Volume 1
Dictionnaire général de biographie et d'histoire : de mythologie, de géographie ancienne et moderne comparée, des antiquités et des institutions grecques, romaines, françaises et étrangères ... / par Ch. Dezobry, Th. Bachelet, et une société de littérateurs, de professeurs et de savants.
- Charles Dezobry
- Date:
- 1869
Licence: Public Domain Mark
Credit: Dictionnaire général de biographie et d'histoire : de mythologie, de géographie ancienne et moderne comparée, des antiquités et des institutions grecques, romaines, françaises et étrangères ... / par Ch. Dezobry, Th. Bachelet, et une société de littérateurs, de professeurs et de savants. Source: Wellcome Collection.
1470/1490 page 1452
![des magistrats chargés de faire la police , do maintenir la paix publique. Là, est l’origine des gardiens Je la paix de la vieille Angleterre. Ces magistrats tenaient leurs fonc- tions de l’iiércdité ou de l’élection. Edouard III changea cet ordre de choses : il choisit lui-même les Conservateurs de la paix, qu'il appela juges de paix, et leur donna une juridiction. Cette institution existe encore en Angleterre (F. Assises, Jury]. Les fonctions sont gratuites, et remplies souvent par de très-hauts personnages. Les divers juges de paix d’un comté e.xercent leur pouvoir dans tout le comté , et se réunissent souvent en tribunal. Ils sont officiers de police administrative et judiciaire, prononcent des jugements, dirigent des jurys.—La loi du 14 août 17t)0 voulut créer en France une institution analogue , mais elle est au fond tout à fait différente. Chaque canton a un juge de paix nommé par l’Empereur et rétribué par l’Etat. Il est chargé de concilier les parties, si faire se peut, de juger les aiîaires civiles peu importantes, et les contraven- tions de police , de prononcer sur toutes les actions per- sonnelles ou mobilières jusqu’à 200 fr. Pour toute somme qui ne dépasse pas 100 fr., son jugement est sans appel. Le juge de paix e.st, en outre, officier de la police judiciaire de son canton. L’institution des justices de paix est une des meilleures créations judiciaires de l’Assemblée consti- tuante. Ed. T. JUGEMENTS DE DIEU. F. Epreuves judiciaires. JUGEMENTS DE LA MEK. F. OLÉRON (RÔlesd'|. JUGEKE, Jugerum, mesure agraire des anc. Romains. C’était originairement l’étendue de terrain qu’une paire de bœufs, sous le joug, pouvait labourer en un jour. Le jugère valait, en mesures métriques, 25 ares 28 cen- tiares. C. D—T. JUGGURNAUT. F. Djaguernat. JUGON, ch.-l. de cant. (Côtes-du-Nord), arr. et à 24 kil. O.-S.-O. de Dinan, sur l’Arguenon; 569 hab. Quel- ques mines d’anc. fortifications. * JUGURTHA, roi de Numidie, il9-106 av. J.-C., fils illégitime de Manastabal. Son oncle Micipsa, roi de Nu- midie, l’avait élevé avec soin ; craignant son ambition pour ses propres fils Adherbal et Hiempsal, il l’avait en- voyé à Nuraance, d’où Jugurtha était revenu couvert de gloire; puis il s’était résolu à le déclarer son héritier, conjointement avec ses fils, 119. Dès l’an 116, Jugurtha égorgea Hiempsal. Adherbal, vaincu en voulant venger son frère, implora l’appui des Romains, dont les géné- raux se laissèrent corrompre à prix d’or, et fut tué à Cirtha. Traduit devant le peuple Romain, Jugurtha o.sa comparaître, et faire assassiner, dans Rome même, le jeune Massiva, qu’on aurait pu lui opposer. Chassé aus- sitôt, il s’écriait en s’éloignant : « Ville à vendre, il ne te manque qu’un acheteur. » La guerre, qu’on lui déclara, en 110, fut poussée avec vigueur par Cæcilius Métellus, puis parMarius. Vaincu malgré les secours des Gétules, il se réfugia chez son beau-père Bocchus, roi de Mauri- tanie, qui le livra aux Romains. 11 fut mené en triomphe à Rome, et jeté dans un cachot, où il mourut de faim. L’histoire de la guerre des Romains contre Jugurtha a été écrite par Salluste. B. JUIF ERRANT (Le), personnage célèbre dans les tra- ditions populaires. C’était un juif, nommé Ahasvérus, qui repoussa brutalement Jésus, au moment où, chargé de sa croix, il voulait se repo.ser devant sa maison ; il fut con- damné à errer éternellement sur la terre. Voy. au Suj>- plément. JUIFS, peuple célébré de l'Asie, issu de la race sémi- tique, désigné aussi sous le nom de peuple de Dieu, parce qu’il fut choisi entre toutes les nations pour recevoir et conserver le déjiôt sacré des vérités religieuses. Appelés primitivement Hébreux, du nom d’Héber, l’un des ancêtres d’Abraham, puis Israélites, du mot Israël, surnom donné à Jacob, les Juifs (lout^aTci, Judæi) ne reçurent cette der- nière dénomination qu’au temps de la captivité de Baby- lone, par la l'aison que les habitants du royaume de Juda furent soumis les derniers à la domination étrangère. — L’histoire de la nationalité juive peut se diviser en quatre périodes : 1» de la vocation d’Abrahara à la .sortie d’E- gypte ; 2® de la sortie d’Egypte à l’établissement de la royauté; 3® de l'étalilissement de la royauté au retour de la captivité de Babylone; 4® du retour de la captivité de Babylone à la ruine de Jérusalem par Adrien. — D® Pé- riode, 1996-1645 av. J.- C. L’origine du peuple hébreu re- monte à la vocation d’Abraham, qui, pour répondre à l’ap- pel de Dieu, quitta la Chaldée vers l’an 1996 av. J.