Médecine et santé à Mayotte et dans sa région du XIXe siècle à nos jours / une production du Service éducatif des Archives départementales de Mayotte ; dossier pédagogique réalisé par Patrick Boissel ; coordonné par Latufat Abdoul-Kader.
- Mayotte. Archives départementales. Service éducatif.
- Date:
- 2013
Licence: In copyright
Credit: Médecine et santé à Mayotte et dans sa région du XIXe siècle à nos jours / une production du Service éducatif des Archives départementales de Mayotte ; dossier pédagogique réalisé par Patrick Boissel ; coordonné par Latufat Abdoul-Kader. Source: Wellcome Collection.
90/120
![va se sentir cet homme. On n'arrivera pas à le soigner quels que soient ses symptômes, quelle que soit sa maladie. On n'arrivera à le calmer que s'il y a un traitement culturel qui est fait, le Shidjabu /...]. Quand il va voir le fundi, il lui dira que ce n'est pas un hasard si tous ces événe- ments arrivent en même temps [...]. Et il lui dira qu'il a raison. [...] Un médecin occidental [...] aura trouvé une solution à la Succession des événements. C'est une solution culturelle. Donc, il y a beaucoup de souffrance d'origine culturelle [.…...] qui fait que pour arriver à calmer la douleur elle-même, à calmer l'angoisse, il faut ce traite- ment culturel tout en continuant le traitement médical. » 56 Cérémonie de rumbu (1985). + LaAmBECK Michael, Knowledge and practice in Mayotte - Local discourses of Islam, sorcery and spirit A PDOSSESSiON. ©. S. Solway. choix de thérapies à Mayotte, il convient de souligner lomniprésence des plantes. Presque tous les thé- rapeutes y ont recours. En dépit des bienfaits des plantes médicinales, les professionnels de la médecine moderne préviennent contre les effets non connus des plantes, et alertent sur le danger de posologies aléatoires. À ce jour, aucune étude scientifique des plantes n’a été menée à Mayotte. Cependant, pour une meilleure imprégnation de la médecine moderne, l'administration et le per- sonnel de santé ont dû rechercher la collaboration des guérisseurs et ainsi délimiter les domaines pour chaque praticien. Dans les années 1930, Jean Manicacci (administrateur adjoint aux Comores) critique la médecine traditionnelle et ses effets : « Les matrones comoriennes, aidées des sorciers, bénéficient de cet état de choses et l’entretien- nent par des pratiques superstitieuses qui Se conjuguent avec les pratiques néfastes de leur prétendue profession. » 5? C’est pour cela qu'il propose que « /es dispositions prises ou à prendre ne soient opérantes que dans la mesure où l’on utiliserait un personnel d’origine como- rienne, parfaitement adapté et au courant de préjugés, des usages, des coutumes et du dialecte local de l’Archipel. [...] Le malade ne devra plus avoir ni la possibilité ni le goût de](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b3222297x_0090.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)