Volume 2
Lettres de Gui Patin / Nouvelle édition augmentée de lettres inédites, précédée d'une notice biographique, accompagnée de remarques scientifiques, historiques, philosophiques et littéraires, par J.-H. Reveillé-Parise.
- Guy Patin
- Date:
- 1846
Licence: Public Domain Mark
Credit: Lettres de Gui Patin / Nouvelle édition augmentée de lettres inédites, précédée d'une notice biographique, accompagnée de remarques scientifiques, historiques, philosophiques et littéraires, par J.-H. Reveillé-Parise. Source: Wellcome Collection.
609/620 page 599
![lui avois mandés Wici, surtout qu’il se gardat bien de béau- coup d’embiiches qui se trouvént dréssées en Italie & des gens de son age, qui Sont ceux qué J. Lipse a déniiés dang ses épitres. Il w/a juré qu'il en étoit révetiu aussi sage qu'il y étoit allé , et je le crois, vu qu'il est homme d’honneti? et de bonne conscience. I] me dit qu’il ne m’avoit apporté ni chapelets ni indulgences , et qu’il croyoit que je ne m’amusois point a cela : je lui dis qu’il avoit fort bien fait, que je ne me servois point de l’un et que je ne croyois point du tout en l’autre, et que mon Juvénal m’avoit détrompé de telles bagatelles , ct la-dessus de rire bien fort , & quoi il se porte voloritiers quand je l'entretiens quelque quart d’heure. fl voudroit bien que j’al- lassé quelquefois diner avec lui, mais & peine ai-je le loisit de diner céans. Pour l’affaire du jeune Chartier, elle est toujours la: je ne sais si elle sera jugée aprés la Saiit-Martin , comme elle y a été renvoyée. La Faculté veut qu'il se soumette a la censure des députés, l’un desquels je suis, et lui fait ce qu'il peut pour en échapper, sachant bien quil en sera mau- vais marchand. Néanmoins c’est un pauvre et misérable hére qui i’en vaut pas 14 peine ; il n’a ni Sou ni souliers. I y a quinze ans qu'il plaide contre son pére, et maintenant il en veut faire autant a sa mére la Faculté; if en sera matvais marchand. S’il trouve moyen d’éluder notre décret au parle- ment, nous l’attraperons par une autre voie. Comme le len- demain de la Saint-Luc , il pensoit entrer aprés 1a niesse dans notre assemblée, il en fut chassé avec opprobre : c’est un petit fripon qui doit dix mille livres plus qu’il n’a vaillant, et qui est au bout de son rélet, redactus ad incitas. Ila fait suipprither son libélle selon l’ordonnance de la cour, il ne vaut pas le papier qu’il contient. Un certain Bressan avait fait des vers contre Muret; ce grand homie, au liew de sen facher, Ini envoya ces deux vers pour toute réponse : Brixia, vestrates gii@ condunt carmind vates , Non sunt nostrates tergere digna nates.](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b33486645_0002_0609.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)


