Volume 1
Dictionnaire général de biographie et d'histoire : de mythologie, de géographie ancienne et moderne comparée, des antiquités et des institutions grecques, romaines, françaises et étrangères ... / par Ch. Dezobry, Th. Bachelet, et une société de littérateurs, de professeurs et de savants.
- Charles Dezobry
- Date:
- 1869
Licence: Public Domain Mark
Credit: Dictionnaire général de biographie et d'histoire : de mythologie, de géographie ancienne et moderne comparée, des antiquités et des institutions grecques, romaines, françaises et étrangères ... / par Ch. Dezobry, Th. Bachelet, et une société de littérateurs, de professeurs et de savants. Source: Wellcome Collection.
1443/1490 page 1425
![pable à Rouen, et parla mort de quelques-uns de ses com- pagnons. Philippe, frère de Charles le Mauvais, et le comte d’Harcourt appelèrent les Anglais. Jean le Bon fut vaincu à Poitiers par le prince de Galles, 1356, et em- mené prisonnier en Angleterre. Pendant sa captivité, la France fut dans l'an.archie : une tentative de réforme gou- vernementale par les états généraux de 1357 ( V. États GJîNÉUAUx ), où dominaient Robert le Coq et Etienne Mar- cel ( V. ces mots], les déprédations du roi de Navarre , qui avait recouvré la liberté, et le soulèvement de la Jacquerie ( F. ce mot] , signalèrent la régence du dauphin Charles. Une invasion infructueuse d’Édouard III en France amena le traité de Brétigny ( V. ce mot) qui rendit la liberté au roi, 1360. Jean érigea la Bourgogne en duché-pairie en faveur de son 4» fils, Philippe le Hardi, 1363, et retourna en Angleterre, sous prétexte que son fils, le duc d’An- jou , qui était gardé comme otage, s’était échappé, mais plus vraisemblablement afin de renouer des intrigues avec la comtesse de Sahsbury. Il y mourut. JEAN !«'■, duc de Bretagne de 1237 à 1286, né en 1217, fils do Pierre Mauclerc, fut excommunié par la cour de Rome pour avoir attenté aux privilèges des prélats, épousa Blanche, fille de Thibaut de Champagne, et suivit S‘ Louis à la croisade contre Tunis. JEAN II, duc de Bretagne de 1286 à 1305, fils du pré- cédent, né en 1239, épousa, en 1259, Béalrix, fille de Henri III d’Angleterre. Il périt écrasé à Lyon, lors du sacre dupape Clément V, par une muraille qui s’écroula. JEAN 111 le Bon, duc de Bretagne de 1312 à 1341, fils d’Arthur II, maria Jeanne, sa nièce, à Charles de Blois, eut des démêlés scandaleux avec Yolande, sa mère, et fut condamné à une amende pour avoir fait frapper de la mon- naie au coin du roi de France. JEAN IV de Montfort, frère du précédent, disputa le du- ché de Bretagne à Charles de Blois, que Jean III avait choisi pour héritier, 1341, fit hommage à Edouard III, roi d’Angleterre, dut se rendre au duc de Normandie, envoyé contre lui avec une armée par Philippe de Valois, et resta quatre ans prisonnier au Louvre. S’étant échappé, il passa en Angleterre, vint rejoindre sa femme Jeanne, qui conti- nuait la guerre avec un courage héroïque, ne put prendre Quimper, et mourut à Hennebont, 1345. B. JEAN V le Vaillant ou le Conquérant, fils du précédent, né en 1339, m. en 1399, fut élevé à la cour d’Edouard III d’Angleterre, dont il épousa une fille. Il battit Charles de Blois et Du Guesclin à Auray, 1364, et fut reconnu légi- time possesseur de la Bretagne par le traité de Guérande, 1365. Plus tard, après une petite guerre contre Charles V, il devint son allié fidèle. En 1383, il aida le comte de Flandre contre Ridiard II d’Angleterre. Dans ses der- nières