Médecine et santé à Mayotte et dans sa région du XIXe siècle à nos jours / une production du Service éducatif des Archives départementales de Mayotte ; dossier pédagogique réalisé par Patrick Boissel ; coordonné par Latufat Abdoul-Kader.
- Mayotte. Archives départementales. Service éducatif.
- Date:
- 2013
Licence: In copyright
Credit: Médecine et santé à Mayotte et dans sa région du XIXe siècle à nos jours / une production du Service éducatif des Archives départementales de Mayotte ; dossier pédagogique réalisé par Patrick Boissel ; coordonné par Latufat Abdoul-Kader. Source: Wellcome Collection.
96/120
![infirmier également. Il est un des premiers infir- miers formés à Madagascar. Lui s’est spécialisé beaucoup plus en biologie. Chakrina était notre premier technicien de laboratoire. [...] On a tra- vaillé ensemble à l'hôpital de Dzaoudzi où il y avait l'embryon du laboratoire d'analyse médi- cale, nous n'avions pas encore de médecin ou de pharmacien biologiste mais c'est Chakrina qui nous apportait ses connaissances pour les examens complémentaires. » La mise en place de structures de formation pour le personnel médical « Quand j'étais directeur de l'hôpital de Mamoudzou-Dzaoudzi, j'ai créé un centre de for- mation du personnel: des aides-Soignants, des auxiliaires de puériculture, des infirmiers et sages-femmes locaux. [...] J'ai fait appel à des monitrices et des formateurs. Je participais pendant plusieurs années à la formation de ces infirmiers, de ces aides-soignants. J'ai mis ça en place en 1977. C'était la première structure de- venue, en 2001, l'Institut français en soins infirmiers (lfsi). Le ministère a accepté que ça devienne un lfsi en 2001. [...] Mais les gens que nous avons formés ont leur diplôme d’aide-soi- gnant national ! On a tenu, ce sont des jeunes Mahorais pour la plupart, qui étaient arrivés à la fin des 3, certains [...]'en 27%, d'autres en 1°. Ils passaient le concours d'admission dans ce centre de formation. [...] Je crois que ça a été une bonne chose [...] parce que c'était deux di- plômes: aide-soignant et infirmier local ou aide-soignant et sage-femme locale. Les textes ont permis [...] que les aides-soignants ayant exercé pendant trois ans ou plus dans un hôpital public pouvaient, par formation interne, préparer soit une formation en alternance, parce qu'on n'avait pas encore l'Ifsi, soit entrer en Ifsi par CONCOUrS interne. » La lutte contre les maladies endémiques « J'ai mis en place [...] la lutte contre les grandes endémies. J'avais mis en place avec l'Etat français et le gouvernement du Territoire des Comores une organisation qui s'appelle le Service de santé de base et des grandes endé- mies (SSBGE). Il y avait quatre grandes maladies : le paludisme, la tuberculose, la lèpre et la fila- riose. [..] La lutte contre le paludisme consistait en des pulvérisations d’insecticide et des distri- butions hebdomadaires de nivaquine. On avait des agents recrutés pour faire le tour des villages pour distribuer toutes les semaines de la niva- quine, surtout aux petits enfants [...]. IIS n'existent plus maintenant parce que le paludisme a beaucoup chuté. [...] On expliquait aux gens que la tuberculose se transmet, donc qu'il y a une certaine hygiène. On isolait les gens qui avaient la tuberculose et on les traitait avec des médicaments très coû- teux, à l'hôpital. [...] Mais, surtout, on vaccinait au BCG. Les gens deviennent plus résistants et donc la tuberculose a beaucoup régressé à Mayotte. La lèpre, surtout du côté de Koungou et de Passamainty, a touché beaucoup de gens. Parce que jusqu'en 1958, il y avait une léprose- rie à l'île M'bouzi. Donc on soignait les lépreux avec un traitement également spécifique. La filariose, c'est le trendre, un moustique, le culex, qui transmet la filaire d'une personne malade à une autre personne. | Donc, on avait ces quatre grandes endé- mies. On a ouvert un service dans l’ensemble des quatre îles pour s'attaquer à ces maladies. Dans ce SSBGE, on a mis également les vaccins. [...] 1! y avait des gens qui mouraient de téta- nos, de poliomyélite, de la diphtérie, de Ja coqgueluche. [...] On vaccinait les enfants et les adultes, notre priorité étant d'améliorer les conditions sanitaires. » 65](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b3222297x_0096.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)