Volume 1
Dictionnaire général de biographie et d'histoire : de mythologie, de géographie ancienne et moderne comparée, des antiquités et des institutions grecques, romaines, françaises et étrangères ... / par Ch. Dezobry, Th. Bachelet, et une société de littérateurs, de professeurs et de savants.
- Charles Dezobry
- Date:
- 1869
Licence: Public Domain Mark
Credit: Dictionnaire général de biographie et d'histoire : de mythologie, de géographie ancienne et moderne comparée, des antiquités et des institutions grecques, romaines, françaises et étrangères ... / par Ch. Dezobry, Th. Bachelet, et une société de littérateurs, de professeurs et de savants. Source: Wellcome Collection.
1428/1490 page 1410
![JACOBS (Frédéric), célèbre philolopnie, né à Gotha en 1764 , m. en 1847 , fit ses études au gymnase de sa ville natale , à léna et à Gœttingue, compta parmi ses maîtres Dœderiein, Schütz et Heyne, fut professeur à Gotha dès 1785, occupa, de 1807 à 1810, la chaire de littérature ancienne à Munich, fit l’éducation du prince royal de Bavière, et revint à Gotha comme directeur de la biblio- thèque ducale. L’Académie des Inscriptions et Belles- Lettres de France le nomma associé étranger, en 1835. On lui doit ; Specimen emendalionum in auclores veteres, ciim grœcos, tùm lalinos , Gotha, 1786 ; Remarques critiques sur Euripide, 1790, suivies de corrections sur le Florileqium de Stobée; Caractères des principaux poètes de toutes les na- tions , en allem., 1792-1808,8 vol. ou 16 parties; une édi- tion de Tzetzés, 1793; une traduction allemande de Velléius Paterculus, 1793, avec d’excellentes notes et une impor- tante introduction historique; Exercttationes criticce, 1796-7, 2 vol., observations critiques sur Euripide, Callistrate, et Philostrate; Anthologie grecque, 1794-1814, 13 vol. in-8®, son principal monument philologique; Anthologie de Con- stantin Céphalas, 1813-17, 3 vol. in-8®; Tempe, 1803, tra- duction allemande des principales épigrammes de l’Antho- logie grecque, reproduite plus tard, avec corrections, dans le 2® vol. de ses Œuvres mêlées ; Delectus epigrammatum græcorum , 1826, pour la Bibliotheca grœca de Gotha, dont il fut l’éditeur avec Rost; Chrestomathie grecque, 1805, 4 vol. , devenue classique en Europe ; Chrestomathie latine ( avec Dœring), 1808-26,6 vol. ; une traduction allemande des Discours politiques de Démosthéne, 1805 et 1833; Addi- tamenta animadversionum in Athencei Deipnosophistas, 1809; Lectiones Stobenses, 1827, supplément à l’édition de Stobée par Gaisford; des éditions des Amours de Leucippe et de Clitophon par Achilles Tatius, 1820 ; des Images et tableaux de Phile strate et des Statues de Callistrate, 1825 ; et de VHis- toire des animaux d'Elien, 1832 ; des traductions allemandes de Longus , Philostrate , Héliodore et Elien ; une descrip- tion des principaux manuscrits de la bibliothèque de Gotha ; des OEuvres mêlées, 7 vol., en allem., où l’on dis- tingue des Eludes sur HoYace, divers morceaux Sur les femmes grecques, Sur l'éducation des Grecs, etc.; enfin des Contes, 7 vol., et des romans d’éducation réunis sous le titre d'Ecole des femmes, 7 vol. in-8®. B. JACOBSTADT, v. de la Russie d’Europe (Finlande), à 90 kil. N.