années, il eut de violentes querelles avec le conné- table Olivier de Clisson. B. JEAN VI, duc de Bretagne , fils du précédent, entra, sous Charles ^ I, dans le parti des Armagnacs, puis fit al- liance avec le duc de Bourgogne et les Anglais , eut à se défendre contre le duc de Penthièvre que lui opposa Charles VU et qui le retint prisonnier pendant 5 ans, 1419-1424, fut délivré par ses barons, et flotta jusqu’à la fin de sa vie entre le parti anglais et celui de l’indépen- dance nationale. Il mourut en 1442, à 54 ans. B. JEAN d’armagnac. V. ARMAGNAC. JEAN DE BRIENNE. V. BRIENNE. JEAN DE FRANCE. V. BERRT (Jean, duc de). JEAN SANS PEDR, duc de Bourgogne de 1404 à 1419, né à Dijon en 1371, était fils de Philippe le Hardi, et porta d’abord le titre de comte deNevers. Il conduisit contre Ba- jazetP' une armée de croisés, qui fut battue à Nicopolis, 1396. Devenu duc de Bourgogne, il balança à la cour de France l’influence de Louis d'Orléans, frère de Charles VI, et s'appuya sur la bourgeoisie. Dans une assemblée des notables, 1405, il se fit donner l'administration du royaume: mais les discordes continuant, il fit assassiner Louis d'Or- léans, 1407, après l’avoir trompé par une feinte réconci- liation , et osa faire prononcer l’apologie de ce crime par le cordelier Jean Petit. En 1408, il alla réprimer une ré- volte des Liégeois. De retour à Paris, il s’allia avec les Cabochiens eontre les Armagnacs ; les excès qu'ils com- mirent le firent chasser, 1413, et lui inspirèrent un grand dégoût ; neutre dans la guerre avec l’Angleterre, 1415, de nouveau maître de Paris après le massacre des Arma- gnacs, 1418, blessé des exigences des Anglais, avec les- quels il essaya de traiter, il se rapprocha du dauphin Charles, et eut avec lui au pont de Moutereau une entre- vue , où il périt assassiné. Jean sans terre, roi d’Angleterre de 1199 à 1216, ainsi nommé de ce qu’il n’avait pas reçu d’apanage comme ses frères, né en 1166, m. en 1216, était le dernier fils de Henri II, et son favori. Il s’allia cependant avec les enne- mis de son père, et hâta sa fia. Régent d’Angleterre pen- dant que son frère Richard Cœur-de-Lion était à la 3« croi- sade, il dilapida les finances, et voulut usurper la couronne. Devec u roi, il égorgea son neveu Arthur de Bretagne, qui lui disputait le trône, 1203, fut cité pour ce crime par Phi- lippe-Auguste devant les pairs du royaume, refusa de com- paraître, et se vît enlever la Normandie, le Maine, l’Anjou, la Touraine et une partie du Poitou, 1204-1206. Sa lâcheté, les impôts dont il écrasait l’Angleterre, le scandale de ses mœurs, lui aliénèrent tous les esprits; la nomination d’un archevêque de Cantorbéry le brouilla avec Innoceut III, qui offrit sa couronne à Philippe-Auguste. Jean ne fit sa paix avec la cour de Rome que moyennant l’hommage et une redevance de 1,000 marcs d’argent. Une descente mal- heureuse à La Rochelle, la défaite de sou allié, l’empereur Othon IV, à Bouvines, 1214, amenèrent un soulèvement de l’Angleterre. Jean dut signer en 1215 la Grande-Charte ( V. ce mot)-, puis il prit les armes pour la détruire ; mais attaqué par les barons et le clergé, qui avaient appelé Louis, fils de Philippe-Auguste, il se retira dans l’île d» AVight, où il mourut. JEAN i«r, roi de Castille, 1379-90, né en 1358, d’Henri L (de Transtamarre), imita la sagesse et la modération dè son père dans l’administration, et fut surnommé le Père de la Patrie. Malheureux dans une guerre contre le Portugal, il