Traité des maladies de la moelle épinière / par J. Dejerine et André Thomas.
- Déjerine, J. (Joseph Jules), 1849-1917.
- Date:
- 1902
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Credit: Traité des maladies de la moelle épinière / par J. Dejerine et André Thomas. Source: Wellcome Collection.
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![Tabes arrête par_ la cécité. — T.abes bénin. — Lr rcl&tion cjui existe entre Tatrophic papillaire et la bénignité du tabes fut signalée pour la première fois par Bencdikt (1881j : « Il y a une forme dont le pronostic est éminemment favorable, c'est le tabes avec atrophie du nerf optique. » Plus tard, Benedikt formula une deuxième propo- sition (1887) ; « Une règle sans exception, c’est que les symptômes moteurs du tabes, quel que soit le degré qu’ils aient atteint, rétro- cèdent aussitôt que la maladie s’est compliquée d’atrophie optique. » La justesse de la jiremière proposition de Benedikt a été reconnue par Dejerine et Martin (1), et leurs conclusions résument nos connais- sances sur cette forme de tabes : « Il est rare de rencontrer un tabé- tique aveugle présentant les signes du second stade. Les tabétiques amaurotiques ne sont pour ainsi dire presque jamais atteints d’ataxie. Un ataxique incoordonné, du jour où est apparue l’incoordination, a de grandes chances de ne jamais devenir aveugle. Dans la majorité des cas, la cécité diminue ou supprime les douleurs. » Pour ce qui concerne la deuxième proposition de Benedikt, elle est plus vivement discutée : « Quant à prétendre que les troubles de la motilité une fois bien établis puissent rétrocéder par l’atrophie papillaire, nos observations ne nous y autorisent ])as. Quand un malade incoordonné a été pris d’amaurose, nous n’avons pas vu d’atténuation de Tataxie. Néanmoins une fois nous avons constaté le fait, mais il y a des rémissions dans le tabes, » (Dejerine et ^lartin.) L’amélioration de Tataxie est mentionnée par Bouchaud, Ingelrans. On a vu le réflexe patellaire reparaître après plusieurs années d’abolition chez un sujet atteint de tabès arreté par la cécité (Dejerine et Ingelrans), et sans qu’on puisse mettre cette réa[)parition du réflexe sur le compte d’une hémiplégie, comme le fait a été cons- taté par Goldflam, Debove, Blizzard, Baichline. Ce fait tend à démon- trer qu’il peut se produire une régression dans les troubles moteurs du tabes lorsque l’atrophie papillaire s’installe. Dans ces cas de tabes bénins, les lésions médullaires constatées à Tautopsie sont celles du tabes classique (Babinski, Dejerine), mais au stade initial. Actuellement, il est encore impossible d’expliquer cet arrêt dans la sclérose des cordons postérieurs, de même que la rétrocession des symptômes. Marie et Switalski (’2) distinguent deux formes de tabes avec cécité : le labes avec atrophie papillaire et Yalrophie papillaire des labéli- sants : la première forme comprend les tabétiques classiques offrant tous l’aspect du tabes avec ataxie, signe de Bomberg, troubles de la nutrition générale. Dans la deuxième forme, les malades ont un bon (1) J. Dejkiu.ne et J. Marti.n, Soc. de biologie, 22 juin 1889. — J. Martex, Th. de Berne, 1890. ^2) P. Marie et Switalski, Du tabes avee cécité {Congrès internat, de méd., Paris, 1900).](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b28133729_0387.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)