-E. de Wasa, petit port de commerce sur le golfe de Botnie; 1,500 hab. Export, de goudron et de bois. JACOPONE DE TODI, poète ascétique italien, m. en 1306, fut d’abord avocat; devenu veuf, il entra chez les Frères Mineurs. Par humilité, il se fit passer pour fou, et se laissa bafouer dans les rues. Retenu plusieurs années dans un cachot par ses supérieurs, il y composa des Can- tiques spirituels, Venise, 1617 , in-4®, pleins de verve et d’enthousiasme, mais que gâte souvent la subtilité des sentiments mystiques : il est l’auteur du Stabat mater, que d’autres attribuent au pape Innocent III. JACOTIN , ingénieur-géographe, né vers 1763, m. en 1827, fit partie de l’expédition d’Égypte, et devint, en 1800, chef de la section topographique au ministère de la guerre. Il dirigea VAtlas de l'Egypte et de la Syrie, en 52 feuilles, la Carte de la Corse, en 8 feuilles, et les cartes pour les Campagnes du maréchal Gouvion Saint-Cyr. JACOTOT (Jean-Joseph), auteur d'une méthode cé- lèbre d’enseignement, né à Dijon en 1770 , m. à Paris en ! 1840 , fit de brillantes études, et débuta par être à 19 ans j professeur d’humanités au collège de Dijon. En 1791, il s’engagea comme volontaire dans le bataillon de la Côte- d’Or, où ses talents le firent élire par ses camarades capi- taine d’artillerie. Il fut nommé en 1794 substitut du direc- teur des études de l’Ecole centrale des travaux publics, depuis appelée Ecole polytechnique, et passa de là à l’Ecole centrale de Dijon, où il enseigna successivement les langues, les mathématiques, et le droit, devint, pendant les Cent- Jours , députe de cette ville, et se retira à Louvain après 1815. Nommé lecteur de langue et de littérature fran- çaise à l’université de cette ville , en 1818, puis directeur de l’école militaire de Belgique, où il appliqua avec succès sa méthode d’enseignement, il rentra en France après 1830. Ce fut pendant qu’il professait à Louvain qu’il inventa sa méthode, appelée par lui Méthode d'enseignement universel, mais plus connue sons le nom de Méthode Jacotot. Son étrangeté lui valut pendant quelque temps une grande célébrité, et une grande vogue, passée aujourd’hui. Elle repose sur quelques paradoxes dont voici le sens général ; Toutes les intelligences sont égales; tout homme, tout enfant doué d’une volonté ferme, peut, en approfondis- sant un objet d’étude quelconque, et en y rapportant toutes les autres connaissances, acquérir sans maître la science universelle; l’aetion du maître doit se borner à stimuler la volonté ou l’attention, et à les diriger. Ce système, par lequel il prétendait émanciper les intelligences, et qui a eu des partisans enthousiastes, n’a jamais produit les résultats qu’on en promettait. On a de Jacotot : Enseigne- ment universel, Langue maternelle, Louvain, 1822, 1 vol. in-8®; Langue étrangère, ibid, 1823, 1 vol. in-8®; Musique, Dessin et Peinture, ibid., 1824, 1 vol. in-8»; Mathématiques, ibid., 1827, 1 vol. in-8®; Droit et philosophie panécastiques, Paris, 1837, 1 vol. in-8®. Il créa, pour propager sa doc- trine, un Journal de l'Emancipation intellectuelle. L—h. JACQUARD (Joseph-Marie), célèbre mécanicien, né à Lyon en 1752, m. en 1834, étaitfils d’un ouvrier àla grande- tire, et d’une liseuse de dessins. Il connut par lui-même, dés sa plus tendre enfance,_les souffrances du tireur de lacs. Sa santé se trouvant altérée par le genre de travail auquel son père l’avait soumis, il fut placé chez un relieur, où il continua à acquérir seul l’instruction élémentaire qu’on n’avait pu lui donner. 