Volume 1
Dictionnaire universel de medecine, de chirurgie, de chymie, de botanique, de pharmacie, d'histoire naturelle, etc / Précédé d'un discours historique sur l'origine et les progres de la medecine. Traduit de l'anglois ... par Mrs Diderot, Eidous et Toussaint. Revu, corrigé et augmenté par M.J. Busson.
- Robert James
- Date:
- 1746-1748
Licence: Public Domain Mark
Credit: Dictionnaire universel de medecine, de chirurgie, de chymie, de botanique, de pharmacie, d'histoire naturelle, etc / Précédé d'un discours historique sur l'origine et les progres de la medecine. Traduit de l'anglois ... par Mrs Diderot, Eidous et Toussaint. Revu, corrigé et augmenté par M.J. Busson. Source: Wellcome Collection.
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No text description is available for this image![1 DISCOURS] trop fédentaire , ôc de voir rarement des ma¬ lades. Cependant il avoit embraffé toutes les par¬ ties de la Medecine : il avoit cultivé la Chirur¬ gie à l’exerrtple des Médecins qui l’avoient précédé. Il paroîr même avoir été autant har¬ di Chirurgien qu’il fut Anatomifte impitoya¬ ble , s’il eft vrai , comme on le dit, qu’il ait dilféqué des hommes vivans. Dans le skirre au foie , ôc dans toutes les tumeurs auxquelles ce vifcere eft fujet, on lit dans CæliusAurelianus qu’Eraliflrateincifoitla peau ôc tous les tégumens qui couvrent cette partie ; ôc qu’ayant ouvert le ventre, il appli- quoit des médicamens furie foie même. Mais je vais rapporter le paffage tel qu’il eft dans l’Auteur, afin que le leéteur puilfe juger fi l’on ne s’eft point trompé dans l’explication qu’on en vient de donner. Erafifiratus in jecorofis, præcidens fuperpofitas jecori eûtes atque membra- nam, uùtur medicaminibus quee ipfum jecur latè amplebiantur ; tum ventrem de durit} audaclerpar¬ tent patientem nudans. Erafiftrate, qui opéroit fi hardiment fur le foie, n’approuvoit pas la paracentefe, ou la ponction du ventre dans l’hydropifie ; parce que, difoit-il, les eaux étant vuidées, le foie qui eft enflé , ôc qui eft devenu comme une pierre, fe trouve plus preflé qu’à l’ordinaire par les parties circonvoifines > que les eauxte- noient éloignées ; ce qui donne la mort au malade. Il vouloit qu’une dent branlât pour qu’on la fît arracher. Il avoit coutume de dire à ceux qui lui parloîent de cette opération, que l’inf- trument fait pour arracher les dents, que l’on montroit au Temple d’Apollon , étoit de flomb ; ce qui marque qu’on ne doit tenter extraélion que de celles qui veulent tomber, ôc qui ne demandent pour être tirées que l’ef¬ fort que l’on peut attendre d’un inftrument de cette matière. De tous les livres qu’il avoit écrits, il ne nous refte que les titres , que Galien ôc Cæ- lius Aurelianus nous ont confervés. Le pre¬ mier de ces Auteurs lui rend le témoignage d’avoir parlé fort exactement de l’hydropine ; ôc il cite de lui les ouvrages fuivans. Des ma¬ ladies du ventre. De la confervation de la fan- té. Des chofes falutaires. Delà coutume. Des fievres ôc des plaies. Des divilions ; ouvrage dans lequel il expofoit diverfes obfervations fur les maladies. De la réjeétion, ou du vo- miflement ôc crachement de fang , auxquels Galien ajoute un traité de l’évacuation du fang ôc de la faignée. Mais cet Auteur paroît fe contredire lui-même ; car il affure ailleurs qu’Erafiftrate n’avoit rien fait fur la faignée. Il pourroit bien y avoir quelque faute dans l’en¬ droit où ce livre eft cité. Erafiftrate avoit encore traité de laparalylie ôc de la goutte. Dans le premier de ces livres, : i s t o R i q u E/ il faifoit mention de la paralylie du péritoine j qui eft fuivie de la rétention d’urine, parce que cette membrane, difoit-il, ne preffe plus la veflie pour lui faire rendre ce qu’elle con¬ tient. Il parloit encore d’une autre efpece de paralyfie, qu’il avoit nommée paradoxe, c’eft- à-dire étrange ou extraordinaire; maladie dans laquelle on eft fubitement contraint de s’arrê¬ ter fans pouvoir marcher, ôc un moment après on marche librement. On ne fait rien de ce qui étoit contenu dans le livre de la goutte, fi ce n’eft feulement qu’Erafiftrate y condam- noit l’ufage des purgatifs, ôc qu’il y promettoit à un Roi Ptolomée un catapîafme pour cette maladie , mais fans en donner la defeription. Il s’étoit encore exercé contre les Médecins de Cos, entre lefquels étoit Hippocrate, qu’il s’étoit occupé à contredire perpétuellement. On avoit d’ailleurs plufieurs livres d’Anatomie qu’il compofa dans un âge fort avancé. Petrus Caftellanus raconte de ce Médecin, que s’étant ennuyé dans la vieilleffe de fup- porter les douleurs que lui caufoit un ulcéré qu’il avoit au pié, ôc qu’il avoit vainement ten¬ té de guérir, il s’empoifonna avec du fuc de ciguë , ôc mourut. L’hiftoire de la pratique ôc des principes d’Erafiftrate nous fournit une réflexion que tout praticien ne doit jamais oublier , s’il pré¬ tend s’illuftrer dans fa profeflion ôc fatisfaire à fa confcience, en rendant religieufement à ceux qui lui confient leur fanté ôc leur vie , tous les foins qu’ils ont lieu d’en attendre : c’eft qu’auflî-tôt que les hommes ont commencé d’honorer leurs rêveries du titre fpécieux de raifonnement, ôc de préférer des conclurions vagues à des faits confirmés par l’expérience des fiecles, on a tenté de bannir de la Mede¬ cine les deux remedes les plus puiflans dont elle jouît alors, ôc que nous lui connoiflons maintenant, la purgation ôc la faignée. Mais la Medecine n’eft pas la feule fcience qui ait à fe plaindre de l’orgueil de l’efprit humain. Il n’y a rien de facré que la raifon n’ait attaqué ; rien de certain dans les chofes humaines ôc divines qu’elle n’ait tâché d’obfcurcir ; rien d’utile qu’elle ne fe foit efforcé de décrier : il n’y a que fes erreurs qui foient en aufli grand nombre que les exemples que nous avons de fa témérité. Herophile paffe pour contemporain d’Era¬ fiftrate , mais pour un peu plus âgé que lui. Nous rendrons compte de fon anatomie dans le cours de notre Dictionnaire. Cette partie n’étoit pas la feule à laquelle il s’étoit appli¬ qué. Il avoit cultivé la Chirurgie : il étoit Bo- tanifte , ôc il faifoit fi grand cas des Amples , que Pline dit, liv. 28. ch. qu’il avoit cou¬ tume d’affurer, que les plantes mêmes que nous foulons aux piés, avoient des propriétés admirables. Il eft le premier entre les anciens dogmatù](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b30455327_0001_0072.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)