Volume 1
Dictionnaire général de biographie et d'histoire : de mythologie, de géographie ancienne et moderne comparée, des antiquités et des institutions grecques, romaines, françaises et étrangères ... / par Ch. Dezobry, Th. Bachelet, et une société de littérateurs, de professeurs et de savants.
- Charles Dezobry
- Date:
- 1869
Licence: Public Domain Mark
Credit: Dictionnaire général de biographie et d'histoire : de mythologie, de géographie ancienne et moderne comparée, des antiquités et des institutions grecques, romaines, françaises et étrangères ... / par Ch. Dezobry, Th. Bachelet, et une société de littérateurs, de professeurs et de savants. Source: Wellcome Collection.
1477/1490 page 1459
![Cil 1545 , m. en 1602, étudia le droit à Bourges , et les | belles-lettres à Genève. Après avoir été ministre de l’égiise I wnllone d'Anvers et professé la théologie à Heidelberg, ] il accompagna en France le duc de Bouillon qui se rendait ! auprès d’Henri IV, qui le chargea lui-même bientôt après d’une mission en Allemagne. Comme il passait par la Hol- lande, on lui offrit la chaire de théologie à Leyde. Il l’ac- cepta avec l’agrément do l’ambassadeur de France, et i l’occupa jusqu’à sa mort. .Junius était aussi savant que j modeste. Ses ouvrages sont très-nombreux, ei roulent pour la plupart sur la théologie ; les principaux sont : une Version latine de la Bible, conjointement avec Tremellius, Franc- fort , 1575 et suiv. ; une édition et traduction latine de George Codinus, de Ojficinlibus palalii Conslantinopolitani, Francfort, 1588, ouvrage alors publié pour la première fois; Variœ lianes et notœ ad Manilii astronomicon libri T, ln-8», 1590, etc. C. N. JDNius (François), fils du précédent, né à Heidelberg en 1589 , m. à Windsor en 1677 , vint en 1620 se fixer en Angleterre , où il fut pendant 30 ans bibliothécaire du comte d’Arundel. Il était très-savant dans les langues du Nord. On a de lui : Traité sur la peinture des anciens, Amst., 1637 , in-4» ; des Observations, en latin , sur la Paraphrase franque du Cantique des cantiques par l’abbé Willeram, Amst., 1655, in-8® ; une édition de la paraphrase des quatre évangiles gothiques dits le Manuscrit d'Argent, parce que les lettres y sont de cette matière, à laquelle il joignit un glossaire gothique et l’ancienne version anglo-saxonne de ces mêmes évangiles, éclaircie par les notes de Thomas Wareschal, Dordrecht, 1665, ou Amst., 1684, in^»;un Glossaire de cinq langues septentrionales, publié par Lye, Oxford, 1745, etc. C. N. JllNiDS , pseudonyme sous lequel furent publiées à Lon- dres, dans le Public Advertiser de 1769 à 1772, des Lettres politiques très-violentes contre le ministère de lord North. Ces lettres, dont les meilleures éditions ont paru à Lon- dres, 1796, 2 vol. iu-8®; 1812,3 vol. in-8“, et à Edimbourg, 1822, in-8®, et qui ont été traduites en français, 1791, et 1823 par J.-T. Parisot, 2 vol. in-8®, sont attribuées avec le plus de vraisemblance à sir George Sackville , ou à sir Ph. Francis , secrétaire de lord Chatham ; on en a encore fait honneur à BurUe, Hamilton , Ch. Lloyd , Hugh Boyd, Glover, lord Temple, lord Grenville, W.-H. Beu- tinck , Almon , Young, Gibbon, etc. JO'ius iîRCTüs, pseudonyme. V. langcet. JUNIVILLE, ch.-l. de cant. (Ardennes), arr. et à 15 kil. S.-S.