Dictionnaire de médecine, de chirurgie, de pharmacie, des sciences accessoires et de l'art vétérinaire / de P.-H. Nysten.
- Robin Ch., 1821-1885.
- Date:
- 1855
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Credit: Dictionnaire de médecine, de chirurgie, de pharmacie, des sciences accessoires et de l'art vétérinaire / de P.-H. Nysten. Source: Wellcome Collection.
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![lylU VAK VARIOLAKIiVE, s- 1. [all. Variolaiin, esp. vario- larina]. Maliere qui parait de nature graisseuse, cris- tallisable, soluble dans I'alcool et I'etlier, ct q>ie Ro- biquet a trouvee dans le lichen avec lequel on prepare Torseille (\'ariolaria dealbata). Elle accompagne Yor- cine, principe colorant de ce vegetal. VARIOLARYIN'GITE. Intlammation variolique du larynx. (Piorry.) VARIOLE, s. I', (petite verole) [variola, febris variolosa, de varius, tachete, mouchete ; all. Blat- tern, Poclcen, angl. small pox, it. rajuolo, esp. viruela]. Genre de maladie generate febrile, avec eruption pustuleuse a la peau, qu'on n'a ordinairement qu'une fois, qui est quelquefois sporadique, souvent cpideniiqtie et contagieuse, et dont les niiasmes peu- vent agir a distance en suivant la direction des vents. L'invasion de la variole est ordinairement precedee d'uiie periode d'incubation, dont la duree est de trois a huit jours : il y a des lassitudes, de la ceplialalgie, une irritation des membranes muqueuses pulmonaire <m gastro-intestinale, des mouvements febriles, du coiyza, du larmoiement. Ensuite se manilestent des |iiienonienes varies suivant que la variole est discrete ou conjluente. — Variole discrete. II y a souvent, l)eiidant I'incubation, un etat de malaise et de pros- tration generate ; puis un mouvemeiit febrile plus ou moins prononce, des nausees, une disposition a la sueur, annoncent Tinvasion de la maladie. Du Iroi- sieme au quatrieme jour paraissent de petits boutons rouges, isoles, distincts, semblables a des niorsures de puces, et occupant d'abordla face, puis les bras, la poitrine, et toutes les autres parties du corps. Alors cessent momentanement les symptomes febriles. Les intervalles des pustules rougissent, la peau se tumefie, les pustules paraissent dures au toucher, le fluide qu'elles contiennent s'epaissit; il devient d'abord jau- natre, puis il prend une teinte argentine et purulente; leur somraet presente une sorte d'aplatissement suivi d'une depression ombiliquee ; et, si Ton etudie la structure de ces pustules, on voit qu'elles contiennent un peu de serosite et un petit disque de substance blanchatre, d'abord molle, puis consistante. La tume- faction de la peau, plus considerable au visage que partout ailleurs, cause une douleur tensive et une chaleur ardente ; et du cinquieme au sixieme jour de I'eruption se declarent une tievre secondaire (la fievre de suppuration) et une legere salivation. Get etat persiste jusqu'au onzieme ou douziemejour (huitieme de I'eruption), et ensuite commence la dessiccation. La tumefaction diminue ; les croutes qui se forment sur la face tombent vers le quatorzieme ou quinzieme jour ; celles des autres regions du corps tombent suc- cessivement un, deux ou trois jours plus tard ; et il reste de petites tachesbrunes rougeatres qui s'eft'acent lentement, et quelquefois de petites cicatrices irregu- lieres et persistanles. — Variole confluente. Tanttjt la maladie debute sans symptomes precurseurs qui puissent en faire prevoir la gravile ; tantut les pheno- menes des periodes d'incubation el d'invasion se ma- nifestent avec une elTrayante intensile et dans tons les appareils organiques. L'eruption est rapide ; du deuxieme au troisieme jour de l'invasion apparaissent de petites elevures comme papuleuses, nombreuses, violacees, groupees ou confondues par leur circonfe- rence. L'eruption occupe d'abord la face, puis