaille sur cette prison ,et de peur quil ne s’en fit beaucoup de mauvais, un arrét de la cour est in- tervenu, qui l’a defendu. S’il s’en fait quelque chose de bon, je ne vous oublierai pas. Le nombre des malades est ici fort dimi- nue depuis Noél, mais j'ai eu beaucoup d’emploi pour des consultations étrangeres qui m’ont été envoyées de diverses provinces. Depuis quinze jours , il fait ici fort beau, et peut-éfre trop pour les biens de la terre, qui poussent trop vite. Le roi et la reine sont revenus de Normandie, ow ils ont établi, par commission , M. le comte d’Harcourt pour gouver- neur. M. de Venddéme est aussi en Bourgogne. Maintenant on parle d'un voyage de Champagne, pour s’aller opposer au inaréchal de Turenne , a qui Lamboi a amené 4,000 hommes, outre qu’on dit qu’il a Brissac en sa puissance, s’il veut épou- ser la fille de défunt Erlac, et que madame la landgrave de Hesse lui envoie aussi des troupes. Tout cela fait contre le cardinal Mazarin, qui est menacé du dehors et du dedans , outre qu'il y a ici des honnétes gens, qu’on appelle des fron- deurs, qui sont conduits par MM. de Beaufort , le coadjuteur, madame de Chevreuse et autres , qui poussent contre lui tant quwils peuvent chez M. le duc d'Orléans, qui est aujourd’hui le seul arbitre de cette importante quereile. On m’a dit de bonne part que le Mazarin songe tout de bon a se retirer. Quoi que c’en soit, il se défie de sa fortune, et je m’estime mille fois plus heureux que lui , étant enfermé én bonne com- pagnie avec mes maitres muets, tandis que j’entends les danses et les violons chez nos voisins , qui se réjouissent du carnaval , et qui ne croiroient pas que le caréme fit venu, s’ils n’avoient fait les fous tous ces jours gras. J’avois eu dessein de vous envoyer, et a notre bon ami M. Spon, les Mémoires de M. de Sully, qu’on imprime en deux volumes in-folio; mais j’en ai sursis Vexécution, sur ce que Il. Oe)](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b33486645_0002_0555.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)


