Volume 1
L'art profane à l'église : ses licences symboliques, satiriques et fantaisistes. Contribution à l'étude archéologique et artistique des édifices religieux.
- Gustave-Joseph Witkowski
- Date:
- 1908
Licence: Attribution-NonCommercial 4.0 International (CC BY-NC 4.0)
Credit: L'art profane à l'église : ses licences symboliques, satiriques et fantaisistes. Contribution à l'étude archéologique et artistique des édifices religieux. Source: Wellcome Collection.
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![sru L A HT RELKilElJX lie feuilles, comme font les cuisinières pour les cailles bardées de lard ? Et pourtant, pourquoi roug'ir (rorg’anes naturels connus de tous, et à quoi bon les cacher hypocritement ? <( llien n est plus chaste que le nu » ; robscénité réside dans 1 intention du regard. Le Coran a raison : « h]tre nu n’est pas inconvenant, c est celui qui regarde des nudités qui commet le péché. » Les auteurs inspirés de la Bible, les Pères de 1 Eglise, les premiers champions de la théologie, les primitifs de Part chrétien, comme plus tard les prédicateurs osés du xvi® siècle, ne se gênaient pas pour exjorimer librement leurs pensées ; ils n'y mettaient aucune des formes exigées de nos jours par les ralïinements de la civilisation et surtout par l'invasion de la pudibonderie outrée d’outre-Manche ; car, s'il existe une supériorité des Anglo-Saxons sur les Gallo-Ro- mains, c'est assurément dans leur hypocrisie religieuse qu elle réside. Aussi les premières manifestations de l’énergie chrétienne passent- elles, à nos yeux pervertis et brouillés par la chassie de la pudeur, pour des grands écarts de langage, des gaillardises malvenues. L’abbé Auber, dans son étude sur le Symbolisme, rappelle l'histoire des anus d’or citée au premier livre des Rois: les Philistins, atteints d’une affection intestinale, imprécise, mais pénible et tenace, obtinrent leur guérison en offrant en sacrifice la partie où ils souffraient. L’ex-corroyeur saint Paul, dans son Epîlre aux Corinlhicns, a plus d'une fois recours au style énergique pour expliquer le mystère de l’incarnation du Verbe; saint Augustin, au Sermon 11, de virgi- nitale Mariæ, écrit crûment : « Inlumescunl ubera Virginis et intacta manenl genilalia malris. » Un passage scriptural du Père Jean Chrysostome n’est pas moins explicite ; voici en quels termes, aussi expressifs que laconiques, il s’étonne de la naissance humaine du Eils de Dieu : « Patri æqualem per Virginem venisse vulvani^. » Même réalisme en art : les premiers artistes chrétiens, toujours (1 après l’abbé Auber, ne s’embarrassaient pas de voiles ; les murs des catacombes reproduisent les Prophètes dans une complète nudité. (Jue de sarco ph âges de chrétiens, ornés de bacchanales païennes et de sujets profanes ou religieux, agrémentés de personnages nus (fig. 14 Jlnmil. II, in cap. I, Matth., n'](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b24886920_0001_0043.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)