ne put faire triompher les droits que son fils tenait de sa mère sur ce royaume. H. JEAN II, roi de Castille, 1406-1454, fils de Henri III, ne en 1404, eut pour tuteur Ferdinand, son oncle (depuis roi d’Aragon , 1410 ). Heureux dans ses guerres contre les rois d’Aragon et de Navarre et contre les Mores de Grenade, il ne sut point réprimer l’insolence de la noblesse, main- tenir la paix publique, et protéger contre ses ennemis son ministre Alvaro de Luna. Protecteur des lettres, il seconda la renaissance de la littérature espagnole. Il est le père d’Henri IV, son successeur, et de la célèbre Isabelle. H. JEAN I', roi d’Aragon, 1387-95, né en 1351, fils et suc- cesseur de Pierre IV, fut méprisé et ha'i de ses sujets , à cause de ses cruautés et de ses exactions. JEAN II, 2« fils de Ferdinand le Juste, roi d’Aragon, ne en 1397, m. en 1479. A la mort de Charles III, dont sa femme Blanche était la fille et l’héritière, il se fit procla- mer roi de Navarre, 1425 , devint roi d’Aragon et Sicile après son frère Alphonse le Magnanime, 1458, et régna sur ces 3 Etats jusqu’à sa mort. Son amlhtion amena de longues luttes entre lui et son fils, don Carlos de Viane , à qui le trône de Navarre aurait dû revenir en 1441, à la mort de sa mère. Le jeune prince ne prit pas d’abord le titre de roi, et se livra tout entier à la culture des lettres. Mais, en 1444, Jean épousa une seconde femme, Jeanne Henriquez, fille de l’amirante de Castille; et les mauvais traitements de cette marâtre furent l’origine d’une mésin- telligence attisée d’ailleurs par l’antique rivalité de deux familles navarraises, les Beaumont qui excitèrent don Carlos, et les Grammont qui soutinrent son père. Deux prises d’armes du prince de Viane échouèrent : vaincu et fait prisonnier â Aybar dans la première, 1452, battu à Estella dans la seconde, 1455-56 , et réfugié à Naples auprès de son oncle Alphonse V, il fut déshérité avec sa sœur Blanche au profit d’Eléonore, comtesse de Foix, leur sœur germaine , qui était restée fidèle au parti de son père, moins par amour filial que par ambition. Arrêté quand il revint en Espagne après la mort d’Alphonse, qui laissait à Jean II une nouvelle couronne, il vit les Cata- lans révoltés forcer son père à le délivrer et à le déclarer héritier de tous ses Etats , juin 1461 ; mais trois mois après il mourut de chagrin, suivant les uns, et, suivant les autres, d’un poison lent. Blanche, déshéritée de nouveau, 1462, fut.livrée au comte de Foix et à Eléonore, qui, après l’avoir tenue captive trois années, l’empoisonnèrent en 1464. En vain les Catalans cherchèrent à punir ces crimes, en appelant successivement le roi de Castille , Henri IV, ancien époux de Blanche, qu’il avait répudiée en 1453; l'infant de Portugal, don Pedro, René d’Anjou qui leur envoya son fils Jean de Calabre. Jean II, soutenu avec énei’gie par sa femme, qui mourut pendant ces guerres, 1468, vainquit ou vit mourir ses rivaux, et triompha des Catalans en 1472. Il chercha peu après à recouvrer le Roussillon et la Cerdagne, engagés en 1462 à Louis XI pour une somme d’ai’gent et quelques secours, et s’empara même de Perpignan, 1473; mais les Français la reprirent deux ans après. Par son testament, il laissa la couronne d’Aragon à son fils Ferdinand, né de son second mariage et associé au trône dès 1468 , et celle de Navarre à Eléo- 90](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b24873512_0001_1443.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)


