Volume 1
Dictionnaire général de biographie et d'histoire : de mythologie, de géographie ancienne et moderne comparée, des antiquités et des institutions grecques, romaines, françaises et étrangères ... / par Ch. Dezobry, Th. Bachelet, et une société de littérateurs, de professeurs et de savants.
- Charles Dezobry
- Date:
- 1869
Licence: Public Domain Mark
Credit: Dictionnaire général de biographie et d'histoire : de mythologie, de géographie ancienne et moderne comparée, des antiquités et des institutions grecques, romaines, françaises et étrangères ... / par Ch. Dezobry, Th. Bachelet, et une société de littérateurs, de professeurs et de savants. Source: Wellcome Collection.
1463/1490 page 1445
![servation intérieure, la direction constante de sa pensée, toute sa vie occupée de l’étude des phénomènes de l’àme, lui ont assuré ])armi ses contemporains. Si l’ensemble de ses doctrines n'offre ni une grande profondeur, ni beau- coup d’originalité , on admire avec quelle sagacité il a su démêler les faits les plus délicats de l’esprit humain, et avec quelle merveilleuse lucidité il les a décrits. Aussi, ce que d’autres avaient aperçu et dit avant lui, il paraît l’avoir découvert une seconde fois ; et s’il n’a pas étendu le domaine de la philosophie, il en a raffermi la base, en donnant pour solide fondement aux sciences philosophi- ques l’observation des faits de la nature humaine. Telle est la tâche que s’est proposée Jouffroy, et à laquelle il a consacré sa vie. Tous ses travaux tendirent à ce but; c’est la pensée intime de presque tous ses écrits, parmi lesquels il faut distinguer la Préface aux Esquisses de Dugald Stewart, plusieurs articles de ses Premiers Mélatiges, un Mémoire, dans les Seconds Mélanges, sur VOrganisation des sciences 'philosophiques. Après ce mérite, où il n’a pas d’égal, on doit signaler les succès et l’influence d’un en- seignement élevé, plein d’attrait pour les esprits graves et sérieux, p.articulièrement le Cours de droit naturel, mal- heureusement incomplet. La partie critique seule est ache- vée, et le reste se réduit à quelques vues théoriques. Quant à la philosophie même de Jouffroy, il suffit de dire qu’il est spiritualiste et donne de l’âme une preuve nouvelle, tirée de la conscience du moi et de sa personnalité. En mo- rale, il développe des vues analogues à celles du stoïcisme et de la morale kantienne, c.-à-d. très-élevées et très- pures. Il rattache fortement la morale à la religion natu- relle; il tire de l’insuffisance de la destinée actuelle la prouve d’une autre vie et de l’immortalité de l'àme. En tout ce qui touche à la philosophie, on a donc eu tort de l’accuser d’être sceptique. Ce titre ne peut pas même se justifier par les passages isolés de ses écrits, en particulier du Mémoire où il retrace à la manière de Descartes les diverses phases de sa pensée, les motifs et les procédés de sa méthode. B—d. JOUR CIVIL. La manière de compter le jour a varié suivant les nations : chez toutes il y a eu un jour factice appelé jour cïfïï, destiné à l'égler les relations d’affaires publiques ou privées : les Babyloniens, les Chaldéens, les Komains, le commençaient au lever du soleil; les Juifs et les Athéniens, à son coucher ; les Egyptiens, les Gaulois, à minuit. En France, et chez les modérnes en général, c’est encore l’usage de compter le jour civil d’un minuit à l’autre, et de le supputer p.ar 2 séries de chacune 12 heu- res, en distinguant les heures du matin , commençant tou- jours immédiatement après minuit, celles du soir, et