-E. de Réthel, près de la Retourne; 1,450 hab. JUNKSEYLON. V. Djonkseylon. JUNON, fille aînée de Saturne et de Rhéa, sœur et femme de Jupiter, née à Argos ou à Samos , élefte, selon Homère et Hésiode , par l’Océan et Téthys, selon d’autres, par les Heures, ou par les trois filles du fleuve Astérion , ou par l’Arcadien ’Téménos. Les noces de Jupiter et de Junon furent célébrées avec magnificence ; tous les dieux du ciel et de la terre s’y rendirent; une seule nymphe, Chéloné, y manqua , et fut changée en tortue. De leur ma- riage naquirent Hébé et Vulcain. Des traditions posté- rieures donnèrent encore à Junon deux autres fils, Mars et Typhon, nés tous deux de la déesse seule. Le trait principal du caractère de Junon, c’est la jalousie. Elle traite cruellement les divinités ou les mortelles que son mari lui préfère : lo , Latone, Callisto , Sémélé , Alcmène, éprouvent ses vengeances ; elle poursuit Hercule , le fils d’Alcmène, pendant toute sa vie, et ne l’admet qu’à grand’peine dans le ciel. Elle avait cependant daigné l’allaiter; m.tis l’enfant lui mordit si fortement le sein, qu’elle le rejeta brusquement, et son lait, jaillissant dans l’espace, y traça la Voie lactée. Aussi orgueilleuse que ja- louse, elle punit Sidé, Cassiopée, Anaxibie, les Prœtides, qui osent se comparer à elle, et dispute , aux noces de Thétis et de Pélée, le prix de la beauté à Vénus et à Mi- nerve. Vaincue par le jugement de Paris, elle voue une haine éternelle à la famille de Priam, et poursuit les Troyens jusque dans l'Italie : de là le rôle qu elle joue dans Homère et Virgile. Plus tard , dans les poètes des 11® et III® siècles , elle reste encore fidèle à la même haine, et prend parti contre les Romains descendants d’Ênée. Avec ce caractère, Junon ne pouvait gruère vivre en bonne intelligence avec Jupiter. Le ménage divin fut souvent troublé, et, suivant Homère, le roi des dieux appesantit plus d’une fois sa main sur sa femme. Un jour même qu’elle avait osé conspirer contre lui avec tous les dieux, Jupiter, aidé de Téthys et du géant Briarée , la saisit, la suspendit par une chaîne d’or entre le ciel et la terre, avec une lourde enclume à chaque pied, et ne la délivra que sur les instances des dieux. Junon préside aux mariages ; elle en protège la sainteté. C’est la déesse des chastes matrones, contrairement à Vénus, la déesse des courti- sanes. Le culte de Junon était très-répandu dans la Grèce. Son temple le plus célèbre était situé entre Argos et My* cènes : on y voyait une statue gigantesque de la déesse, œuvre de Polyclète. Près de ce temple, on célébrait tous les cinq ans les Hérées. A Samos , son temple joui>sait du droit d’asile. Son culte n’était pas moins répandu en Italie. On l’honorait aussi à Carthage et en Espagne. Ses attributs sont le voile, le diadème, le sceptre, le paon, le coucoti. P. JUNONS, génies tutélaires des femmes chez les anc. Romains. Les matrones juraient par leur Junon, comme les hommes par leur Génie. JUNONIA, ile. V. Erythea. JUNONIS ruoMONTORiUM , nom anc. du cap Trafalgar. JUNOT (Andoche), duc d'Abrantés, né en 1771 à Bussy- le-Grand (Côte-d'Or), m. le 29 juillet 1813 , s’engagea en 1792, et montra une valeur si impétueuse, qu’on le sur- nomma la Tempête. Attaché au chef de bataillon Bonaparte, au siège de Toulon, il le suivit plus tard en Italie et en Egypte, où il fit admirer sa bravoure, devint aide de camp du grand homme, qui le nomma commandant de Paris, général de division, Grand-Aigle de la Légion d’honneur, et, en 1805 , ambassadeur à Lisbonne. Il re- joignit la grande armée, et se distingua à Austerlitz. Chargé d’envahir le Portugal en 1807, il prit