Volume 1
Dictionnaire général de biographie et d'histoire : de mythologie, de géographie ancienne et moderne comparée, des antiquités et des institutions grecques, romaines, françaises et étrangères ... / par Ch. Dezobry, Th. Bachelet, et une société de littérateurs, de professeurs et de savants.
- Charles Dezobry
- Date:
- 1869
Licence: Public Domain Mark
Credit: Dictionnaire général de biographie et d'histoire : de mythologie, de géographie ancienne et moderne comparée, des antiquités et des institutions grecques, romaines, françaises et étrangères ... / par Ch. Dezobry, Th. Bachelet, et une société de littérateurs, de professeurs et de savants. Source: Wellcome Collection.
19/1490 page 5
![ABE ABE de Nantes, m. en 1142. Destiné par sa naissance à la cav- rièie des armes, il préféra se consacrer aux luttes de la dialectique qui passionnaient alors les esprits. Dès l’âge de 16 ans, il va d’école en école, défiant et battant élèves et maîtres; à Paris il se fait disciple de Guillaume de Champeaux, et devient bientôt pour son maître un terrible adversaire. Agé de 22 ans, il lui oppose une école établie d’abord à Melun, puis à Corbeil, puis à Paris et où afflue la .jeunesse de toute l’Europe. C’était le moment de la que- relle des réalistes et des nominalistes ; Abélard paraît s’être placé enti-e les deux systèmes, et avoir soutenu que les Idées générales ne sont nî de simples mots [flahis vocis), ni des êtres réels et indépendants, mais des conceptions fixes et nécessaires de l’esprit, système intermédiaire qu’on a nommé conceptualisme. Abélard fut quelque temps distrait de ses goûts philosophiques par sa passion pour Héloise, nièce du chanoine Fulbert. Il se fit confier l’éducation de la jeune fille, et bien qu’il eut 39 ans, et elle 17, il lui in- spira une vive passion et la séduisit ; découverts, ils s’en- fuirent en Bretagne. Abélard, en épousant Héloïse, crut apaiser Fulbert; mais bientôt celui-ci se vengea par une atroce mutilation. Héloise prit le voile au couvent d’Ar- genteuil, et son époux entra dans le cloître de Saint-Denis. Mais bientôt il rentre dans la lice ; il ouvre une nouvelle école, et poursuivant l’application de la dialectique à la théologie, il donne un Traité sur la Tiinité qui fut attaqué, et condamné par le concile de Soissons (1122|. Itepoussé par les moines de Saint-Denis, il se retira près de Nogent-sur-Seine, et se bâtit un ermitage qu’il nomma Paraclet (consolateur). Une foule de disciples vinrent peu- pler cette nouvelle Thébaide. Plus tard le Paraclet devint un couvent dont Héloïse fut l’abbesse. Au monastère de SaintGildas, près de Vannes, Abélard ne fut pas plus heureux qu’à Saint-Denis ; il y vo\ilut introduire plusieurs réformes, qui lui firent de violents ennemis. D’autres malheurs l’attendaient encore : accusé d’hérésie, il sou- tint au concile de Sens, devant le roi Louis VH, une lutte fameuse contre Saint-Bernard qui, en portant la question sur le terrain de l’autorité, ferma la bouche au subtil dialecticien. Abélard, condamné par le concile et par le pape Innocent II, se retira auprès de l’abbé de Chmy, Pierre le Vénérable, qui le réconcilia avec Saint- Bernard, et ses'dernières années se passèrent dans les exer- cices de la piété. Ce qui fait la véritable importance d’Abé- lard, c’est qu’il commença à proclamer l’indépendance de la philosophie ; sans le savoir, il tend à en faire une puis- sance rivale de la religion ; c’était la