celles de nuit. Cette division était aussi celle du jour effectif chez les Komains, qui le supputaient de 12 heures, et parta- geaient les 12 heures de nuit en 4 veilles. En Italie, dans plusieurs contrées, on partage le jour en 24 heures, comp- tées sans interruption d’un minuit à l’autre. JOUR DE l’an. V. ANNEE, et ETRENNES. JOUR NATAL, Natalis dies, anniversaire de naissance chez les anc. Romains. Celui dont c’était le jour natal commençait par honorer ses dieux lares, et particuliè- rement son Génie. Ses amis et ses parents venaient le fêter, lui apportaient un petit présent, et, s’il tenait mai- son, il leur donnait un souper en réjouissance de son anni- versaire. Après rétablissement de l’Empire , et dès Au- guste, l’usage vint de célébrer comme une fête publique le jour natal de l'Empereur, et même de ses enfants : ou donnait, à cette occasion, des jeux du cirque. C. D—y. JOURS FASTES ou NÉFASTES. V. Fastes. JOURS (GR.VNDS). V. GRANDS JOUES. JOURS (hauts). V. ÉCHIQUIER. JOURDAIN (Alphonse), ainsi nommé parce qu’il avait été baptisé dans le Jourdain, était fils de Raymond IV, comte de Toulouse. Dépouillé de ses Etats, en 1114, par Guillaume IX, comte de Poitiers, il les recouvra, en 1119, pcr.dant que ce prince était allé guerroyer en Aragon. Attaqué dans Toulouse par le roi Louis le Jeune, gendre de Guillaume, il obtint la paix en mariant son fils Raymond avec Constance, sœur du roi. Il fonda Montauban en 1144, prit part à la 2® croisade, et mourut en Palestine, 1148. JOURDAIN {Anselrae-Louis-Bernardbréchillet-), den- tiste et médecin, né à Paris en 1734, m. en 1816, inventa quelques instrumenta de chirurgie, un entre autres pour l’opération de la pierre. On a de lui : Nouveaux éléments d'ndonlalqie, Paris, 1756, in-12 ; Traité des dépôts dans le sinus maxillaire, 1760, in-12; Essais sur la formation des dents comparée à celle des os, 1766, in-12; Traité des mala- dies et des opérations chirurgicales de la bouche, 1778, 2 vol. iii-8®. Il a aussi écrit dans l’Année littéraire Je Fréron. JOURDAIN ( Amable-Louis-Mai-ic-Michel ), orientaliste, fils du précédent, né à Paris en 1788, m. en 1818, aiiprit les langues orientales sous S. de Sacy et Langlès. On créa pour lui la place de secrétaire-adjoint de l’école spéciale des langues orientales. Son principal ouvrage est intitulé : la Perse, ou Tableau de l'histoire, du gouvernement, de la reli- gion, de la littérature de cet empire, des mœurs et coutumes de ses habitants, 1814, 5 vol. in-18. Dans ce livre, composé d’après les auteurs originaux, il a fait preuve de grandes connaissances dans l’histoire littéraire de la Perse. Il a été l’un des collaborateurs de la Biographie universelle, des Annales des voyages, des Mines de l'Orient. On lui doit aussi des Itecherches sur l'origine des traductions latines d’A- ristote, 1819 et 1843, ouvrage couronné par l’Institut. Un autre Mémoire couronné, sur cette question : Quels sont, parmi les ouvrages des anciens philosophes grecs, et en parti- culier d'Aristote, ceux dont la connaissance a été répandue en. Occident par les Arabes ? n’a pas été publié. D. JOURDAIN, Jordanes, auj. Nnhr-el-Arden ou El Cheria, rivière de Palestine, qui sort de l’Anti-Liban ( dans le Dje- bel-el-Cheik actuel ), coule du N. au S., traverse le lae Samo- chonite ou Séméchonte (auj. El Houle), celui de Génésareth ou Tibériade ( auj. Tabarièh], et se jette dans la mer Morte ou lac Asphaltite. Cours de 280 kil. Il coupait la Pales- tine par le milieu, formait la limite des tribus de Neph- tali, Zabulon