elle envahit toute la surface du corps, et se propage aux membranes muqueuses. Dans I'espace de quatre a VAll cinq jours, les elevures ont auguientti de volume, icui' sommet s'est aplati; puis s'est formee a leur centre la depression ombiliquee caracleristique des pustules varioliques, tlepression d'autant plus prononcee que la suppuration est plus prochaine, mais eftacec sou- vent par Tagglomeration des pustules. C'est a cette periode de la maladie que surviennent les plus graves complications. Souvent la tumefaction enorme du vi- sage s'etend au tissu cellulaire sous-cutane du crane et du cou ; le delire ou I'assoupissement, des voniis- sements, de la diarrhee, de la toux, annoncent une vive irritation cerebrale, pulmonaire ou gastro-intes- tinale. Alors aussi il y a une salivation abondante, lors meme qu'il n'existe pas de pustules dans la bou- che. Enfm arrive la dessiccation, qui commence ordinairement par la face : la tumefaction diminue, il se forme une sorte de vaste croute brunatre qui tombe du cinquieme au sixieme jour, a compter de I'epoque de sa formation, et qui est remplacee par des ecailles qui se renouvellent plusieurs fois. Mais souvent la des- siccation ne s'opere pas avec cette regularite; les pustules s'ulcerent, et ces ulcerations, alterant I'epais- seur du derme, laissent apres elles des cicatrices difformes. D'autres fois il n'y a ni dessiccation ni formation de croutes : les pustules s'affaissent rapi- dement; il survient une prostration des forces et un ensemble de symptomes adynamiques promptcment mortels. — On a souvent confondu avec la variole la varicelle pustuleuse ombiliquee ou variolokle, et quelquefois ces deux maladies ont en effet beaucoup d'analogie : neanmnins on ne saurait les confondrc, si Ton fait attention que dans la varicelle il n'y a pas de fievre secondaire, de fievre de suppuration, et consequemment que les cicatrices des pustules ne presentent pas cette depression que laissent apres elles les pustules varioliques {V. Varicelle). — Le traitement de la variole varie essentiellement selon la forme de la maladie et ses complications. Lorsqu'elle est simple et discrete, on se conlente de boissons diaphoretiques et adoucissantes, de la- vements emollients, de pediluves derivatifs. Au de- but, il est bon d'appliquer, sur les extremites infe- rieures, des cataplasmes de farine do lin (que Ton pent rendre plus ou moins stimulants), pour y attirer l'eruption ; abstinence complete pendant l'eruption; alimentation legere pendant la dessiccation. Quand la variole est contluente, une saignee ou une applica- tion de sangsues a I'epigastre peut etre utile des le debut : il faut insister sur les boissons delayantes, la diete et les derivatifs; faire des onctions frequentes avec de la creme ou du cerat, laver doucement les yeux, la bouche, les oreilles, les narines avec une de- coction emolliente ou I'eau de laitue. Lorsque la ma- ladie est parvenue a la periode de suppuration, on perce les pustules avec la pointe d'une aiguille pour donner issue au pus, que Ton absorbe avec ime eponge fine trenipee dans du lait tiede. Bretonneau a propose de cauteriser les pustules en piquant leur sommet avec une aiguille d'or ou d'argent chargee d'azotatc d'ar- gent, ou mieux d'enlever la pointe des pustules et de les toucher ensuite avec un crayon depierre infernale. Serres a voulu generaliser ce moyen sous le nom de methode ectrotique : il cauterise avec un crayon d'azo- tate d'argent les pustules isolees, mais sans les ou- vrir ; et, lorsqu'il s'agit de cauteriser une masse de pustules, il se sert de dissolutions aqueuses d'azotate d'argent plus ou moins chargees de ce sel. On trempe](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b21713807_1336.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)
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