Médecine et santé à Mayotte et dans sa région du XIXe siècle à nos jours / une production du Service éducatif des Archives départementales de Mayotte ; dossier pédagogique réalisé par Patrick Boissel ; coordonné par Latufat Abdoul-Kader.
- Mayotte. Archives départementales. Service éducatif.
- Date:
- 2013
Licence: In copyright
Credit: Médecine et santé à Mayotte et dans sa région du XIXe siècle à nos jours / une production du Service éducatif des Archives départementales de Mayotte ; dossier pédagogique réalisé par Patrick Boissel ; coordonné par Latufat Abdoul-Kader. Source: Wellcome Collection.
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![Une tournée médicale à Anjouan en 1954 Rapport < Cette tournée d’information était doublée d’une tournée du médecin inspec- de la tournée teur destinée à déterminer par des sondages le degré d’impaludation des villages tra- effectuée les 17 et versés. À ce propos, bien que les chefs aient été prévenus par le chef de canton, bien 18 mai1954 Que nous ayions pris la précaution de nous faire précéder dans chaque village par | dans le canton es émissaires, dans aucun nous n’avons trouvé la population infantile rassemblée d’Ouani à Anjouan comme nous l’avions demandé. Aucun des chefs n’a eu suffisamment d’autorité pour FE Dre rassembler les enfants ; chaque fois il fallut aller les chercher un à un, les parents et Hareimbo). °° décidant à les amener que lorsqu'ils eurent bien compris qu'il ne s'agissait pas RE de vaccination. Une telle carence des chefs est infiniment regrettable, en particulier à Jimilimé où il n’a même pas été possible de trouver les lépreux mentionnés par le docteur Garrouste lors de sa précédente tournée. ( JIMILIMÉ [...] L'état sanitaire de la population est très médiocre. Sur 100 enfants examinés, 70 ont une grosse rate. Plusieurs cas de pian sont décelés. Il n’est malheureusement pas possible de retrouver les lépreux que le chef de village prétend décédés. Certains habitants sont décidés à laisser le docteur pénétrer dans leurs cases pour déceler les malades, d’autres s’y refusent absolument. Le ton de la discussion monte assez rapidement. Finalement, la demande d’envoi d’un infirmier présentée au docteur se heurte à la condition d'amener les lépreux au dispensaire de Missiri. Le chef de village finit par s’y engager. { BONGASERA Arrivée vers 18 heures. Comme précédemment les enfants ne sont pas réunis. Leur rassemblement peut toutefois s'effectuer assez rapidement grâce au chef de village. Létat sanitaire est bien meilleur qu'à Jimilimé, malgré un grand nombre d’otites. 20 % seulement des enfants sont atteints de spléno-mégalie. altitude, l'absence d’eau et de végétation peuvent expliquer cette moindre impaludation. { MOIOU Là non plus le rassemblement des enfants n’est pas fait. Létat sani- taire est sensiblement le même qu’à Bongasera. Spléno-mégalie : 20 %, quelques brûlures et infections diverses, la population est dans l’ensemble robuste. Accueil cordial du chef, des notables et du “foundi Abdallah”, le plus connu des sorciers d’Anjouan. C’est lui qui aurait fondé le village. Il prétend avoir 90 ans et avoir vécu avant l’arrivée des Européens. Son influence sur la population demeure grande. [...] [...] Une seule question semble vraiment les préoccuper : celle de leur eau de bois- son. La rivière qui dessert le village est la Tatinga. Pendant la campagne du sisal, ses eaux se chargent de débris de sisal qui causent divers troubles intestinaux. L'échantillon qu'ils présentent est effectivement très souillé. Ils demandent d’inter- venir auprès du directeur de Dziani pour qu’une solution soit apportée à ce problème. Ils avaient récemment adressé la même demande au député et au conseiller de l’Union française, apparemment sans résultat. [...]](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b3222297x_0076.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)