Relation complète du 2e procès de Mme Lafarge. Accusation d'empoisonnement / [P. Detournelle].
- Detournelle, P.
- Date:
- 1840
Licence: Public Domain Mark
Credit: Relation complète du 2e procès de Mme Lafarge. Accusation d'empoisonnement / [P. Detournelle]. Source: Wellcome Collection.
59/136 page 53
![jî/uie Lafarge, mère. —Je demande Je l'indulgence pour moi, ja suis bien troublée... M■ le Président. —Toute l’indulgence et to ite l’attention possibles tous seront accordées , mais il faut prendre sur vous et faire des efforts. M me Lafarge, mère. — J’ai la mémoire très-fatiguée , et si vous voulez m’adresser des interrogations, vous m’obligerez beaucoup. Les dates surtout m’échappent. D. Racontez-nous les détails de l’arrivée de Marie Cappelle, votre bru, au Glandier. it/me Lafarge, mère. — A l’arrivée, de Marie au Glandier, nous étions tous enchantés, etc’cst la vérité de dire que nous éprouvions tous un bonheur inexprimable. Marie, du moins nous le crûmes, parut répondre aux sentiments que nous lui exprimions. Au bout d'une demi-heure, elle demanda qu’on lui donnât une plume et do l’encre; on s’empressa de lui procurer ce qu’elle demandait. C’était, disait-elle , pour écrire à ses parents et leur donner de ses nouvelles. Un de MM. Us Jurés• — La déclaration est entièrement perdue pour nous; nous n’entendons pas. Me Paillet quitte le banc de la defense et vient se placer près d* l’estrade des témoins. Mme Lafarge, mère recommence sa déposition : « On s’empresse de lui donner ce qu elle demandait. Son mari trouvait qu’on n’allait pas assez vite, Il s’empressa lui-même de la servir. Marie s’enferma et écrivit. Quelque temps après on se mit à table, Marie parut fort calme , elle lit les honneurs de la table. En finissant de dîner, Marie dit qu’elle était fatiguée, son mari lui conseilla d'aller se coucher, elle accepta et son mari la conduisit jus- qu’à sa chambre. « Vous êtes chez vous, lui dit-il, Marie, et il sa relira. Quelque temps après, ne voyant pas mon fils, j’allai à sa chambre et je fus bien étonnée de ce que j’y vis. Il se frappait la tète avec les mains, il pleurait, il sanglotîait, il paraissait désespéré. Il tenait une lettreà la main. Qu’as-tu donc, lui dis-je, mon entant, est-ce que tu as reçu une lettre anonyme? Ce n'est pas une lettro anonyme , dit-il, c’est la femme de chambrede Marie qui vient de me la remettre , et il mêla montra. Après l’avoir lue, je fus comme lui désespérée. Je veux, dit-il, je veux absolument avoir une expli- cation avec elle. Je vais aller la trouver, si elle ne veut pas ouvrir la porte je l’enfoncerai plutôt. 11 y alla en effet. J’appris qu’après assez de difficultés, il] était parvenu à entrer; j’allai écouter à la porle , j’entendis beaucoup de bruit, des gémissements , des cris , il pleurait, il la suppliait. ,l’entrai dans la chambre, et là une scène bien douloureuse se présenta à mes yeux; il était à genoux , il to- isait sa femme dans ses bras; elle le repoussait ; elle répétait ce qu’elle avait écrit dans sa lettre, quelle n’aimait pas son mui, qu elle en aimait un autre, que ce monsieur l’avait quittée et ne l'aimait pas. Charles la suppliait en sécriant vQue je smis malheureux ! moi .](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b29316479_0059.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)