conséquence inévi- table de l’esprit de controverse qu’il voulait introduire dans les questions religieuses, et ce fut ce qui arma Saint- Bernard contre lui. Ses œuvres ont été publiées à Paris, en 1616, par Fr. d’Amboise, 1 vol. in-4®. Le 5® vol. de Martène, Thésaurus noms Anecdotorum, contient sa Théologie chrétienne. M. Cousin a publié en 1836 des traités inédits d’Abélard, Dialectica, Sic et non, etc. et, en 1849, le 1®''vol. d’une édition complète de ses œuvres, in-4®. Les lettres d’Héloïse et d’Abélard ont souvent été publiées à part. Les lettres d’Abélard, froides et raides dans leur sévérité scolastique, font un contraste choquant avec la passion naïve et touchante de celtes d’Héloïse. Ce recueil est de- venu populaire au xviii® siècle par les vers de Pope et de ses imitateurs français. Il a été traduit en prose par Dom Gervaise, 1723 et 1799, et par M. Oddoul, avec un Essai historique par M. et M“® Guizot, 1837, 2 vol. in-8® et 1853 en 1 vol. in 8®. Les travaux les plus importants sur Abé- lard sont ceux de M. Cousin dans ses Fragments de Philoso- phie Scolastique, 1 vol. in-8®, 1840, et de M. de Rémusat : Abélard, 2 vol. in-8®, 1845. D—r. ABELIN (Jean-Philippe), historien, né à Strasbourg, m. en 1646, a publié, sous le nom de Gottfried ou Gotho- fredus, une foule d’utiles écrits historiques : Théâtre euro- péen, en allemand, Francf., 1662-1738, 12 vol. in-fol.; le l®*’ vol. est de lui; c’est l’histoire de l’Europe de 1617 à 1629; les 17®, 18®, 19® et 20® tomes du Mercurius Gallobel- yicus, en latin, histoire de l’Europe et surtout de la France de 1628 à 1636 ; le 12® vol. de VHistoire des Indes Orientales, en latin, Francf., 1628, fol., rare, etc. ABELLA ou AVELLA , v. de l’anc. Italie (Campanie), auj. Avella Vecchia. Ses noisettes ou jIreKnes étaient célèbres. ABELLINUM, v. de l’anc. Italie (Samnium) chez les Hirpins; auj. Avellino. ABELLY (Louis), théologien français, né en 1603, m. en 1691, curé de S*-Josse, à Paris, puis évêque de Rodez, a laissé une Vie de St Vincent de Paul, réimprimée à Paris en 1823, 5 vol. in-12, et d’autres ouvrages peu connus, entre autres la Moelle théologique, qui l’a fait appeler par Boileau le moelleux. Il fut l’ennemi des Jansénistes. ABELONISTES, ABÉLITES, secte d’hérétiques qui faisaient vœu de chasteté dans le mariage. Ils parurent au IV® siècle de J.-C., habitaient un bourg près d’Hippone, et prirent leur nom de ce que, comme Abel, fils d’Adam, ils n’avaient point de postérité. ABEN, signifie, dans les langues sémitiques, fils. ABENAQÜIS, peuple indigène de l’Amérique du N., de la famille lennape. On en trouve, au N. des Etats- Unis, mélangés avec les Mohicans et les Mohawks. ABENCËRAGES, puissante tribu maure du royaume de Grenade. Le dernier roi, Boabdil, en massacra, dit-on, 36 dans l’Alhambra, vers l’an 1485, à l’instigation des Zé- gris, tribu rivale, qui accusaient l’Abencérage Aben-Ha- mad d’adultère avec la l’eine Duraxa; le page de l’un d’eux put avertir et sauver les autres. Il n’est question de ce fait et des luttes entre les deux factions que dans le roman des Guerres civiles de Grenade par Perez de Hita, Saragosse, 1595. Quoi qu’il en soit, on montre encore la salle du mas- sacre. V. les Aventures du, dernier Abencérage, par Chateau- briand. Conde, dans son Histoire de la domination des Arabes en Espagne, traite de fable ces récits. ABENDRÛTH (Amédée-Auguste), né à Hambourg en 1767, mort en 1842, fut maire de la