Volume 1
Oeuvres complètes d'Ambroise Paré / revues et collationnées sur toutes les éditions, avec les variantes; ornées de 217 planches et du portrait de l'auteur; accompagnées de notes historiques et critiques; et précédées d'une introduction sur l'origine et les progrès de la chirurgie en Occident du sixième au seizième siècle, et sur la vie et les ouvrages d'Ambroise Paré, par J.-F. Malgaigne.
- Ambroise Paré
- Date:
- 1840-1841
Licence: Public Domain Mark
Credit: Oeuvres complètes d'Ambroise Paré / revues et collationnées sur toutes les éditions, avec les variantes; ornées de 217 planches et du portrait de l'auteur; accompagnées de notes historiques et critiques; et précédées d'une introduction sur l'origine et les progrès de la chirurgie en Occident du sixième au seizième siècle, et sur la vie et les ouvrages d'Ambroise Paré, par J.-F. Malgaigne. Source: Wellcome Collection.
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![ccct IttTRODtCtlOÜf. tion puissante, également enthousiaste des vieilles idées et de ses vietr* privilèges, la Faculté de médecine de Paris. En 1666 seulement, il se trouva une majorité de quatre-vingt-douze doeteurs qui donna gain de cause à l’antimoine. Or, l’antimoine, comme la saignée du temps de Brissot, c’était le drapeau des jeunes doctrines, c’était la causes du progrès ; de ce jour, Descartes eut gain de cause en médecine et presque aussitôt en chirurgie ; et une dernière édition de Paré, tentée par un libraire maladroit en 1685, eut si peu de succès, qu’à peine en connaît-on l’existence. Une autre cause qu’il ne faut pas omettre, entraîna dans la même ruine et l’école de Paré et le collège de Saint-Côme, qu’il avait élevé à un si haut degré de gloire. Nous avons vu déjà plus d’une fois dans le cours de cette histoire l’influence trop peu célébrée du sentiment moral et religieux sur le développement de la science ; et cette époque devait en offrir un nou- veau et bien remarquable exemple. Le premier principe de Paré, celui qu’il a mis en tète de tous les autres dans son avis au'lecteur, c’est que l'homme n'est point né pour soi seulement ; c’est cette loi naturelle, non écrite comme il le dit lui-même, mais gravée dans les cœurs]: Sois tel enucrs autrwj que tu voudrois qu'on fu4 à ton endroit. Une ardente cha- rité animait sa vie et illuminait toutes ses œuvres ; et ce fut là ce que les chirurgiens de Saint-Côme oublièrent le plus vite. Déjà, avant sa mort, ils avaient préludé par les querelles de 1577 à de nouveaux combats; sans autre but que leur intérêt, sans autre loi que leur égoïsme, ils cherchè- rent de nouveau à frauder la Faculté et à dominer le corps des barbiers. Bien plus occupés de leurs intrigues que de la science, ils n’avaient, pour soutenir l’honneur de leur collège, que la triste ressource d’y aggréger ceux d’entre les barbiers qui s’élevaient au-dessus des autres par leur savoir ; mais enfin , ils trouvèrent des hommes plus habiles qu’eux, et qui se sou- venant davantage des mépris dont on avait couvert leur ancienne profes-j sion que de l’honneur intéressé qu’on venait de leur faire , portèrent au collège de Saint-Côme un coup d’autant plus sensible qu’il était plus inat- tendu. A chaque barbier admis dans le collège, on imposait cette condition de quitter la barberie et d’en ôter les enseignes. Or, en 1610 et 1611, trois barbiers furent reçus, ayant pour noms Nicolas Habicot, Jacques de Mar- que et Isaac d’Allemagne , et ils arborèrent bien les enseignes de chirur- gien , mais ils continuèrent à tenir boutique ouverte de barberie. De là, des luttes intestines qui eurent pour résultat une requête au roi tendant à confondre en un seul corps les chirurgiens et les barbiers, première ten- tative qui échoua ; mais plus tard , les chirurgiens s’accoutumèrent A cette idée ; ils voyaient avec envie que les .barbiers avaient une double](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b22008020_0001_0358.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)