Lisbonne, et sa brillante conduite dans cette campagne lui valut le titre de duc d’Abr.mtès et le poste de gouverneur du Por- tugal. La bataille de Vimeiro, qu’il perdit contre les An- glais , le 30 août 1808, lui fit conclure la convention de Cintra, qui lui attira la disgrâce de Napoléon. Junot repa- rut successivement au siège de Saragosse , dans la cam- pagne d’Allemagne en 1809 , en Espagne et en Portugal, 1810, en Russie, 1812, en Illyrie enfin, comme gouver- neur général. Les douleurs que lui causaient ses anciennes blessures, et les chagrins i)olitiques, dérangèrent bientôt ses facultés mentales. Ramené chez son père à Montbard il se précipita par une fenêtre, et mourut de sa chute.—S femme a laissé des Mémoires. V. Abrantès. J. T. JUNQUIËRES (Jean-Baptiste de), lieutenant de la ca- pitainerie des chasses de Senlis, né à Paris en 1713 , m. eu 1786, est auteur de plusieurs poèmes burlesques : T Elève de Minerve, ou le Telémaque travesti, 1759, 3 vol. in-12; Epitre de Grisbourdon à Voltaire, 1756, in-8®; Caquel-Bonbec, ou la Poule à ma tante, 1763 , in-12. JUNTE (les), en italien Giunta, famille célèbre d’im- primeurs, issus de Lyon, selon Baillct, vinrent s’établir à Florence et à Venise vers le milieu du xv« siècle. Ils tenaient le 2® rang en Italie après les Manuce. Philippe Junte, né à Florence en 1450, y imprima de 1497 à 1517. Léon X lui avait donné un privilège de 10 ans pour l’im- pression des auteurs grecs et latins, avec menace d’excom- munication contre les contrefacteurs.—Bernard, un des fils de Philippe, imprima jusqu’en 1551. Toutefois tous ses livres, à l’exception de deux, portent la formule apud Junlas, jusqu’en 1531 ; à partir de là, ils ne portent plus que le nom de Bernard.—Philippe, dit le Jeune, succéda à Bernard en 1551, et mourut avant 1604.—.Modeste, fils de Philippe le Jeune, fut imprimeur à Venise jusqu’en 1642. —Parmi les Juntes de Lyon, on distingue Jacques, qui imprima en 1520, et dont les héritiers paraissent de 1561 à 1570 , et même en 1.592. C. N. JUNTE, en espagnol Junta, c.-à-d. réunion, nom donné d’abord, en Espagne, au conseil royal du commerce et an conseil d’administration des tabacs, puis étendu aux di- vers conseils administratifs, au.x assemblées politiques des provinces, et même quelquefois aux Cortès. JUPILLE, Jobii villa, v. de Belgique, prov. et à 16 kil. E. de Liège ; 2,200 hab. Exploit, de houille. Clouterie, quincaillerie, papeterie. Pépin d’Héristal y mourut. JUPIN, nom donné quelquefois à Jupiter par les poètes français. JUPITER, Dieu suprême des Grecs et des Latins, dont la légende s’est enrichie d’âge en âge par les fictions des poètes et le mélange des légendes étrangères. Fils de Rhéa et de Saturne, qui, suivant le traité fait avec les Titans ses frères, dévorait ses enfants à mesure qu’ils naissaient, il est sauvé par sa mère, qui présente à Saturne, au lieu de son fils, une pierre emmaillottée. On le fait naître tour à tour à Messène, à Olènes, à Eges, à Thèbes en Béotic, sur une montagne d’Arcadie, mais surtout eu Crète, où il est élevé, tantôt par la chèvre Amalthée, tantôt par des nymphes filles du roi Crétois Mélissus, mais le plus sou- vent par les Curètes et les Corybantes, qui dansaient au bruit des cymbales et des tambours pour empêcher Saturne d’entendre les cris de son fils. Cependant les Titans ap-](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b24873512_0001_1477.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)