et Issachar, qu’il séparait de la demi-tribu orientale de Manassé, puis bordait la demi-tribu occiden- tale de Manassé et celle d’Ephraïm, qu’il séparait de celle de Gad, et la tribu de Benjamin, qu’il séparait de celle de Ruben. En temps ordinaire, les eaux du Jourdain sont claires, limpides, transparentes, bleues sous le reflet du ciel, et tièdes au toucher. JOURDAIN, petit pays de l’anc. France (Lomagne), où était rile-en-JourJain (Gers). JOURDAN (Mathieu JOUVE-), dit Coupe-Tête, né à St-Just près du Puy en 1749, m. en 1794 , fut successive- ment, avant la Révolution , boucher, garçon maréchal, contrebandier, soldat et palefrenier. En 1789, il était mar- chand de vins à Paris. A la journée du 6 octobre 1789, il tua deux gardes-du-corps. Plus tard , il se vanta d’avoir coupé la tête à Delaunay, gouverneur de la Bastille, ar- raché le cœur à Foulon et à Berthier. Il fit d’horribles exécutions dans le dép. de Vaucluse, et dirigea le mas- sacre de la Glacière à Avignon. Le Comité de salut public le livra au tribunal révolutionnaire, qui le condamna comme fédéraliste, et le fit exécuter le 27 mai 1794. B. JOURDAN (Jean-Baptiste, comte), né â Limoges en 1762, m. en 1833, partit à 16 ans pour la guerre d’Amé- rique , embrassa avec chaleur les principes de la Révolu- tion française, servit sous Dumouriez, parvint, en 1793, au grade de général de brigade, et, 4 mois après, â celui de général de division. Blessé à la bataille d’Hondschoote, il fut bientôt nommé commandant en chef de l’armée du Nord, établit une forte discipline, vainquit à Wattignies, fut disgracié, puis appelé au commandement de l’armée de la Moselle, ensuite à celui de l’armée de Sambre-et- Meuse, avec laquelle il remporta la victoire de Fleurus, et celle de la Roër, qui nous assura pour longtemps la rive gauche du Rhin. Le passage de ce fleuve, en septembre 1795, fit à Jourdan le plus grand honneur. La campagne de 1796, heureuse d’abord, cessa de l’être par suite de la mauvaise direction donnée par le gouvernement à l’ar- mée de Jourdan. Celui-ci obtint son rappel, et fut élu au conseil des Cinq-Cents, par lequel il fit voter la loi de la conscription.Én 1799, il commanda l'armée du Danube; mais ses premiers succès furent suivis de revers qui le firent rentrer en France. Réélu au conseil des Cinq-Cents, il refusa de seconder Bonaparte au 18 brumaire. Nommé par le premier consul administrateur du Piémont en 1800, il rendit à ce pays d’éminents services; maré- chal de l’Empire et grand-aigle de la Légion d’honneur en 1804, l’Empereur ne lui donna aucun grand comman- dement d’armée. Jourdan suivit, en 1808, en Espagne, le roi Joseph, qui l’avait demandé pour son major général, le consultait sur ses plans militaires, et souvent se déci- dait sans suivre ses avis. En 1814, Jourdan adhéra à la déchéance de l’Empereur; Louis XVIII le nomma pair de F’rance, et le continua dans le commandement de la 15e vision militaire qu’il avait alors. En 1815 , Jourdan offrit ses services à Napoléon, qui l’envoya â Besançon. 11 se soumit de nouveau au roi, après Waterloo, fut créé comte, gouverneur de la 7« division militaire en 1816, et pair de France en 1819. A la Révolution de juillet 1830, il eut pen- dant quelques jours le ministère des affaires étrangères, et, le 11 août suivant, Louis-Philippe l’appela aux fonctions de gouverneur des Invalides. C’est là qu’il est mort, aussi](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b24873512_0001_1463.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)


