Relation complète du 2e procès de Mme Lafarge. Accusation d'empoisonnement / [P. Detournelle].
- Detournelle, P.
- Date:
- 1840
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Credit: Relation complète du 2e procès de Mme Lafarge. Accusation d'empoisonnement / [P. Detournelle]. Source: Wellcome Collection.
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![M. Dubois. — Cependant , comme les personne» qu’on a nommée* en inverd plus que nous , je désire moi , être piésent pour apprendre. M. le Président à M. Lespinas.—Quel est le temps nécessaire pou» fnire l’exhumation ? M- Lespinas. — Le temps de faire le voyage. N. Le Président. — Auriez-vous quelque répugnance avons charger de cette opération? M. Lespinas. —Je ne voudrais pas la faire seul, un anatomiste pouirait m’as- sister , prendre les viscères indiqués qu’on mettrait sous le scellé et qu’on enver- rait à Paris ; il y en aurait, bien assez pour nous et pour les autres. M- /Va&sénat. — Je demande que les matières soient envoyées à l’école de Mé- decine- M. Dubois. — Et qu’on y joigne celles qui restent des organes , sur lesquels nous avons expérimenté. M. L’avocat-général. —La question est trop grave pour des susceptibilités des préoccupations d amour propre. ]Nous voulons faire de la science pour les besoins de la justice et non pour la science elle-même. M. Dubois. —J’avais demandé que ces Messieurs nous fussent adjoints, cela aurait évité le choc de bien des susceptibilités. Mc Paillet. — Il «este des matières qu’on peut encore soumettre à l’analyse; que tous ces messieurs se réunissent et opèrent de concert. L’expertise sera complétée, ontradicloire, chacun pourra soutenir son opinion. M. VAvocat Général. — Il se passe ici quelque chose de très-grave : l’opinion des premiers chimistes, et ils y persistent, était que l’ana- lyse avait eu pour résultat de mettre à découvert de l’acide arsénieux, de constater dans les organes et dans les liquides la présence de cet acide. 5 chimistes ont été de cet avis. En présence de la conlrodiction qui se manifeste, ils n’en persistent pas moins dans leur opinion. D’un autre coté, deschimistes habiles ont été d’une opinion contraire. La contrariété de ces opinions nous place dans une situation essentiel- lement difficile. Quel parti prendre? Devons-nous renoncer à ces élé- ments de l’accusation et nous borner à discuter les preuves morales. Ce ne serait pas accomplir notre mission. La question de temps a peu d’importance, nous consacrerons à cette vérification tout le temps qu’il faudra, 10 jours , lôjours, trois semaines, s’il le finit. Nous éco- nomiserons nos forces et nous arriverons au bout de la carrière. Quel- que chose nous préoccupe , il faut que deux choses soient faites : il faut d’abord que ce cadavre soit exhumé, il faut que des hommes éminents parleurs talents soient appelés à vider, je ne dirai pas cette querelle, mais, mais ce dissentiment ; il faut qu’ils se présentent dans cette enceinte et viennent apporter leurs lumières dans la ques- tion qui divise les premiers experts et les seconds. Pour cela, il faut du temps, un temps assez long. Faudra-t-il renvoyer l’affaire à une prochaine session? J’en exprime non le désir non la volonté; je dé- sire meme qu’il n’en soit pas ainsi ; mais , quelle que soit la position malheureuse de l’accusée, l’action du ministère publie ne peut s’ar-](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b29316479_0069.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)


