Relation complète du 2e procès de Mme Lafarge. Accusation d'empoisonnement / [P. Detournelle].
- Detournelle, P.
- Date:
- 1840
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Credit: Relation complète du 2e procès de Mme Lafarge. Accusation d'empoisonnement / [P. Detournelle]. Source: Wellcome Collection.
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![«lu pertoxidede fer, que Denys avait été à Lubeisuc chercher chez le pburinacienv Cela ctnit à peine fuit, quejevis sortird'une chambre à côté Mme Marie Cappelle. lille vint à mei toute gracieuse , me remercia eu termes- choisis de m’ètrc tant presse, par un temps aussi mauvais, et ajouta qu il en avait grand besoin. J’avais très froid; je ne m étais pas encore chauffe, je m'approchai du feu avec Marie l.afarge et Mme Buffière. Je ne saurais dire si Mine Lafarge était là. Mare me parla 4 abord de son mari. Je ne pouvais m’exprimer de liberté à raison des soup- çons qu'on avait fait naître dans mon esprit sur son compte. Pressé, cependant, de questions, je finis par dire qu’il avait une inflammation intestinale. La «enver- sation roula ensuite sur le Glandier, les sites qu’il renfermait; Mme Lafarge me dit qu elle montait à cheval. Je lui rlisqu il fallait prendre ga;de , que les chemins présentaient dos dangers. Elle me répondit qu’elle se tenait l ien. — C’est qit», dis-je alors, vous pourriez tomber. — Oh ! reprit-elle tristement, |e vous jure bien que je ne redoute pas la mort. Mme Buffière, Mlle Ët un, qui étaient intervenues, pressèrent Mme Lafarge d’aller prendre du repos, elle résistait, mais anlln elle céda à leurs instances et alla prend»* un peu de >epos. A peine lut-elle sortie que Mme Buffière me demanda ce que je pensais ; comme j’avais cru que tout le monde ne se cachait que de Mme Lafarge, je dis franche- ment cc que j’en pensais, et j’ajoutai que la natur* même du remède que j’avais administré était la preuve de mou assertion. Je n’eus pas plutôt lâché cette phrase que Mme Buffière s’écria : Ah! la malheureuse, c’est elle qui l’a empoisonné! . Après avoir décrit la maladie et ses progrès dans cette première visite, le témoin déclare qu’à une seconde il trouva Lafarge à l’a- gonie. Toute la famille était eu larmes, sa mère et sa sœur témoi- gnaient du plus violent désespoir. Ilajoute : Mme Marie Lafarge me demanda si elle devait envoyer chercher M. le curé, je lui dis : envoyez-le chercher au plus vite , autrement il n’aura pas le temps d’êtie administré. Elle expédia aussitôt un domestique à M . Je curé. Dans la journée , Marie se montra toute soucieuse. C est étonnant, me dit-elle, ]* ne tiouve pas Charles comme je l’ai toujours vu avec moi, il ne cherche plus mes yeux , il ne prend plus ma main ; en vérité, c’est étonnant. Lafarge eut une syncope , je m’approchai de lui, Marie était près du fit, appuyée et j* crus voir une larme rouler dans ses yeux. Mine Lafarge »ière était à genoux près du lit , murmurant des prières. La syncope de Lafarge était passée , il en- tendit sa mère prier et lui dit : Maman , vous me faites inalj; allez-vous en donc. On lui avait mis des sangsues et le sang ne pouvait s’arrêter, cela l’affaiblissait, Je demandai de l’amadou, qui fut inutile , je fus ol'lig1’1 de faire chauffer un 1er et de cautériser les piqûres. Une seule continua de saigner et comme je |l* compri- mais dé la main, je m’étais assis sur le lit, en m’appuyant sur le dossier , de sorte que mon corps formait un* arcade ; Lafarge fermait les yeux. U appela et dit : Amena (c’est le nom de sa sœur ) à boire! Marie entendant ces paroles courut à la cheminée et apporra un bol. Je la suivais de l'œil. ( Mouvement. ) Lafarge avala une cuillerée de ce que sa femme lui présenta. Lefr- id du liquide lui fit ouvrir les yeux et voyant Marie devant lui, il fit un signe, qui me parut de répulsion. Cependant il avala le liquide. Je ne le perdais pas de vue. Le liquide avalé , Lafarge se retourna et inc poussant de la main , un sourire sardonique vin un instant traverser ses traits. J’échangeai avec lui un regard, pour lui faire en- tendre que ie l'avais compris. Une scène muette s’établit ainsi entre nous et pur un signe qu’il comprit j’eus l’air de lui dire : soyez tranquille , je veille sur vous. J’avais vu... (Mouvement général et prolongé.) rendant cette partie si dramatique de la déposition du témoin.](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b29316479_0050.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)