11 entra ensuite dans une fonderie de caractères, où il commença à montrer sa merveilleuse apti- tude pour la mécanique. Après la mort de son père, il établit une fabrique d’étoffes façonnées ; mais cette entre- prise ne réussit pas. Jacquard se trouvait parmi les défen- seurs de Lyon insurgés contre la République ; la ville prise, il s’enfuit, s’enrôla dans le l®' bataillon de Rhône-et- Loire , et partit pour l’armée du Rhin. La perte de son fils uni(]ue le ramena dans sa ville natale, où il retrouva sa femme, faisant, pour vivre, des chapeaux de paille tressée. A partir de ce moment, ayant mûri ses idées , il chercha à construire une machine pour remplacer la tireuse de lacs. En 1801, il présenta à l’exposition des produits de l’industrie nationale un modèle imparfait de sa machine, et obtint une médaille de bronze. Il perfectionna son mé- tier, et prit un brevet; mais son invention resta inappli- quée. Il remporta ensuite le prix proposé pour l’invention d’une machine destinée à faire des filets; et Carnot, alors ministre de l’intérieur, admirateur du talent de Jacquard , le plaça au Conservatoire des arts et métiers de Paris,, pour réparer les modèles de machines. Mais Jacquard, revenant toujours à sa première idée, retourna à Lyon, 1804, où il dirigea d’abord des ateliers. En 1806, il monta un métier de sa façon ; la ville acheta son privilège moyen- nant une pension de 3,000 fr., dont moitié réversible sur la tête de sa femme , en cas de survivance ; et il se réserva le droit de prélever une prime de 50 fr. par chaque métier qu’il établirait. Son invention fut mal accueillie d’abord, le conseil des prudhommes brisa son métier en place publique, et lui-même eut à souffrir plus d’une fois des mauvais traitements des ouvriers, qui ne voyaient dans le métier de Jacquard qu’un moyen de leur enlever du travail. Cepen- dant son métier, connu à Lyon dès 1805, mis en pratique dés 1809, fut généralement adopté dès 1812, où la ville comptait plus de 18,000 de ces métiers ; aujourd’hui il y en a plus de 30,000, et le nombre des ouvriers n’a fait qu’augmenter. Le métier de Jacquard a été adopté en Suisse, en Allemagne, en Angleterre, en Italie, en Amé- rique , et même en Chine. Quand l’expérience eut prouvé la bonté de l’invention , quelques villes manufacturières de France invitèrent Jacquard à venir organiser chez elles des ateliers de tissage. En Angleterre, la ville de Man- chester lui fit, dans le même but, les offres les plus avan- tageuses; mais Jacquard refusait, par esprit de patrio- tisme. En 1819, il fut nommé chevalier de la Légion d’honneur, et passa ses dernières années à Oullins. En 1840 , on lui a élevé à Lyon, sur la place de Sathonay , une statue, œuvre de Foyatier. V. JACQUE ou JACK, casaque militaire à manches en cuir de cerf doublé de toile. Elle se mettait par-dessus la cuirasse, et se laçait par devant. — espèce de cotte de mailles que, pendant le xvii® siècle, les duellistes trop prudents mettaient sous leur pourpoint. JACQUELINE, comtesse de Hollande, née en 1400, de Guillaume VI et de Marguerite de Bourgogne, m. en 1436, épousa, en 1415, Jean de France, duc de Tou- raine, puis dauphin, qui mourut 2 ans après, et succéda à son père en 1417. Mariée en secondes noces à Jean IV, duc de Brabant, elle fut dépossédée par son oncle Jean de Bavière, qui, malgré sa parenté, avait prétendu à sa main. Indignée de la lâcheté de son mari, elle l’aban- donna, et alla eu Angleterre épouser le duc de Glocester, 1423. Aidée des Anglais, elle avait déjà reconquis la Flandre et le Hainaut, quand le duc de Bourgogne, crai- gnant pour ses droits , marcha contre elle, la fit piûson- nière, et l’enferma à Gand. Elle s’évada en séduisant ses gardes En 1425, pendant qu'elle essayait de ranimer ses partisans, héritière de Jean de Bavière qui venait de mou-](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b24873512_0001_1428.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)


