Volume 1
Dictionnaire de medecine / par MM. Adelon, Beclard, Biett, ... [and others].
- Date:
- 1821-28
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Credit: Dictionnaire de medecine / par MM. Adelon, Beclard, Biett, ... [and others]. Source: Wellcome Collection.
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![ALI On a beaucoup discuté pour savoir s'il n’y avait qu’une seule matière nutritive, si elle était la même dans tous les cas, ou s’il y en avait plusieurs. Beaucoup de médecins célèbres, à la tète desquels il faut placer Hippocrate, se sont déclarés pour la pre- mière opinion; Lorry ]>ensait que le mucilage était cette partie essentiellement nutritive. On a cru devoir descendre dans de longs détails d’analy.,e chimique des substances diverses qui entrent dans notre compo- sition , et faire voir que cette composition était identique dans presque tous les cas, et analogue dans la plupart, avec celle des (démens que nous prenons, pour en conclure que le principe nu- tritif était très-varié, n’était point uniforme. Je ne pense pas que ces observations .soient fort concluantes; car il suffit, pour les détruire , de j>enser qu’un seul des principes immédiats des végé- taux ou des animaux, quelque peu d’analogie qu’il ait avec notre jiropre matière, suffit pour entretenir la vie. Après la digestion d’un aliment qui ne contient point d’albumine, on en trouve Ce- })endant dans le chyle , etc.; ainsi ce n’est point par leur analogie avec notre substance que les végétaux nourrissent, ce n’est pas par ce qu’il y a de l’albumine dans une substance qu’il s’en forme chez nous, mais c e.st par un travail de l’organisation qui nous échappe. Il est bien vrai de dire que les alimens nourrissent plus, sont plus faciles à digérer, exigent moins de travail de la part de nos organes, à mesure qu’ils se rapprochent plus de notre nature; mais il n’en faut pas moins une altération préalable : l’al- bumine ne fait immédiatement pas l’albumine; la gélatine ne fait pas la gélatine, etc. ; mais les principes de ces substances sont altérés, décomposés par l’acte de la digestion pour êti-e recom- posés, redoués de la vie, et servir à notre réparation. S’il en était autrement, il faudrait trouver dans nos alimens exactement les mêmes principes qui nous composent, et certes il n’en est pas ainsi : on sait bien qu’on peut se nourrir long-temps avec une meme substance, et qu il se forme au dedans de nous de l’ammoniaque, de l’acide urique et une foule d’autres matières qui n’entrent jamais dans nos alimens. Ce u’est pas que je pense que le piincipe alibile soit toujours le même, et surtout qu’il soit un corps simple; ou ne peut avoir aucune certitude à cet égard; les travaux des chimistes ne nous ont pas encore éclairé sur ce point ; mais je crois que chaque aliment contient plus ou moins de piincipes nutritifs, que nos organes combinent dans diverses](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b21713789_0001_0570.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)