-C., et vint habiter la terre de Chanaan, où devait se fixer plus tard la nation dont il fut le père. A la mort d’Abraham, avec qui avait commencé le gouvernement patriarcal, ce pouvoir passa à son fils Isaac, qui le transmit lui-même à Jacob, l’un de ses enfants, auquel il avait confère tous ses droits avec la bénédiction paternelle. Après avoir sé- journé et s’être marié en Mésopotamie, Jacob, qui, pen- dant son voyage, avait reçu le nom glorieux d'Israël, retourna dans le pays de Chanaan, et y devint le nère de 12 fils, dont dix étaient destinés, avec deux enfants de Joseph, à être les chefs des tribus du peuple de Dieu. Appelé ensuite en Egypte, où son fils Joseph s’était élevé au rang de premier ministre du Pharaon, Jacob s’éta- blit dans la terre de Gessen, avec toute sa famille, alors composée de 70 personnes (1729 av. J.-C.). Ses des- cendants s’y multiplièrent tellement, que les rois Egyp- tiens, effrayés de leur nombre, les soumirent à la servi- tude et aux travaux les plus rudes, et finirent par ordon- ner la mort de tous leurs enfants mâles. Mais Moïse, sauvé miraculeusement des eaux pour devenir lui-même le libé- rateur de sa nation, mit fin à son esclavage en la faisant sortir de l’Egypte, après avoir signalé par d'éclatants pro- diges la mission qu’il avait reçue de Dieu. — 2® Période, 1645-1080. Sous la conduite de Mo'isi, les Israélites se mirent en marche vers le pays de leurs ancêtres, qu’ils appelaient la Terre Promise, et commencèrent par traver- ser la mer Rouge , dont les eaux engloutirent l’armée égyptienne qui les poursuivait. Arrivés dans le désert, ils y passèrent 40 années au milieu des vicissitudes d’une vie nomade, et y reçurent de Dieu, au pied du Sina'i, cette loi admirable qui, renfermée dans le Décalogue et le Lévi- lique, devait être leur code religieux, civil et politique. A Moïse, qui mourut en 1605, Josué succéda dans le com- mandement des Israélites. Plus heureux que son prédé- cesseur, qui n’avait fait qu’entrevoir la Terre Promise, il y conduisit son peuple, et après avoir combattu les na- tions ennemies qui lui en disputaient la conquête, il par- tagea les terres et les villes entre les 12 tribus. Avec l'établissement définitif des Israélites dans le pays de Chanaan, commence véritablement l’ère do leur nationa- lité. 1580. Le gouvernement de Josué, empreint, comme celui de Mo'isc, d’un caractère tour à tour théocratique et guerrier, fut remplacé momentanément par celui de Caleb et des anciens, jusqu’à l'époque où les Israélites, tombés dans la mollesse et l’idolâtrie, furent soumis à plusieurs .servitudes. Alors parurent les Juges (F. ce mot], qui, suscités par Dieu ou choisis par le peuple, remplirent la difficile mission de gouverner des tribus indociles, que la plupart d’entre eux avaient eu la gloire d'arracher d’abord à la domination étrangère. L’admi- nistration des Juges, qui ne fut qu’une continuelle alter- native de revers et de triomphes, commença à Othoniel en 1554, et se termina en 1080, avec Samuel, à qui le peuple, fatigué de la judicature, ne cessait de demander l’établissement de la royauté. — 3® Période, 1080-536. Elu et sacré roi par l’ordre do Dieu, au nom de qui le nouveau pouvoir continuait d’être exercé, Saiil s’écarta de la voie dans laquelle il aurait dû marcher, et la couronne fut donnée à David, qui, à ses hautes qualités, joignit l’hon- neur d’être le chef de la famille d'où sortit plus tard le Messie, 1040-1001. Salomon, fils de ce prince, hérita des talents politiques comme du génie littéraire de David, et, par ses conquêtes ajoutées à celles de ses prédécesseurs, il étendit jusqu’à l’Euphrate et la mer Rouge les limites de son royaume, qui atteignit alors son plus haut point de gloire et de prospérité, 1001-962. Mais sous le règpie tyrannique de son fils, un schisme éclata entre les 12 tribus, dont deux, restées fidèles à Roboam, composèrent le royaume de Juda, tandis que les dix autres consti- tuèrent le royaume d’Israël, dont Jéroboam fut reconnu le chef, 962. Cette séparation violente, en divisant un peuple qui n’avait formé jusque-là qu’une grande famille, fut suivie des plus funestes résultats : religieuse aussi bien que politique, elle amena entre les deux Etats rivaux une longue suite de guerres qui préparèrent leur chute commune. Quoique Jérusalem, capitale du royaume do Juda, fût demeurée le centre du culte rendu au vrai Dieu, les princes qui y régnèrent suivirent trop souvent l’e.xem- ple des rois d’Israël, en se livrant à l’impiété et à l’idolâ- trie. Vainement quelques-uns, tels que Josaphat et Ezé- chias, essayèrent de relever la nation de son abaissement moral; Achab et Athalie trouvèrent plus d’imitateurs que ces pieux rois, et le châtiment, longtemps annoncé par les prophètes, atteignit tour à tour les deux royaumes d’Israël et de Juda. Le premier de ces Etats fut détruit, en 718 av. J.-C., par le roi d’Assyrie, Salmanazar, qui, après avoir pris Samarie, la capitale, emmena les habi- tants captifs à Ninive. Un siècle après, NabuchodonosoiTI, roi de Babylone, envahit aussi le royaume de Juda, et se](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b24873512_0001_1470.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)