ville pendant l’occu- pation française, 1810, et chef de lapolice pendant celle des troupes allemandes et russes, au printemps de 1813; il travailla dans ces difficiles circonstances à tous les intérêts de ses concitoyens. ABEN-ESRA, rabbin espagnol, né à Tolède en 1119, m. en 1174, voyagea presque toute sa vie, écrivit à Cor- doue son livre Des Êtres animés, où il prouve l’existence de Dieu par la merveilleuse structure des êtres. En France et en Italie, il composa un Commentaire sur les différentes parties de la Bible (Venise, 1526), sur le Talmud, et des ouvrages sur l’astronomie. Il parcourut plusieurs provinces de l’A.sie, notamment la Palestine; visita l’Angleterre, puis revint à Lucques, et mourut à Rhodes. Il a commenté les Ecritures avec une indépendance d’esprit remarquable à son époque. D. ABENSBERG, A&ensperpa, Aventinum,v. de Bavière, à 22 kil. S.-O. de Ratisbonne, près de l’embouchure de l’A- bens, qui l’arrose, dans le Danube; 1,194 hab. Ane. ré- sidence des comtes d’Abensberg; quelques restes de VAbu- sena ou Arusena des Romains. Victoire des Français sur les Autrichiens le 20 avril 1809. ABENSPERG et TRAUN, maison comtale d’Autriche, remonte au xiv® siècle. Un seigneur de Traun ( château de l’anc. Marche bavaroise, auj. Autriche), se distingua à Crécy. Ferdinand III donna le titre de comte à Ernest de Traun en 1653. Le comte Othon reçut de Léopold I®r, en 1705, la dignité de grand-banneret de l’archiduché d’Au- triche , qui s’est conservée dans la première des deux branches actuelles de cette famille : le comte François- Xavier, né en 1804, possède auj. les domaines de Traun et Petronell ; le chef de la 2® ligne est le comte Othon, seigneur de Bi.samberg, Schweinbarth, Pockfliesz, etc, ABEONA, divinité romaine à qui l’on se recommandait en partant en voyage [abire]. On se recommandait au retour à la déesse Adeona {adiré}. ABER, ouverture, préfixe de plusieurs noms géogra- phiques anglais, indique la position à l’embouchure d’une rivière : Aber deen , embouchure de la Dee. ABERBROTHWICK. V. Arbroath. ABERCONWAY, v. d’Angleterre. V. Coxway. ABERCROMBY (Sir Ralph), général anglais, né en 1738, d’une ancienne famille écossaise, entra de bonne heure au service, se distingua dans les Antilles en 1795, en Irlande en 1798, reçut le commandement de l’armée anglaise chargée d’aller en Egypte combattre les Fran- çais, débarqua le 8 mars IJîOl à Aboukir, s’avança contre Alexandrie, fut attaqué dans ses retranchements, le 21 mars, par le général Menou, et reçut une blessure dont il mourut à Naples. — Son fils Jacques, lord Dunfermline depuis 1839, est né en 1776. — Le fils du précédent. Ralph, était en 1849 ministre d’Angleterre à Florence. ABERDALGIE, vge d'Ecosse (comté de Perth), sur l’Earn, pêche considérable de saumon. Le 12 août 1332, Édouard IH et John Baliol y vainquirent complètement le comte de Mar, régent d’Écosse ; c’est la bataille dite de Dupplin; 500 hab. ABERD ARE,' v. d’Angleterre (comté de Clamorgan) dans le pays de Galles, à 8 kil. S.-O. de Merthyr-Tydvil; 3,961 hab. en 1831; 6,471 en 1841; 15,000 en 1860, grâce à l’exploitation croissante de la houille et du fer. ABERDEEN, v. d’Écosse, cap. du comté de ce nom, à 190 kil. N.-E. d’Edimbourg; port à l’embouchure de la Dee dans la mer; principale ville du N. de l’Écosse ; vica-](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b24873512_0001_0019.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)


