Traité des maladies de la moelle épinière / par J. Dejerine et André Thomas.
- Déjerine, J. (Joseph Jules), 1849-1917.
- Date:
- 1902
Licence: In copyright
Credit: Traité des maladies de la moelle épinière / par J. Dejerine et André Thomas. Source: Wellcome Collection.
394/484 page 388
![la coexistence de la syringomyélie, hypothèse d’autant plus justifiée que des autopsies ont démontré la coïncidence de ces deux affections chez le môme individu, Uhyslérie s’associe quelquefois au tabes et plus souvent chez la femme que chez l’homme, mais elle ne saurait le simuler de toutes pièces : l’astasie-abasie des hystériques n’a rien de commun avec l’ataxie tabétique : au lit, les astasiques-abasiques exécutent avec les membres des mouvements tout à fait normaux. Chez certains neurasthéniques, les sensations d’angoisse rappel- lent d’assez près les douleurs en ceinture; et la basophobie se rap- proche de l’instabilité ou de la titubation des ataxiques; ils ont aussi des vertiges et leur puissance génitale est passablement affaiblie; quelques-uns, surtout ceux qui, connaissent le tabes, sont enclins à interpréter dans ce sens les sensations qu’ils ressentent. Les médecins, au premier chef, par conséquent, pourraient tout d’abord donner l’illusion d’ataxiques, mais à un examen plus complet, l’absence des signes fondamentaux du tabes évite toute erreur. ANATOMIE PATHOLOGIQUE. —L’atrophie des racines postérieures et la sclérose des cordons postérieurs, dont l’existence a été mise en lumière dès 1861 par Bourdon et Luys (1), sont aujourd’hui regardées encore comme les lésions principales et les plus constantes du tabes. C.ependanl les altérations des nerfs périphériques, qui, avaient tout d’abord été laissées dans l’ombre, ont acquis une importance de plus en plus grande; aussi, en raison de leur constance et de leur inten- sité, ont-elles été mises sur le meme plan que les lésions des racines rachidiennes; elles sont intimement liées au processus tabétique. A. Examen macroscopique. — L’atrophie des racines posté- rieures est visible à l’œil nu : à l’ouverture du canal dure-mérien, elles se présentent sous l’aspect de bandelettes aplaties, grêles, de coloration rosée, qui contrastentavec les cordons blancs et arrondis des racines antérieures : cette différence est surtout sensible au niveau de la queue de cheval, où les racines sont groupées en faisceaux. L’atrophie porte sur toute l’étendue de la racine, depuis son émer- gence du ganglion jusqu’à sa pénétration dans la moelle. Dans certains cas, ce sont les racines dorsales et lombaires qui sont les plus atrophiées, et après elles, les racines sacrées, mais l’inverse peut avoir lieu ; dans les cas de tabes cervical, ce sont les racines correspondantes qui sont le plus altérées. La moelle est diminuée de volume dans toute sa longueur, mais la réduction est plus prononcée pour la région dorsale et la région lombo-sacrée que pour la région cervicale, beaucoup plus nette pour sa moitié postérieure que pour sa moitié antérieure. Dans (]) Bourdon et Lu\s, ,lrc/i. gén. de inéd., 1861.](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b28133729_0394.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)


