Volume 2
Lettres de Gui Patin / Nouvelle édition augmentée de lettres inédites, précédée d'une notice biographique, accompagnée de remarques scientifiques, historiques, philosophiques et littéraires, par J.-H. Reveillé-Parise.
- Guy Patin
- Date:
- 1846
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Credit: Lettres de Gui Patin / Nouvelle édition augmentée de lettres inédites, précédée d'une notice biographique, accompagnée de remarques scientifiques, historiques, philosophiques et littéraires, par J.-H. Reveillé-Parise. Source: Wellcome Collection.
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![devroient jamais mourir. Pour ce qui est du jeune Chartier, quia fait un livre en faveur de l’antimoine, je vous dirai que Cest la gueuserie qui le lui a fait entreprendre pour tacher d’en attraper quelque argent, car il n’a ni pain nisouliers. I] a huit procés notables contre son pére, contre la Faculté de medecine, qui est comme sa mére; contre sa femme, de la- quelle il est séparé; contre son beau-frére; contre la veuve Cousinot, a laquelle il doit 4,000 livres; contre une garce, a qui il doit 250 fr. de rente par an, pour la nourriture de deux enfants qu’il a avoué étre siens; contre une femme qui a été son hétesse , et & laquelle il doit beaucoup d’argent; et contre son ‘propre frére, pour un bénéfice qu’il lui a vendu et re- vendu a un autre. Il en a peut-étre bien d’autres que je ne sais pas. On dit tout haut dans Paris qu’il doit a Dieu et au monde. Il cherche du secours chez M. Vautier, qui n’a jamais fait du bien a personne, pas méme A ses propres ; il n’est pas jusqu’a son neveu, Jacques Cotin, qu'il n’ait laissé pendre a Chalons , l’an 1648, pour fausse monnoie. Gette connoissance ne redressera point ses affaires ; maisil faitcomme un homme qui se noie, il se tient et attache Ace qu'il peut. Je vous baise les mains, et suis, etc. De Paris , le 22 décembre 1681. LETTRE CCCCIII. — Au méme. Depuis celle que je vous ai écrite , J apprends que Montau- ron, le roi des partisans, est ici mort, et quiil a été enterré dans Saint-Gervais comme un prince. Avoir été partisan et avoir tant de torches apres Sa mort, n’est-ce pas le faire ca- noniser de bonne heure (1)? Le peuple de Paris en souhaite au- (4) La nouvelle était fausse, Montauron vivait encore. II s’agit ici de ce fastueux partisan, de cet effréné maltétier auquel Corneille dédia sa tragédie de Cinna; et sa dédicace est pleine d’éloges emphatiques. Pour des libéralités assez médiocres , Villustre poéte trouve 4 Montau-](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b33486645_0002_0613.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)


